Les peintres au cinéma

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Les peintres au cinéma

Message  Kashima le Sam 9 Jan 2010 - 19:08

Le cinéma s'intéresse souvent à la peinture. Par la force des choses (c'était au programme de l'agrégation quand je l'ai passée), j'ai vu de nombreuses fois Van Gogh de Pialat que je connais par cœur. C'est grâce à ce film que j'ai pu mieux comprendre comment cadrer un plan comme on encadre une toile, avoir l'œil un peu plus affûté sur les techniques filmiques.

A cette occasion, j'ai vu l'autre film sur ce peintre, La Vie passionnée de Vincent Van Gogh incarné par Kirk Douglas (c'est Jacques Dutronc dans le film de 1991), qui donne une autre vision des choses...

Tout cela pour dire que je viens de voir Séraphine.


Ce film raconte la vie de la peintre de Senlis, une femme simple dont les ouvres n'auraient sans doute jamais été connues si elle n'avait pas eu la chance de rencontrer, par hasard, un galeriste qui l'a soutenue et a été impressionné par ses peintures.
Ce film montre les mystères de l'inspiration. Quand Séraphine est prise en photo à côté d'une de ses toiles, elle dit : "Je lève la tête car ça vient d'en haut." En effet, c'est une femme très habitée par la religion. Sa vie, c'est la peinture. Même dans la misère, elle ne vit que pour les moments où elle crée ; son peu d'argent lui sert à acheter un peu de matériel.

Puis on la sent de plus en plus dépassée par cette folie inspiratrice, comme la nuit où elle a passé un accord avec les anges et la Vierge, et qu'elle la repeint en rose...

Yolande Moreau joue vraiment bien le rôle de cette peintre. On y croit, c'est touchant, et ses toiles de deux mètres sont très belles, avec leurs couleurs et leurs fleurs bizarres qui ressemblent parfois à des yeux.

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Une phrase que j'ai retenue, simple mais tellement juste sur la création en général : "Quand on peint, on aime autrement."

Je pense commander et lire le livre sorti sur sa vie (d'une auteur qui a travaillé sur Séraphine et qu'on a consulté pour le film).


Dernière édition par Kashima le Dim 9 Aoû 2015 - 19:17, édité 2 fois

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Musée haut, musée bas

Message  Kashima le Jeu 21 Avr 2011 - 8:39

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Musée haut, musée bas est un film sur l'art au musée. On suit de multiples personnages, chacun ayant ses obsessions artistiques : la femme qui cherche Kandinsky, la famille qui monte vers les impressionnistes, les deux copines qui aiment la période de Vinci à Warhol, les artistes modernes dont l'œuvre est la "photographie de bites", l'exposition d'excréments personnels. Dans ce musée (MHMB), on trouve de tout: des arts premiers à l'art moderne, c'est un musée exhaustif parcouru par des collégiens, des Américains, des provinciaux. L'art pour tous, le triomphe de la culture, orchestré par un conservateur fou qui lutte contre l'invasion de la nature, veut sauver ce monde que l'homme a fait.
On y croise un nombre incroyable d'acteurs connus : Dussolier, Abril, Blanc, Robin, Darlan, Lemercier, Demaison, Balasko, Arditi, Jugnot, Luchini, Mairesse, Moreau, Prévost, et encore et encore.

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C'est loufoque, très théâtralisé, drôle.
C'est d'ailleurs une pièce de théâtre à l'origine, et ça se sent dans le film.
Jean-Michel Ribes réalise un film où il s'amuse avec l'art, à le mettre en scène, à tourner en dérision les amateurs d'art et les artistes eux-mêmes...
La complainte des conservateurs est un moment lyrique, où les employés se plaignent de la nocivité, du poids du beau sur eux. Etre gardien de musée change leur vie. Et l'un a même quitté sa femme à cause de Véronèse...

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Sur la pièce :

Dans cette histoire de musée, je ne veux ni donner de leçons, ni faire de commentaires, seulement explorer ce lieu où se rencontrent les muses, où se mêlent l’art et la vie, les mortels et les immortels, dans un ballet émouvant et absurde. J’ai voulu que le public traverse le spectacle comme il visite un musée, sautant de la Peinture Hollandaise aux Dadaïstes, des Antiquités grecques aux Impressionnistes…c’est à dire en traitant chaque scène dans un style de théâtre aussi différent que l’est celui des salles de musée. Conscient que l’art est partout, dans le métro comme à Beaubourg, qu’une sorte d’esthétisation générale recouvre la cité et s’empare des gens et de leur langage sans qu’ils s’en rendent compte (il y a une voiture Picasso, n’importe quel acte est surréaliste et que dire de ce tee-shirt baroque) un peu comme la psychanalyse l’a fait dans les années 1960, je me suis amusé avec cette diffusion tout azimut de l’art. D’autre part dans le combat qui oppose nature et culture, j’ai choisi Venise et je pense que le discours lénifiant de l’écologie comme salvation de l’homme est non seulement barbant mais dangereux pour l’art, c’est-à-dire l’artifice, qui nous a sorti des cavernes et nous a sauvé de ce que le scoutisme vert veut essayer de nous refourguer.

Quand je sens qu’il y a dans ma démarche une volonté de démontrer, j’arrête tout.
Le commentaire analytique terrorise les auteurs, qui se retrouvent pétrifiés comme des lapins devant des phares ! Le raisonnement tue la pensée. Au musée, c’est pareil. Si on nous explique ce que représente La naissance de Vénus de Botticelli, on ne peut plus se retrouver face à elle dans un état créatif.
Le vrai danger est là : ce qui est expliqué est plus petit que ce qui est. Il faut aller ailleurs, il faut sauter dans le vide. On nous dit ce qu’il faut bouffer, ce qu’il faut penser et quel temps il va faire. Il y a un trop-plein de réalité.
Lâchons-nous !

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Big eyes

Message  Kashima le Dim 9 Aoû 2015 - 19:38

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Big eyes de Tim Burton raconte l'histoire vraie de Margaret Keane, une femme dont le mari a usurpé durant des années le travail.
Fraîchement séparée de son époux, Margaret part de la maison avec sa fille. Elle trouve un emploi et vend ses dessins à petits prix, des enfants aux grands yeux, sur les marchés de peintures. Elle croise la route de Walter qui peint des ruelles de Montmartre. Alors qu'il trouve le moyen d'exposer leurs oeuvres à tous les deux, l'intérêt du public se porte surtout sur ces enfants aux grands yeux et il s'attribue leur parenté. Très vite, Margaret se retrouve prise au piège du mensonge, peint en cachette les toiles pour Walter qui connaît le succès.
Il semble que tout soit vrai, les faits comme les personnages (sauf la meilleure amie de Margaret) dans le film. Walter est un mythomane, manipulateur, quelqu'un qui s'est rêvé artiste mais n'a aucun talent (sait-il même peindre puisqu'il semble que ses premiers tableaux étaient déjà des usurpations d'un autre artiste?).
Le film montre très bien comment Margaret s'enferme dans cette supercherie, d'abord par amour, puis par impuissance.
Au-delà de cette injustice (qui a eu le don de m'énerver au visionnage du film, on a envie de la secouer, qu'elle réagisse), la question de l'art est posée : ces toiles représentant des enfants aux grands yeux sont-ils de l'art ou un simple succès commercial? D'ailleurs, le film débute par une citation de Warhol qui est très discutable :

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Voilà qui décrédibilise l'artiste du Pop Art... La qualité d'une oeuvre n'est pas proportionnelle à sa popularité, justement... Ces tableaux me semblent gentillets, d'une grande sincérité : mais sont-ils de l'art?

Tim Burton fait un film très classique, où l'on reconnaît à peine sa touche personnelle (sauf dans les moments où Margaret, frustrée par le mensonge et le vol de ses oeuvres, voit de grands yeux partout). Christopher Waltz joue parfaitement les époux détestables! Il est inquiétant dans la scène qui rappelle Shining et où, saoul, il est prêt à mettre le feu à sa femme et à sa fille. Cet homme me paraît complètement fou.
Un film à voir pour que soit réhabilitée Margaret Keane, quoi qu'on pense de ses créations...

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Re: Les peintres au cinéma

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