Péter Nádas le Proust hongrois

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Péter Nádas le Proust hongrois

Message  Invité le Lun 25 Avr 2011 - 15:37



Né en 1942 à Budapest où il travaille d'abord comme journaliste et photographe, l'écrivain hongrois Péter Nádas est souvent comparé à Proust, Mann ou Musil. Son œuvre, où l'humanisme et la tolérance ont une part importante, a entre autres reçu le prix du meilleur livre étranger (1998) et le prix Kafka (2003). Nádas appartient à la génération de la dictature stalinienne et de l'oppression qui a suivi la révolution de 1956. Ses textes, fréquemment autobiographiques, explorent cette zone très particulière de la sensibilité où se nouent l'une à l'autre sensualité et politique. Les protagonistes – souvent des enfants ou des adolescents – expriment la souffrance d'être à la merci d'un totalitarisme qui les menace aussi de l'intérieur.

La Fin d'un roman de famille, écrit entre 1969 et 1972, mais seulement publié en 1977 (trad. franç. 1991) à cause de la censure, ne raconte pas seulement l'effondrement d'une vieille famille judéo-chrétienne, mais déconstruit dès son titre le genre du roman. Raconté à la première personne et présenté comme le monologue intérieur d'un garçon....


AMOUR:

Un soir, dans une chambre au sixième étage d'un immeuble. Un homme arrive chez sa maîtresse avec l'idée de lui dire qu'il la quitte. A peine entré, il sait qu'il ne le lui dira pas. Au petit jour, il part... Entre son arrivée et son départ s'écoulent quelques heures, au cours desquelles les amants fument des joints ; elle s'abandonne à son état second, mais lui s'embarque pour un voyage au bout de la nuit. Il voit les formes protectrices de sa propre conscience se briser. La porte ouverte du balcon ressemble à un appel au saut dans le vide. Une peur panique le prend, sentant que sa volonté, sa pensée et ses sentiments sont devenus indépendants les uns des autres…

La structure musicale du récit, sa respiration, son rythme haletant entraîne le lecteur de ce texte abyssal dans un courant puissant auquel il ne peut se soustraire.


Le Livre des Mémoires, son chef-d'oeuvre


Le Livre des mémoires (Prix du Meilleur Livre Etranger, 1999) est reconnu dans le monde entier comme un chef-d'oeuvre et est décrit par Susan Sontag comme "le plus important des romans contemporains et l'un des plus grands de ce siècle".

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Péter Nádas le Proust hongrois

Message  Kashima le Lun 25 Avr 2011 - 18:50

Amour me dit quelque chose : ne me l'avais-tu pas conseillé ailleurs? Tu as bien fait de le mettre ici, car je m'en souviendrai et vais le mettre dans mon [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].

Kashima
Alchimiste

Nombre de messages : 6270
Date d'inscription : 29/09/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Péter Nádas le Proust hongrois

Message  Invité le Lun 25 Avr 2011 - 19:46

Oui, je t'avais conseillé Amour de Nadas. Je te conseille tout simplement Nadas.
Petite parenthèse (ou rappel): L'oeuvre de Péter Nadas a recu le prix Kafka (2003) tout comme Haruki Murakami (que j'aime tant;-), Harold Pinter, Elfriede Jelinek, Philip Roth, Ivan Klima....Tous des romanciers normalement et pourtant le poète francais Yves Bonnefoy a recu aussi ce prix (l'exception confirme la règle).
Ce choix a été l'occasion de rendre hommage à une des plus grandes personnalités de la poésie européenne de notre temps et a aussi attiré l'attention sur le rôle de la poésie dans l'oeuvre de Franz Kafka.

Yves Bonnefoy : « La lecture de Kafka m'a enseigné l'obstination. »

Peut-être, que l'Amour est une obstination "Kafkaeske"..., Le Voyage d'hiver , c’est-à-dire la vie qui triomphe de la mort....noirceur de la lettre A, voyelle rimbaldienne et nothombienne....la noirceur d’ombre d’une vie d’avant la naissance, avant la lumière du dehors, surplombée de la toute-puissance matricielle symbolisée par la phallique lettre A érigée dans sa beauté inégalable.
La création dans le Zohar : chacune des lettres de l’alphabet ( alphabet : aleph et beth) se présente pour que Dieu fasse la création avec elle, sauf la première, aleph, A. Tandis qu’il choisit beth pour faire sa création, Dieu dit qu’aleph est la plus importante des lettres et qu’elle sera la base de tous les calculs.
Réflexion en suspens, à poursuivre avec Amélie Nothomb.....


Aleph - Hans Rüdi Giger

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

A.

Message  Kashima le Lun 25 Avr 2011 - 19:53

Quand tu dis que tu vas t'intéresser aux voyelles rimbaldiennes, ce n'est pas à moitié : quelles ouvertures!...
Le A des personnages chez Amélie Nothomb, comme chez Pierre Benoit.

Le A de l'amour fou qui plane sur Paris :

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

Kashima
Alchimiste

Nombre de messages : 6270
Date d'inscription : 29/09/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Péter Nádas le Proust hongrois

Message  Invité le Lun 25 Avr 2011 - 20:16

C'est à ce A que je pensais!....
Penser à une lettre quand on voyage, c'est s'attaquer à un empire. Surtout si c'est le A, la moins innocente des lettres. Une hallucination en forme de voyelle noire m'emplit la tête d'un son immense; la tonalité du téléphone s'allongeait en un AAA éternel.. - Je suis sidéré par le nombre de Parisiens qui ignorent l'origine de l'emblème architectural de leur ville ... Gustave Eiffel était fou amoureux d'une femme qui s'appelait Amélie, d'où son obsession pour la lettre A, qui domine Paris depuis plus d'un siècle. - Amélie Nothomb (Le voyage d'hiver)
Comment le printemps peut-il enfin commencer dans ce voyage d'hiver?
La lettre A domine de toute sa beauté la ville avec la tour Eiffel....Alors, le printemps, c’est-à-dire la création, ne peut pas vraiment commencer, bien sûr, puisque la femme aimée est à l’image spéculaire et spectrale de cette lettre A imposant comme unique et totalitaire paradigme la vie foetale abritée…


mannequin Lisa Fonssagrives sur la tour Eiffel (Vogue, 1939), photographe Erwin Blumenfeld
(Lisa Fonssagrives, la première top model,fut pendant plus de vingt ans le mannequin le plus demandé dans l'histoire de la photo de mode internationale et le visage le plus célèbre dans des magazines comme Vogue ou Harper's Bazaar. Lisa Fonssagrives n'était manifestement pas un simple mannequin pour les photographes, mais tout à la fois muse et égérie. Beaucoup ont réalisé avec elle leurs plus belles photographies de mode. Une proportion étonnante de ces images comptent parmi les classiques incontestés dans l'histoire de la photographie de mode....Lisa, l'égérie (GL)AMOUR....



Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Péter Nádas le Proust hongrois

Message  Kashima le Lun 25 Avr 2011 - 20:37

Superbe... Ces mots, je les relis avec plaisir, c'est d'une telle force, celle du vécu.

Kashima
Alchimiste

Nombre de messages : 6270
Date d'inscription : 29/09/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Péter Nádas le Proust hongrois

Message  Contenu sponsorisé Aujourd'hui à 1:46


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum