Festival Jean Carmet

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L'inconnu du lac

Message  Kashima le Sam 12 Oct 2013 - 14:06

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Enfin, j'ai pu voir L'inconnu du lac. Très bon film qui sait créer une atmosphère troublante. Tout se passe au lac, lieu de drague gay. Franck vient régulièrement et, un jour, il remarque un bel inconnu. Quand il l'aborde, il se rend compte qu'il est déjà pris puisqu'il le suit dans les bois, derrière le lac, et qu'il est en train de faire l'amour avec un autre homme. Pourtant, tous les deux semblent se plaire.
Tous les jours, un peu à l'écart, Henri vient s'asseoir au bord de l'eau. Cet homme seul ne cherche rien. Il est divorcé, il vient passer le temps ici, face au lac, et il se lie d'amitié avec le jeune et beau Franck.
Un soir, Franck reste plus tard que prévu. Il fait nuit : l'inconnu par qui il est attiré est en train de se baigner avec son amant. Au loin, dans l'eau, on croit qu'ils s'amusent mais, très vite, on comprend ce qui se passe : l'inconnu a noyé son ami. Franck, témoin du crime, est choqué, mais le désir est si fort que, le lendemain, il n'hésite pas à se rapprocher du meurtrier, oubliant très vite ce qu'il a fait au profit des moments amoureux et sexuels qu'ils vont partager.

Le film est rythmé par des plans sur la voiture de Franck qui vient quotidiennement sur le lieu de drague. La répétition est le principe du film. Elle participe, comme le lac avec ses eaux souvent placides, à créer cette étrange atmosphère, à la fois chaude et inquiétante. Les corps d'hommes s'exposent, Michel, l'inconnu, crée un certain malaise et le personnage d'Henri, loin d'être secondaire, apporte un peu d'humanité sur cette plage où l'on vient baiser. ET ce film sent le vrai, ce qui fait du bien aussi.
Plus le film avance et plus l'atmosphère devient lourde... Une serviette laissée à l'abandon, une 205 rouge qui n'a pas bougé depuis des jours : personne ne dit rien, personne ne remarque, ne veut remarquer qu'il s'est passé quelque chose. On ne vient pas ici pour avoir des ennuis...

La rencontre après le film avec l'acteur qui joue Henri, Patrick d'Assumçao, a fait un bien fou! On a écouté parler quelqu'un d’intelligent, homme qui vient du théâtre mais qui a envie de jouer davantage au cinéma. On a appris que le réalisateur Alain Guiraudie laisse filer les plans, travaille plus le montage et préfère laisser l'histoire se faire sous sa caméra. On a été heureux aussi qu'il dise que le scandale de l'affiche a été pour lui et l'équipe une belle aubaine publicitaire, que ces cris sont ceux d'une France quasiment morte qui ne sait plus comment se faire entendre et se vautre dans le ridicule (enfin, il n'a pas dit cela exactement, mais c'est à peu près le message). Merci pour cette respiration donnée par du bon cinéma!

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Kashima
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Vandal et Nos héros sont morts ce soir

Message  Kashima le Sam 12 Oct 2013 - 14:26

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Les deux films dont il est question ici traitent de deux sujets originaux : le premier, Vandal, raconte la guerre des graffeurs à Strasbourg. Shérif, 15 ans, commence à mal tourner. Pour enrayer cette situation, sa mère décide de l'envoyer chez sa soeur et son beau-frère. Shérif vit sous le même toit que Thomas, lycéen à qui on donnerait le bon Dieu sans confession, mais qui fait partie, la nuit, d'un gang de graffeurs : Ork. Ils se font dépasser par un autre graffeur qui semble n'avoir peur de rien et agir seul : Vandal...
Shérif va suivre son cousin, découvrir ce monde qui lui plaît et le change de ses journées où il étudie la maçonnerie.
La fin est lyrique et belle. Et, comme le monde est petit, le réalisateur Hélier Cisterne, "par amour pour sa compagne, la cinéaste [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] [réalisatrice de Suzanne, voir ci-dessus.], rencontrée à la fac de philo de Saint-Denis et aujourd'hui co-scénariste de Vandal" qu'il s'est mis au cinéma.
L'acteur principal, Zinedine Benchenine, est un beau garçon attachant.

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Katell et Hélier


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Dans Nos héros sont morts ce soir, il est question de l'univers du catch dans les années 60. Victor est un homme un peu perdu, revenu de la guerre d'Algérie. Son meilleur ami, Simon, est le Spectre sur le ring. Il fait embaucher Victor qui sera son adversaire au masque noir, l’équarrisseur de Belleville. Mais Victor supporte très mal d'incarner le personnage du méchant. Il fait des cauchemars, menace de vouloir arrêter. Or, on ne se retire pas comme cela de ce milieu un peu mafieux. Alors, pour lui éviter des ennuis, Simon lui propose d'échanger leurs masques... Mais le malaise de Victor est plus profond que ce qui voile son visage...

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Tourné en noir et blanc avec une très belle image, ce film sombre aussi par le contenu raconte une amitié. Le ténébreux et beau [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] joue encore les durs au coeur tendre, rôle qui lui va très bien. On remarquera [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], au jeu toujours impressionnant ; l'effrayant Yann Collette en patron muet et impitoyable ; l'inquiétant et fou Finandais, joué par Ferdinand Pascal Demolon.
A retenir une jolie scène au bar, avec un homme amoureux de son crabe Philippe.
Un film à part, avec son style.

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Yann Collette

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Pascal Demolon

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Une daube!

Message  Ezéchiel le Sam 28 Déc 2013 - 14:45

Rien n'est beau, rien n'est bien, rien n'est vrai dans cette merde où l'on s'ennuie à regarder des couilles en gros plans.

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Re: Festival Jean Carmet

Message  Kashima le Lun 30 Déc 2013 - 9:58

Mais quel rabat-joie!
Un film vu deux fois et vraiment beaucoup aimé! Je ne me suis pas arrêtée aux sexes, moi!

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Les 20 ans du festival

Message  Kashima le Ven 10 Oct 2014 - 10:43

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De voir à l'écran un jeune garçon efféminé et impulsif, qui ne se sépare jamais de son petit lapin blanc, est déjà fait pour me plaire. Dany vit en Crète, il a 16 ans : sa mère vient de mourir. Il décide d'aller rejoindre son frère Ody à Athènes, âgé de deux ans de plus que lui. Leur père les a abandonnés alors qu'ils étaient tout enfants, et leur mère était albanaise, ce qui fait qu'ils n'ont pas la nationalité grecque et sont étrangers dans leur propre pays.
Dany veut qu'Ody vienne avec lui retrouver leur père biologique à Thessalonique, pour avoir des papiers et de l'argent. En même temps, il est persuadé que son frère peut remporter le concours de la "Greek star" (équivalent de la Nouvelle Star) et il veut qu'il passe les auditions mais pas n'importe comment : en chantant une chanson italienne de son idole de toujours : Patty Pravo.


J'ai aimé les personnages, celui du jeune Dany complètement dans son monde, un peu "largué", qui garde comme souvenir le torse poilu de son père sur lequel il s'endormait enfant. Les autres personnages qui gravitent autour des deux frères en font un film queer, comme la musique, les scènes dansées. Les 2h08 passent très vite, et l'odyssée des frères les mène dans un hôtel abandonné, Xenia, qu'au soir de ses 18 ans, ivre, Ody se promet de racheter plus tard quand il aura de l'argent.
On ne sait pas si on ira au bout des rêves et même à la fin du film, on reste dans le doute. Mais ce qui compte, c'est que Dany et Ody pensent avoir atteint leur but. Les apparitions de Patty Pravo, l'idole, créent une atmosphère onirique, comme le beau moment où les frères voguent sur une barque et que les animaux les regardent, du rivage, ou comme l'instant où Dany se retrouve face à face à un renard, qu'ils se fixent et s'observent. Pas de violence gratuite, pas de scènes à sensation qui auraient gâché le film mais en fond, une Grèce gangrénée par les groupes néo-nazis qui gagnent du terrain.
Et comme c'est agréable à l'oreille d'écouter du grec!

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Une histoire banale

Message  Kashima le Ven 10 Oct 2014 - 19:53

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Nathalie est une jeune femme très amoureuse de son petit ami avec qui elle va bientôt emménager. Ils ne se voient que tous les quinze jours car il travaille à Bruxelles mais, entre eux, c'est très fort.
Un soir qu'elle sort avec sa belle-soeur, un collègue de travail propose de la raccompagner. Et sa vie bascule...

Ce film a été réalisé par Audrey Estrougo avec très peu de moyens (8000e), mais cela ne se voit pas à l'écran. C'est un film sur le viol, un film militant qui dénonce une situation que connaissent de trop nombreuses femmes (une sur six selon les statistiques). J'ai aimé ce film même si je lui reproche de vouloir condenser en un seul personnage toutes les réactions que peuvent avoir les femmes violées, ce qui m'a paru outré et pas assez réaliste, et ce qui nuit au film. Nathalie s'isole, mange, vomit, se coupe les veines, se salit, se lave à l'excès. Tout cela est trop mais je ne peux le reprocher à la réalisatrice/scénariste car c'est un sujet trop peu abordé au cinéma et il faut que ce genre de film existe, surtout qu'il est très bien interprété.

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Les combattants

Message  Kashima le Sam 11 Oct 2014 - 11:02

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Le film commence par une scène avant générique : deux frères viennent acheter un cercueil pour leur père qui vient de mourir et font un scandale sur la qualité du bois. On apprend que le défunt était menuisier et que tous deux travaillaient avec lui dans l'entreprise. Le plus jeune, Arnaud, n'est pas encore fixé sur son avenir. L'armée de terre recrute dans la région. A cette occasion, il croise Madeleine, une jeune fille qui vit dans un milieu aisé. Elle est très dure : elle s'est donné comme objectif de vie la survie, elle s'entraîne à nager avec un sac à dos rempli de poids, elle est très masculine dans ses comportements et difficile d'accès, le visage toujours très fermé et les yeux qui fusillent. Au contraire, Arnaud, amené à faire des travaux chez les parents de Madeleine, est doux et patient. Quand elle décide de faire un stage de quinze jours dans l'armée afin de rejoindre les commandos après, il va la suivre...


Les combattants est le premier film de Thomas Cailley. Il en a écrit le scénario avec Claude Lepape, présente hier soir à la projection, qui a expliqué combien les dialogues ont été travaillés. Le film a été défini après coup comme une histoire d'amour mais il n'a pas été conçu dans cet esprit. Les deux caractères des personnages se complètent. Je les ai trouvés très travaillés. Les combattants est du "jamais vu" : par l'histoire, déjà. On est dans des situations qui semblent très réelles et, à un moment, on bascule quand même dans une ambiance plus étrange, quand les deux personnages se retrouvent en situation de survie dans les bois. Et on rit aussi!
Madeleine joue la forte mais justement, la subtilité du scénario est de nous montrer qu'elle ne l'est pas tant que cela et qu'elle a des failles. Elle n'est pas une super-héroïne, juste une jeune fille qui a d'énormes doutes sur l'avenir, comme Arnaud, finalement, pour qui cela ne se manifeste pas de la même façon. Quand Madeleine se fera plus douce et acceptera de sourire, de tomber l'armure (jamais longtemps), on percevra enfin un peu d'humanité en elle.
Le rôle va comme un gant à Adèle Haenel, et Kevin Azaïs est très attachant.




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Le beau monde et L'année prochaine

Message  Kashima le Lun 13 Oct 2014 - 17:57

Alice travaille dans une pâtisserie. Elle aime coudre, fabriquer des vêtements. Une des clientes de la boutique, une notable de la ville jouée par Aurélia Petit, lui donne un coup de pouce pour être prise dans une école d'arts appliqués à Paris. A l'occasion de ses visites dans l'immense demeure de cette femme, Alice croise le fils, Antoine. Ils se revoient à Paris et vivent une histoire d'amour. Or, les milieux sont si différents qu'ils créent des tensions entre les deux jeunes amoureux, surtout de la part d'Alice qui éprouve un complexe à cause de sa classe sociale : sa famille vit en HLM et elle éprouve de plein fouet le décalage entre les deux familles, même si Antoine ne semble pas du tout être dérangé par la situation.

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Le problème de différence de classes n'est pas traité dans la caricature. Alice est une jeune femme qui manque de culture sans être idiote, Antoine suit sa voie en se lançant dans la photographie. On n'est pas dans l'excès qu'aurait imposé une comédie. J'ai bien aimé ce film même si je sais que je n'en garderai pas un souvenir très grand, peut-être parce que j'aurais aimé que les choses soient encore plus creusées et aillent plus loin.


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Clotilde et Aude sont des amies d'enfance. Leurs 18 ans marquent la fin d'une époque, c'est le moment de faire des choix: Clotilde a décidé d'aller étudier la philosophie à la Sorbonne tandis qu'Aude n'a pas d'ambition. Elle se voit bien rester dans son village et elle ne compte pas poursuivre ses études. Or, Clotilde, à son insu, envoie des dessins d'Aude aux Beaux-Arts afin qu'elle soit prise, ce qui arrive. Folle de colère, Aude reproche à son amie de décider pour elle mais, une fois à la maison, devant la joie et la fierté de ses parents, Aude accepte de partir avec son amie d'enfance à Paris, d'autant plus qu’elle n'aura pas de loyer à payer puisque Clotilde a récupéré l'appartement de sa mère décédée, ainsi que de l'argent de l'héritage.
Mais les différences d'attitude (Clotilde la sérieuse, la studieuse / Aude la délurée, l'insouciante) vont peu à peu creuser un écart entre les deux jeunes filles, jusqu'à une rupture inévitable.
Aude est jouée par Jenna Tiam, vue dans la série Les revenants, et Constance Rousseau incarne Clotilde. Les deux actrices sont parfaitement choisies pour jouer ces personnages.
J'ai rarement vu ce sujet traité au cinéma (les affinités de jeunesse qui se perdent totalement quand on devient adulte), et c'était très intéressant, car plein de passion et très bien joué. On sent qu'Aude est perdue de plus en plus dans cette vie qui ne lui convient pas, elle qui préfère coucher avec un petit gars du pays rencontré en boite que de se projeter dans un avenir, une carrière. Les caractères s'affrontent ; Clotilde prend une voie intellectuelle et s'éloigne de son enfance au lycée de province. La scène de rupture est vraiment très violente.
La réalisatrice, Vania Leturcq, était présente lors de la projection (de même que l'actrice qui joue la mère d'Aude, Anne Coesens). Elle a raconté comment elle a travaillé avec ses actrices, en passant énormément de temps à lire et à comprendre le scénario avec elles, les incitant à se connaître le mieux possible pour que cette amitié d'enfance sonne juste, que les personnages semblent très proches, comme des soeurs. Et c'est réussi.



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Re: Festival Jean Carmet

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