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Gaston Puel, l'âme errante

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Gaston Puel, l'âme errante Empty Gaston Puel, l'âme errante

Message  Invité Mer 30 Jan 2013 - 19:27

Poète, critique, essayiste (il est notamment l’auteur d’un remarquable Lucien Becker, en 1962, chez Seghers), animateur et éditeur (La Tête Noire, 1947, La Fenêtre Ardente, 1959), Gaston Puel (né à Castres, en 1924), lié à Joë Bousquet, Tristan Tzara, René Char ou Hans Bellmer, se rapproche d’André Breton et du groupe surréaliste en 1947, avant de s’en éloigner en 1953. « Ne pas me résigner à ce qu’on m’écarte serait méconnaître les droits de la vie », lui écrit, magnanime, Breton. Enracinée dans le Sud, la poésie de Gaston Puel est le fruit d’un lyrisme crépitant au sommet de la beauté et du solaire. L’écriture chez Puel, comme l’a écrit Eric Dazzan, ne communique pas : elle rejoint.

Gaston Puel, l'âme errante Lameerrante_zps5d72a687

L'oeuvre de Gaston Puel qui fut d’abord surréaliste s’est progressivement acheminée vers ce ton mineur, ce lyrisme mêlé de tendresse et de dérision. Une avancée qui ne saurait se comprendre que si l’on perçoit combien l’écriture met en jeu une existence et une aptitude à lire, interpréter, accueillir ce qui se présente dans le monde et ainsi à fonder un espoir, pour reprendre les mots de Bonnefoy. C’est bien ce dont témoigne encore ce poème, intitulé « Janvier 92 », extrait d’un des Carnets de Veilhe


Que de choses oubliées
Et tant d'autres à jamais inconnues,
Quel catalogue
Ces contrées matinales
Où l'air est si pur, si ténu,
Que tout y apparaît différent,
Que chaque chose semble inabordable
Au mot qui la désigne.
(Ce ne serait qu'un catalogue
De regrets, de vanités, de ratages,
D'échecs, d'occasions perdues...)

Et maintenant on sait voir
L'aura vaporeuse incarnat
(les ramures hivernales
d'un jeune bosquet dans les friches)
Et maintenant on saisit
L'exact balancement
D'une branche de sureau
Sous le poids cliquetant d'une mésange.
Est-ce la puissance attractive de la mort
Qui déjà nous dépouille et nous affûte ?
Est-ce la vie, l'excessive, l'exubérante,
Qui signe de ses images familières
Le secret de sa simplicité incongrue?
On pourrait croire que la réponse
A toutes les questions
Ne saurait tarder
Et qu’elle sera si simple
Qu’il ne restera qu’un regret
Tout aussi naïf :
Ce n’était que cela !
Il n’était que de voir !
Par exemple ce plus petit caillou
appuyé à son ombre, l’été
Car la vie respire
En ces riens minuscules,
Oui ce n’était que cela.

Mais comme un rêve sort lustral de la nuit
Et se brouille à la lumière du jour
La réponse nous sera enlevée,
Du moins sur cette rive.

S’il en est qui savent
Ils sont couchés là-bas
Dans la cendre des mots.[i]

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