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L'art de la joie, Goliarda Sapienza

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L'art de la joie, Goliarda Sapienza Empty L'art de la joie, Goliarda Sapienza

Message  Gattopardo Ven 7 Oct 2022 - 20:47

L'art de la joie, Goliarda Sapienza Sf65

Ce sont d'abord des silences ou des cris. La jeune Modesta brûle ses neuf ans à l'éclatante torpeur sicilienne, entre une mère à moitié muette et une sœur handicapée. Il faudra du sang et du feu pour effacer toute cette boue. Recueillie dans un couvent, l'enfant qu'elle n'est plus apprendra les mots, le plaisir, la soif du pouvoir. Née avec le siècle, en 1900, elle le prend de vitesse : elle sera femme, et maîtresse femme, à la force du poignet. Dusse-t-elle en passer par un mariage arrangé et braver la malédiction du sang. Libertaire et libertine, aristocrate et socialiste, ambitieuse, poète, résistante, mère, grand-mère et amante, contradictoire parfois, affamée de bonheur toujours, Modesta traverse ainsi un demi-siècle d'histoire italienne. Poussée par un irréductible feu intérieur. Ce feu qu'elle a puisé au ciel sicilien, ce feu de joie dont elle se soûle, sa vie durant, comme un corps au soleil...


Si L'Art de la joie est un roman d'apprentissage, cette initiation dure toute une vie. À mi-chemin entre L'Éducation sentimentale de Flaubert et Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir, l'auteure italienne raconte l'épanouissement intellectuel et sexuel d'une Sicilienne née au début du XXe siècle. Pauvre, Modesta se hisse dans l'échelle sociale grâce à la lecture et aux études. Engagée dans de multiples combats politiques, cette féministe finira par atteindre la félicité auprès de Marco.

"Le mal réside dans les mots que la tradition a voulus absolus, dans les significations dénaturées que les mots continuent à revêtir. Le mot amour mentait, exactement comme le mot mort. Beaucoup de mots mentaient, ils mentaient presque tous. Voilà ce que je devais faire : étudier les mots exactement comme on étudie les plantes, les animaux. Et puis, les nettoyer de la moisissure, les délivrer des incrustations de siècles de tradition, en inventer de nouveaux, et surtout écarter pour ne plus m'en servir ceux que l'usage quotidien emploie avec le plus de fréquence, les plus pourris, comme : sublime, devoir, tradition, abnégation, humilité, âme, pudeur, cour, héroïsme, sentiment, piété, sacrifice, résignation."
Née en 1900 en Sicile, Modesta traverse la tourmente de l'Histoire et celle de ses sentiments. Pauvre, elle se rend forte en lisant et en étudiant, en cherchant en elle et chez les autres la clef pour ne pas succomber. Celle pour qui la liberté est une condition sine qua non de l'existence refuse les convenances, fait tourner les têtes et chavirer les cours des deux sexes, échappe au conformisme de son temps.

Hymne à la liberté sexuelle et à la vie sans entrave, charge sans concession contre les fascistes et les religieux, "L'Art de la joie" est un roman d'apprentissage engagé qui n'a de cesse de fustiger la morale totalitaire. À son écriture d'une grande puissance démonstrative, claire et incisive, répond un flux d'images, de personnages solidement campés, de passions enflammées et d'extases. Fresque d'un anticléricalisme tout aussi jubilatoire qu'acharné, "L'Art de la joie" est éblouissant de vitalité.


Née avec le siècle dans un petit village sicilien, orpheline, Modesta entre au couvent en attendant le mariage. Farouchement indépendante, elle conquiert sa liberté avec intelligence et ténacité. À soixante ans, elle raconte son long combat et comment, de simple soumise, elle est devenue l'une des femmes les plus respectées de son pays. Une belle leçon de liberté, d'amour et de vie qui s'inspire de la vie de son auteure, la Sicilienne Sapienza (1924-1996).


CITATIONS SUR L'ART DE LA JOIE;

Il faut s'éloigner périodiquement de tout lieu où l'habitude a tué l'objectivité. C'est ce qui se passe aussi pour les langues. Lorsqu'on est obligé d'en parler une autre pendant des mois, comme cela m'est arrivé, quand on revient à la sienne on se rend compte que l'éloignement a servi à la redécouvrir dans son essence la plus profonde.


"Le mal réside dans les mots que la tradition a voulus absolus, dans les significations dénaturées que les mots continuent à revêtir. Le mot amour mentait, exactement comme le mot mort. Beaucoup de mots mentaient, ils mentaient presque tous. Voilà ce que je devais faire : étudier les mots exactement comme on étudie les plantes, les animaux. Et puis, les nettoyer de la moisissure, les délivrer des incrustations de siècles de tradition, en inventer de nouveaux, et surtout écarter pour ne plus m'en servir ceux que l'usage quotidien emploie avec le plus de fréquence, les plus pourris, comme : sublime, devoir, tradition, abnégation, humilité, âme, pudeur, cœur, héroïsme, sentiment, piété, sacrifice, résignation"

Gattopardo

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