Stromboli (Terra di Dio) de Roberto Rossellini avec Ingrid Bergman

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Message  Invité le Sam 14 Sep 2019 - 23:34

Quand Stromboli sortit en 1950, il fut éreinté par la presse. On y trouvait Ingrid Bergman froide, antipathique. On se demandait ce que Rossellini, ce maître du néoréalisme italien, était allé faire avec cette star d'Hollywood. Le mariage de la carpe et du lapin ? Seuls quelques jeunes hommes en France crièrent au génie. Un certain Maurice Scherer parla de "révolution", de "découverte métaphysique", et pour la peine, il prit pour la première fois un pseudonyme qu'on allait plus tard retenir : Éric Rohmer. Ses petits copains, qui s'appelaient Godard, Truffaut, Chabrol, communièrent dans la même admiration, Rossellini devint leur dieu et Stromboli, peu à peu, grâce à eux, un film culte.

Stromboli est considéré comme un classique du néoréalisme italien. L’omniprésence du volcan, l’âpreté de l’environnement géographique et social, et les différences sociales des personnages du couple en sont les éléments principaux. C’est aussi l’occasion de peindre une microsociété, en marge du monde, dont l’existence est conditionnée par les rythmes des pêches et l’activité du volcan. L’insularité du cadre augmente le caractère oppressant d'une situation qui semble sans issue.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Karen, réfugiée lituanienne, est retenue dans un camp en Italie. Karen a été la maîtresse d’un officier allemand, raison pour laquelle elle se retrouve en 1945 dans un camp de prisonniers italiens.

Antonio lui fait la cour de l’autre côté des barbelés, mais elle rêve de fuir l’Europe pour s’installer en Argentine. Aussi, quand sa demande est refusée, elle accepte d’épouser le jeune homme et de partir avec lui sur son île, où il exerce le métier de pêcheur. Elle se marie pour sortir du camp, sans amour, avec un homme qui ne parle pas sa langue et avec qui elle ne peut communiquer difficilement qu’en anglais.

Mais l'île est celle du volcan Stromboli, à la terre pleine de lave aride, aux habitants en proie à la superstition et à la méfiance. Dès son arrivée, Karen sent qu’elle ne peut vivre dans cet endroit, ils s’installent pourtant dans la masure familiale d'Antonio. La différence de leurs origines sociales va accentuer leur incompréhension. La maison est restaurée, elle essaie de l’égayer mais le changement n’est pas accepté par son mari. Une éruption du volcan, la pluie de bombes volcaniques et les coulées de lave contraignent toute la population à prendre la mer sur les bateaux de pêche, où elle passe la nuit en récitation de litanies. Une fois le Stromboli calmé, Karen, enceinte de trois mois, veut fuir cette vie misérable. Sa visite à la couturière qui est aussi une prostituée et la scène du presbytère où elle cherche à séduire le prêtre pour lui soutirer de l’argent avant de renier sa religion achèvent de la faire rejeter de tous, tandis que son mari, exaspéré d'être la cible des moqueries du village, se met à la battre.

Karen refuse de surcroit que son enfant naisse dans ce lieu où le Stromboli peut à tout moment entrer en éruption et les mettre en danger. Elle ne peut quitter l'île que depuis le village de Ginostra, de l'autre côté du volcan, où se trouvent des bateaux à moteur, et où elle pourra rejoindre le gardien du phare, rencontré plus tôt, qui s'est engagé à l'aider à s'enfuir. Comme aucun chemin ne mène à Ginostra, elle pense le rejoindre en passant par le volcan, mais elle s'égare bientôt et passe la nuit au sommet. Au matin, elle implore l’aide de Dieu pour échapper au volcan.

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