Trésors à prendre (1960)

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Trésors à prendre (1960)

Message  Kashima le Ven 13 Juin 2014 - 22:20

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Tout commence dans le train Paris-Vichy : Violette part en voyage dans le sud... C'est Simone de Beauvoir qui lui a suggéré de faire ce voyage et d'écrire.
Le récit est ponctué régulièrement de passages où Violette lui clame son adoration.

“Je serai morte, mais il faudra des siècles au temps qui ne réussira pas avant son travail d’érosion sur le bloc d’amour que j’aurais été pour elle.”

“J’oublie chaque nuit que je suis en voyage : je souffre à la même place.”

“On m’aime d’amitié, ce crime n’a pas d’auteur.”


Quelques pages déplorent que George Sand ait été si virile dans sa vie et si fade dans ses romans...

“Il fait chaud. Les cigales s’excitent dans le midi. Le chant des cigales… Quelle erreur. Les cigales ne chantent pas. Elles grincent. Une chanson… Quelle blague. Une chanson… La haute tension de l’obsession.”

“L’être que j’aime déploie là-dessus ses ailes d’absent.”

“Aujourd’hui, je vous aime et je me donne pour rien comme je devrais vous aimer et me donner tous les jours. (…) Je donne pour rien. Il n’y a qu’un amour. C’est celui-là.”

“Je vous écoute, je m’applique, je vous aime, je ne peux pas surpasser mon cerveau chétif. C’est mon cœur qui vous suit parce que vous l’aurez rendu intelligent, parce que vous l’aurez développé, cultivé sans coquetterie.”

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“Les psychanalystes ont tort de ne pas prescrire une grande lessive par semaine aux neurasthéniques, catégorie luxe. Les nerfs se décrassent dans l’eau de javel.”

“De mon coeur s’en va la grande allée de la musique des orgues pendant que je vous attends. Vous êtes venue et je porte la main au coeur. Comment concevrais-je de vous saluer d’une autre façon? Je vous désigne mon blason. Mon coeur, Madame, c’est ma croix d’honneur.”

“Ce n’était que de la présence sur une fresque fanée, votre apparition. (…) Je me ferai gisant entre les draps et, comme tous les soirs, mon coeur, Madame, sera votre fournisseur.”


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“Moi, zéro magnifique, j’ai l’audace de persévérer.”

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“J’étais jalouse, j’avais désapppris à renoncer à vous.”

“Tu le sais doublure que, séparée de celle dont la vie est ailleurs, séparée de l’inaccessible pendant cent cinquante jours, j’hiverne sur une croix ne voyant de l’horizon en bas que le trou de mon nombril.”

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“Madame je vous aimais, je vous aime pendant que je marche sur la route du causse Noir, sur la route de La Malène au Rozier. Je vous aime, je ne dévide pas mon coeur sur les routes. J’aime en baissant les yeux.”

“Je suis l’écorce, vous êtes la sève. Vous êtes la tige dans mes artères pendant que vous êtes absente.”


“Se perdre, c’est espérer avec férocité. Se perdre, c’est tomber dans le carnage du souhait. Je me perdais et voulais me perdre dans les mauvais sentiers qui n’aboutissaient nulle part.”

“Je suis effrayée : nous avons tous des Pompéi dans la tête, nous avons tous, quand nous mourons, des villes d’archéologues classées dans notre cervelle.”

“Vous n’êtes ni morte ni vivante. Vous êtes absente. (…) Il est insurmontable ce hoquet de la mort quand vous partez pour trois mois. (…) J’assouplis l’absente. C’est le moment où, moi, je m’absente. Je me veux néant puisque le néant est providence chaque fois que je commence à vous recréer. Attendre, se vouloir point d’orgue entre les phrases des grandes orgues. C’est cela la soumission, c’est cela le silence d’amour.”



“Lautrec choyait l’araignée. Il craignait le massacre de la toile d’araignée.”


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Au moment où elle doit écrire quelque chose sur le registre de l'église d'Albi, Violette improvise :

“Faites que Jean Genet aille au Paradis.”

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“J’ai su à Albi que la beauté n’est pas le superflu mais le nécessaire.”

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“Moi religieuse dès qu’il s’agit de vous, j’ai frôlé avec mes lèvres l’épiderme ardent de la cathédrale. Vous, c’est elle. Vous, Madame, ma beauté solide.”

“Conques. (…) Eglise fameuse que je regarde, que je ne vois pas. J’aime Albi. Je vous aime dans Albi, Madame… Je ne vous aime pas dans deux cathédrales à la fois.”


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"Moi, vagabonde trop bien organisée, j’ai eu sous les fenêtres entrouvertes d’Yves Brayer la nostalgie de la condition du vagabond inné."

“Du lunaire : le cimetière. De l’héroïsme de traviole : les croix du cimetière. Du poesque à côté du cimetière : le soulèvement de battement du rideau de tulle à la lucarne du presbytère.”
À Grandvabre

“J’essaie ma mort au soleil. (…) Déjà je meurs avec souplesse avant de disparaître. Aucune importance du côté de mon coeur qui bat.”

“J’ai rêvé que vous m’aimiez, Madame, et je savais que je rêvais pendant que vous m’aimiez. J’étais esclave d’une réalité dont je connaissais le manque de portée.”

"Violette, Violette, tu es des nôtres, nous ne te quitterons pas, Violette, tu seras des nôtres, tiens, Violette."


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Violette a chaud pour se rendre à Saumanes, au château de l'oncle de Sade. Durant l'ascension, elle ne peut s'empêcher de penser à celle qu'elle aime  :

“Je ne peux plus pleurer sur mon sort, je te le dis, insecte à l’entrée de Saumanes. Je l’aime. Je suis plus héroïque que toi, paysage torturé de lumière. Je l’aimerai, j’attendrai encore ses retours de voyage aux environs des gares, moi et cette lèpre que j’ai au cœur. J’attendrai ses retours qu’elle donne ailleurs, je ne me découragerai pas.”

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Attente d'une lettre qui ne vient pas :

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“Je grille sur le gril des automnes quand vous n’êtes pas là et que je me souviens de vous.”

Trésors à prendre se termine non loin de Villefranche-sur-Saône, à Ars, par une scène de tentative de viol par un paysan. Mais les derniers mots sont pour Simone de Beauvoir :

“Je vous attends, Madame. De mon voyage, je vous ai tout donné. Je suis la toute neuve, je suis la dépouillée. Vous reviendrez bientôt. Mon cœur a son frisson d’oiseau quand je répète à bientôt. Faites-nous signe. Pour vous, mon cœur est prêt, pour vous, mon cœur est habillé. Revenez.”
—  

Septembre-octobre 1951

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Trésors à prendre

Message  Kashima le Dim 22 Fév 2015 - 16:33

“Madame je vous aimais, je vous aime pendant que je marche sur la route du Causse Noir, sur la route de La Malène au Rozie. Je vous aime, je ne dévide pas mon cœur sur les routes. J’aime en baissant les yeux. Je ne regarde pas les arbres, je ne jette pas un coup d’œil aux haies, à la ronce. Je disparais sur les routes avec le floc pour vous entrer dans mon sein, le floc livré déjà à l’éternité.”

Kashima
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