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Paroles de l'ombre : "La liberté nous a été refusée : nous l'avons prise."

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Paroles de l'ombre : "La liberté nous a été refusée : nous l'avons prise."  Empty Paroles de l'ombre : "La liberté nous a été refusée : nous l'avons prise."

Message  Kashima Lun 10 Jan 2011 - 13:53



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http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/Cafe-decouvertes/Sons/Les-lettres-et-les-carnets-des-Francais-sous-l-Occupation-360207/

France Hamelin est une résistante dont le mari, Lucien, a été arrêté et envoyé à Buchenwald. Elle n'est pas déportée car elle est enceinte et accouche le 15 avril 1944 durant son internement à la Petite Roquette, puis aux Tourelles.
Dans l'émission ci-dessus, son évasion avec le bébé est racontée. En voici le texte par France Hamelin elle-même :

"Ca va. Il ne reste plus qu'à m'habiller. La chemise et le manteau bleu de l'hôpital sont si amples que je peux parfaitement porter tous mes habits dessous à condition de bien tenir mon col fermé. Un seul ennui : la visite du docteur. Il passe plus tôt d'habitude. Et il se peut qu'il demande à voir mon sein...
Le chariot grince dans le couloir avec son chargement de choux et de bière. Et voilà que le docteur arrive avec sa cour d'internes, de sages-femmes, d'infirmières ! Heureusement, il est pressé. Tout va très bien ! Personne n'est malade. Ouf !
Je ne peux pas manger. J'ai une boule dans la gorge. Michou piaille, il ne se doute de rien. Je ne devrai l'habiller qu'au tout dernier moment, parce que, lui, ça se verrait. (...)
C'est l'heure. Les « visites » commencent à partir, lentement. Je vais tout droit au berceau, soulève Michou [Michel, son fils] et travaille à le vêtir. Travaille, c'est le mot. Chaque fois qu'il s'agit d'enfiler une manche, ses menottes s'accrochent à la laine. Impossible de la faire glisser, et je ne peux pourtant pas lui casser les doigts pour aller plus vite... Lui a essayé de crier, puis s'est tu, suffoqué de surprise. Marcel me sert de paravent et répète : « Ne t'énerve pas, ne t'énerve pas, prends ton temps, là... »
Mais moi je m'énerve, parce que j'entends les infirmières arriver pour prendre les poupons, un sous chaque bras, comme d'habitude. C'est l'heure de la pesée qui précède la tétée. L'heure, ou presque. Elles sont en avance, aujourd'hui. Enfin, ça y est. Je remonte les couvertures sur Michou tandis que de l'autre main je fais tomber chemise et manteau d'hôpital. Hop ! sous le lit. J'attrape Michou, et en route ! Tout cela n'a demandé que très peu de temps.
La salle est muette, tous les regards sont tournés vers nous. « Marche droit devant toi, ne t'occupe pas de ce qui se passe derrière. » J'obéis à Marcel. Je fonce. La cape est trop petite et Michel trop gros dans tous les lainages dont je l'ai affublé. Il ne peut pas passer inaperçu ! Tant pis ! Trop tard pour envisager autre chose. Je fonce...
Un grand cheval se dresse devant moi, bras en croix. L'étau s'abat et se resserre sur mes épaules. Brusquement, il se relâche. La voie est libre. Je fonce...Je m'essouffle. Je cours. Mes jambes tremblent. Je cours. Vais-je tomber ? Il ne faut pas ! Et Michou ? Je cours. Mais il va falloir ralentir, ou je vais m'écrouler avec mon Mich'. Mes jambes ne me portent plus.
Des pas derrière ! Des pas rapides. On court. J'essaie d'aller plus vite. Impossible. C'est Marcel... ou les autres ? Je ne peux pas me retourner. Qu'importe. Les jeux sont faits. Je cours...
Une main m'agrippe. C'est Marcel. « Ma pauvre vieille, j'ai cru que tu allais te flanquer par terre... Va, le plus gros est fait. On va marcher rapidement, mais sans courir, vers la sortie. » Pourtant, moi, j'ai hâte. Je ne peux m'empêcher, j'ai hâte. Je bouscule quelques vieilles femmes qui encombrent le passage. Marcel les redresse à mesure et répand les excuses... Que c'est long ! Ah ! le porche... Ah ! dehors !"
(...)


Une fois enfuis de l'hôpital, Marcel explique l'évasion :

« Voilà, explique Marcel, il n'y a qu'une "tordue" qui s'est dressée sur mon passage. Je lui ai gentiment serré les poignets. "Vous n'allez pas faire l'imbécile, non ? Tenez-vous tranquille, sans quoi !" Et j'ai mis ma main à la poche d'un air méchant. Puis je l'ai soulevée et l'ai enfermée dans la dernière petite pièce à droite en sortant. Par la porte vitrée, je l'ai vue reculer jusqu'au fond en entraînant les autres. Dans le couloir, un vrai sauve-qui-peut. Tous me croyaient armé. Alors j'ai couru rejoindre France et Michou. Heureusement, ils allaient se flanquer par terre. Le plus fort, ajoute Marcel, c'est que je n'étais pas armé du tout... »

Source : http://www.fndirp.asso.fr/france%20hamelin%20suite.htm

Paroles de l'ombre : "La liberté nous a été refusée : nous l'avons prise."  Femmes-en-prison-hamelin

"La liberté nous a été refusée : nous l'avons prise.", écrit-elle dans une lettre.


France Hamelin n'a pas cessé d'écrire durant son emprisonnement. Elle est décédée le 9 mars 2007.

Kashima
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