Classiques

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Classiques

Message  Kashima le Jeu 2 Aoû 2012 - 18:37

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Encore un beau titre et une phrase de début de roman qui se font jalouser :

"Le mouvements d'un coeur comme celui de la comtesse d'Orgel sont-ils surannés?"

Raymond Radiguet est mort à vingt ans de la fièvre typhoïde. Il a eu le temps d'écrire deux livres devenus des classiques : Le Diable au corps et Le Bal du Comte d'Orgel.
François de Séryeuse fait la connaissance, au cirque, du comte Anne d'Orgel et de sa femme Mahaut. Très vite, il devient leur intime. On sait que, dès le premier regard, François tombe amoureux de Mahaut, mais toute la subtilité du livre est de ne pas aller de plein fouet dans ces sentiments interdits des deux côtés : Anne est l'ami de François qui ne peut désirer la femme de son hôte. De son côté, Mahaut va elle aussi s'éprendre de lui.
C'est un livre sentimental, où rien ne se consomme, qui reste dans les avants de l'aveu :

“Mais on n’a encore trouvé qu’un seul moyen d’empêcher son coeur de battre, c’est la mort.”

Kashima
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Graziella

Message  Kashima le Mer 8 Mai 2013 - 17:24

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Après avoir vu le (supposé) foulard de Graziella dans le château de Lamartine à Saint-Point, je me suis dit qu'il serait peut-être temps de lire ce livre.

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Château de Saint-Point

Lamartine a dix-huit ans. Il part séjourner en Italie, avec un ami, dans la baie de Naples, où ils visitent Cumes, la paradisiaque [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]... Restant plus longtemps que prévu, ils décident tous deux de s'embarquer avec des pêcheurs qui les accueillent sur leur barque. Un jour, la mer se déchaîne. Ils accostent à [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] où vivent le pêcheur et son petit-fils. Le temps d'un été, ils vont être accueillis par cette famille composée d'Andréa, le pêcheur, de sa femme et des petits-enfants, dont Graziella, jeune et belle Italienne de quinze ans.

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Lamartine raconte la beauté des lieux, son goût pour la lecture, l'écriture, le rêve. C'est un récit de la jeunesse qui connaît les premiers élans du cœur.
Graziella se laisse attendrir par la lecture de Paul et Virginie, faite tous les soirs à la famille. L'ami de Lamartine rentre en France, et le poète reste seul chez ces gens qu'il ne désire pas quitter. Il noue une amitié avec Graziella, et jamais ne se soupçonne amoureux d'elle jusqu'au jour où un cousin va la demander en mariage...
Graziella fut d'abord intégré à l'ouvrage autobiographique Les Confidences en 1849, puis publié seul en 1852.
La mort en pleine jeunesse de ce premier amour inspire au poète ce refrain (car le livre se clôt sur un poème écrit à la vue d'un cercueil dans une église) :

"Mais pourquoi m'entraîner vers ces scènes passées?
Laissons le vent gémir et le flot murmurer ;
Revenez, revenez, ô mes tristes pensées!
Je veux rêver et non pleurer!"
Le Premier regret

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La déclaration de Graziella au narrateur est faite dans le grand style romantique :

“ Que je me sens bien ! ” me dit-elle en parlant tout bas, d'un ton doux, égal et monotone, comme si sa poitrine eût perdu à la fois toute vibration et tout accent et n'eût plus conservé qu'une seule note dans la voix. “ J'ai voulu en vain me le cacher à moi-même, j'ai voulu en vain te le cacher toujours, à toi. Je peux mourir mais je ne peux pas aimer un autre que toi. Ils ont voulu me donner un fiancé, c'est toi qui es le fiancé de mon âme ! Je ne me donnerai pas à un autre sur la terre, car je me suis donnée en secret à toi ! Toi sur la terre, ou Dieu dans le ciel ! c'est le voeu que j'ai fait le premier jour où j'ai compris que mon cœur était malade de toi. Je sais bien que je ne suis qu'une pauvre fille indigne de toucher seulement tes pieds par sa pensée. Aussi je ne t'ai jamais demandé de m'aimer. Je ne te demanderai jamais si tu m'aimes. Mais moi, je t'aime, je t'aime, je t'aime ! ” Et elle semblait concentrer toute son âme dans ces trois mots. “ Et maintenant, méprise-moi, raille-moi, foule-moi aux pieds ! "

Texte intégral ici : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]


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Quelques extraits :

“Il n’y a pas une âme de vingt ans qui ne soit républicaine.”

“On ne peut jamais frapper un peu fort sur le coeur de l’homme sans qu’il en sorte des larmes, tant la nature est pleine, au fond, de tristesse.”

“Il y a plus de génie dans une larme que dans tous les musées et dans toutes les bibliothèques de l’univers.”

“Pauvre Graziella, répondis-je en souriant, Dieu me garde du jour où où j’aurai honte de ceux qui m’aiment!”

“Aimé pour être aimé, c’est de l’homme; mais aimer pour aimer c’est presque de l’ange.”

“L’homme a beau regarder et embrasser l’espace, la nature entière ne se compose pour lui que de deux ou trois points sensibles auxquels toute son âme aboutit. Otez de la vie le coeur qui vous aime, qu’y reste-t-il? (…) Un nuage sur l’âme couvre et décolore plus la terre qu’un nuage sur l’horizon. Le spectacle est dans le spectateur.”

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Un roi sans divertissement, Giono

Message  Kashima le Mer 10 Juil 2013 - 18:44

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Cette chronique m'a intéressée jusqu'à la page 86 (sur 244): dans une ambiance neigeuse, au fond de la campagne et dans un beau style ont lieu de mystérieuses disparitions. On ne retrouve pas les corps. Qui est ce prédateur qui emporte les gens du village?
Jusque là, c'est intéressant et poétique. Après la résolution de cette énigme, le récit passe à tout autre chose : une chasse aux loups, la description de Langlois qui semble avoir totalement changé de caractère par rapport à ce qu'il était avant la page 86... On ne revient pas sur cette histoire de criminel finalement ordinaire (ou trop peu). J'attendais de trouver la phrase du "roi sans divertissement" : c'est la dernière ligne du livre!
Commençant à lire en diagonale, j'ai abandonné la lecture.
Je le conseille jusqu'à cette fameuse p 86 de l'édition Folio!

Une phrase à retenir :

“On ne peut pas vivre dans un monde où l’on croit que l’élégance exquise du plumage de la pintade est inutile.”


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Le docteur Jivago, Pasternak

Message  Kashima le Sam 24 Jan 2015 - 9:03

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J'avais envie de lire enfin ce classique, mais j'ai arrêté autour des 200 pages, après avoir failli abandonné cent pages plus tôt. C'est très bien écrit, c'est du grand livre avec du souffle, mais je me suis vite ennuyée à cause du foisonnement des personnages et surtout, l'aspect politique/historique du livre auquel je n'entendais pas grand chose.
L'incipit du roman est sublime : cette scène d'enterrement d'une mère plonge le lecteur dans une ambiance glacée et pathétique.
Il reste le film pour la séance de rattrapage.

“Mais qu’est-ce que la conscience? Vouloir consciemment s’endormir, c’est l’insomnie à coup sûr, s’efforcer de prendre conscience du travail de sa propre digestion, c’est courir à un dérèglement nerveux. La conscience est un poison, un instrument d’auto-intoxication pour le sujet qui se l’applique à lui-même.”

“La philosophie n’a rien à voir ici, tout ce que ça mérite, c’est des coups de poing sur la gueule.”

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Jane Eyre

Message  Kashima le Sam 4 Avr 2015 - 20:01

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Jane Eyre est orpheline. Élevée par la femme de son oncle, elle est mal aimée, maltraitée par son exécrable cousin, dédaignée par ses cousines plus jolies qu'elles.
Envoyée dans une pension, elle finit par devenir institutrice et elle répond à une annonce : elle ira s'occuper de la petite Adèle, à Thornfield-Hall, le domaine de Mr Rochester qu'elle rencontre dans un bois, lors d'un accident de cheval. Elle trouve cet homme plutôt laid et, finalement, elle tombe sous son charme. Mais il n'est pas du même monde...

“Je dois être douée d’une aptitude exceptionnelle pour la Vénération, car je ressens encore le sentiment d’admiration respectueuse et craintive avec lequel mes yeux suivaient ses pas.”
Apparition de Miss Temple


“Avais-je jamais vu un homme jeune et beau? De ma vie, je n’avais parlé à aucun. En principe, je vénérais la beauté, l’élégance, l’esprit chevaleresque, le charme, et je leur rendais hommage ; mais si j’avais rencontré ces qualités incarnées en un homme, j’aurais instinctivement éprouvé qu’elles n’avaient ni ne pouvaient avoir aucune correspondance en moi, et je les aurais fuies par antinomie, comme la flamme, l’éclair, ou tout ce qui est éblouit.”


“Les pressentiments, les affinités, les signes, sont choses étranges qui, en se combinant, forment un mystère dont l’humanité n’a pas encore trouvé la clef.”

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Mr Rochester semble s'intéresser à une femme sublime, et il laisse croire à Jane Eyre qu'il va l'épouser. Il provoque en elle une jalousie qui la pousse à l'aveu, un soir où elle sait qu'elle va devoir se séparer de lui.

“Vagabonde! Vagabonde! Absente, loin de moi tout un mois, et m’ayant complètement oublié, je le jurerais!”

Mr Rochester est fou d'elle aussi! Il n'a jamais envisagé d'épouser cette noble : malgré son peu de beauté, sa pauvreté, c'est Jane Eyre qu'il aime. Il la demande en mariage.

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“Si vous étiez folle, je vous emprisonnerais dans mes bras, non dans une camisole de force ; votre étreinte, même furieuse, aurait un charme pour moi.”


Mais, dans le château, il se passe des choses étranges : la veille des noces, Jane Eyre reçoit la curieuse visite d'une sorte de femme-fantôme qui déchire son voile en deux...

Je ne m'attendais pas à ce que le personnage de Jane Eyre m'agace ainsi : la petite orpheline, plus que morale, qui renonce à l'amour au nom d'on ne sait quelles valeurs, qui se retrouve seule et misérable et que des concours de circonstances vont récompenser en la rendant riche. Laide et pleine de bons sentiments, elle n'est pas très attachante. On a envie de la secouer et de lui dire d'arrêter ses manières humbles. Elle n'a pas éveillé la pitié, j'avais plutôt tendance à me dire que c'était bien fait pour elle.

Le passage où, sur je ne sais combien de pages, St John insiste pour que Jane Eyre accepte le mariage était pénible. On a envie de se dire : "on a compris". En revanche, les retrouvailles avec Rochester sont très émouvantes.

“Prolonger le doute, c'était prolonger l'espérance.”

Le bonheur, c'est le mariage et Dieu. J'ai un plus grand souvenir du livre de sa soeur, Les Hauts de Hurlevent...
C'est tout de même un roman à lire, pour la qualité de l'écriture, des descriptions, même si les hasards et le destin agissent de façon quelque peu grossière. Mais c'est le genre qui veut cela.


Kashima
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Re: Classiques

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