Pour rire (vraiment ou soi-disant)

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Pour rire (vraiment ou soi-disant)

Message  Kashima le Ven 23 Déc 2011 - 13:01

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Le film Case départ, honni par la Saloperie de Dieudonné (c'est son prénom), ne pouvait pas être complètement mauvais s'il était critiqué par un tel homme : il aurait, selon lui, le défaut de traiter, sur le mode du rire, le sujet ô combien sérieux de l'esclavage des Noirs (qu'un intégriste comme le prétendu humoriste voudrait élever au rang de cause concurrente victimaire de la Shoah).

Case départ raconte comment deux frères antillais vont se retrouver en 1780 dans un rôle d'esclave. Pourquoi cette punition? Car ils ont déchiré l'acte d'affranchissement de leurs ancêtres, s'en moquant totalement. L'un des frères sort de prison, c'est une petite racaille de banlieue ; l'autre est très intégré, travaille dans une mairie, mais semble renier ses origines.
C'est assez mal ficelé, le scénario n'étant pas très solide, même si l'idée aurait pu être bonne, faisant penser un peu aux Visiteurs. Ce n'est pas un bon film, mais il ne ridiculise pas les esclaves noirs. L'esclavage n'est pas un génocide, ce n'est ni mieux ni pire, c'est autre chose - et les Juifs ont aussi connu des siècles d'esclavage : je ne crois pas que la concurrence de deux malheurs doit en faire triompher un. La Shoah est anéantissement organisé d'un peuple. En tentant de la minimiser, les antisémites militants ne feront pas triompher leurs causes décrétées : ils y nuisent en cultivant la haine.

Revenons à Case départ : il combat le racisme, aborde très rapidement celui de l'antisémitisme mais alors, question homophobie ordinaire, il est champion! Mais ça, ça ne choque personne. Le plus humiliable, le dernier des déportés n'était ni Juif ni Noir : il portait le triangle rose.
Une fois, la blague sur les homosexuels peut passer... Mais quand c'est récurrent dans un film ponctué par le complexe d'infériorité du gardien d'esclaves qui s'exclame à longueur de temps "Grosse bite", quand on fait dire aux personnages qu'ils sont revenus dans le passé pour racheter la faute d'un ancêtre qu'ils prétendent gay, quand on raconte une histoire d'homosexualité en prison (rassurez-vous, sans pénétration, parce qu'on peut être homo, mais pas trop) et que le frère s'éloigne par peur de la contagion homosexuelle, et j'en passe... là, on frôle le très mauvais goût.

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C'est donc assez raté... On ne prétend pas défendre une cause sur le ton de l'humour en remuant d'autres clichés, cette fois homophobes. Pour rire? Les meilleures blagues sont les plus courtes.
Le film reste à écrire de façon plus solide...
Mais on ne doit pas oublier que c'est une comédie qui a le mérite d'aborder ce fait historique, (mentionnant l'existence du Code noir) et non pour se moquer des esclaves.

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Tiens, revenons à l'Antisémite Dieudonné : pour servir son combat (qu'il rend indigne par sa propre haine des Juifs), il pense pouvoir faire rire avec la Shoah dans son film "pac'que y a pas d'raison qu'on rie pas de la Shoah". Ah oui, je cite :

"[Case Départ] a été fait par la même clique que DSK [sous-entendu, des Juifs, bien sûr]. Ils ont organisé le commerce, ils ont pris le pognon et maintenant ils se marrent."
"Croyez-moi, on va rigoler. Le titre, ça sera 'Soirée zouk à Treblinka', rebaptisé L'Antisémite. On peut rigoler de tout ! Le film sera interdit dans tout l'univers, et sera uniquement visible par les abonnés d'IAMDIEUDO.COM. Abonnez-vous et vous recevrez le DVD."

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Cet homme confond tout, il n'est pas un penseur, il se ressert de la rhétorique antisémite des années 30. De quoi s'entendre avec ses amis d'extrême-droite. Heil Dieudo!



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Kashima
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Mon père est une femme de ménage

Message  Kashima le Mar 14 Fév 2012 - 18:12

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Ce n'est pas d'une construction extraordinaire, il n'y a pas une véritable trame dans le sens qu'on voudrait connaître la résolution d'un problème : c'est juste l'histoire d'un garçon en 3e, dont le père fait des ménages, qui vit en banlieue et qui sort un peu du lot en s’intéressant aux livres.
Le film est court (1h16), mais fait souvent sourire ou rire.
J'ai beaucoup aimé le personnage de la soeur oisive, "prothésiste ongulaire", dont le but est de remporter un concours de miss. Il y a une scène hilarante, où elle répète dans la chambre de sa mère, devant la télé, son casting. Je n'avais pas ri comme cela depuis longtemps.
On suit ce garçon jusqu'au bac, son parcours, sa vie finalement ordinaire et comment, en montrant un peu de curiosité pour les études, on peut s'en sortir...

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"Mon père est femme de ménage" est d'abord un livre de Saphia Azzeddine, l'auteur de Confidences à Allah. Elle l'a porté à l'écran, produite par Nathalie Rheims :

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Interview de Paris Match :

Paris Match. Vous souvenez-vous de votre première rencontre ?
Saphia Azzeddine. En fait, on s’est vraiment connues quand Nathalie a créé sa maison de production et que je lui ai proposé le scénario de “Mon père est femme de ménage”. Nathalie et moi nous ne sommes pas du genre à se taper dans le dos à la première ­rencontre. D’abord, on doit se renifler.

Nathalie Rheims. Je ne suis pas facile à approcher. Je suis très réservée. Ce qui m’a plu en premier chez ­Saphia, ce sont ses livres. J’ai été très impressionnée par “Confidences à Allah”. Quand elle m’a apporté son scénario, ça a été le coup de foudre, comme dans une histoire d’amour. Soit je produisais ce film, soit je mettais la clef sous la porte. C’était clair dans ma tête.

Saphia, comment vous est apparu, pour la première fois, ce personnage d’homme de ménage ?
S.A. Il est né alors que j’étais toute seule chez moi à imaginer l’histoire d’un petit garçon. Et j’imaginais que son père, un homme digne, l’emmenait sur son lieu de travail, non pas pour le faire trimer, mais pour passer du temps avec lui et lui montrer Paris. Si, plus tard, il réussit à transcender sa condition, c’est beaucoup grâce à son papa. En fait, c’est un film sur la transmission.

Quel enseignement avez-vous tiré de cette première expérience ?

S.A. Je me suis, avant tout, découverte. Je me suis montré de quoi j’étais capable. J’ai appris à me taire quand il le fallait et à m’imposer quand c’était nécessaire. Sur un tournage, le plus épuisant, ce ne sont pas les contraintes techniques, mais les ­rapports humains.
N.R. Saphia a su s’affirmer, elle ne soupçonnait pas sa propre force !

La première fois que vous avez ­rencontré François Cluzet ?
N.R. Nous étions dans le même cours de théâtre, mais on a dû se ­croiser trois fois en trente ans. Quand je l’ai contacté, il a été séduit par le script mais, avant d’accepter, il voulait être sûr de tourner avec la bonne personne. Il a donc exigé de rencontrer Saphia.
S.A. Moi, j’avais été bluffée par sa performance dans “A l’origine”. Je ­voulais absolument que ce soit lui. Aussi, quand je l’ai vu, j’étais hyper motivée. Il s’est vite rendu compte que j’étais aussi perfectionniste que lui et que nous avions la même exigence. Ça a dû le rassurer puisqu’il a accepté le rôle… et la réalisatrice.

Quel sera votre… deuxième fois ?
N.R. Ma deuxième fois est là, sur mon bureau. C’est “La Mecque-­Phuket”, le nouveau scénario de Saphia. Ça ne m’intéresse pas de produire beaucoup de films, je préfère travailler avec des gens que j’aime.
S.A. Je suis très heureuse qu’une nouvelle aventure nous réunisse.
Cette fois-ci, le film racontera l’histoire de deux sœurs qui mettent de l’argent de côté pour offrir un pèlerinage à La Mecque à leurs parents. Mais, au final, elles vont prendre la ­cagnotte pour s’offrir un voyage en Thaïlande parce qu’elles n’en ­peuvent plus. Mon film part de la ­culpabilité et pose la question de savoir si l’on doit toujours demander pardon à Dieu ou si l’on doit, parfois, lui dire merci. Et moi, à Dieu, j’ai envie de lui dire merci !
N.R. Moi, depuis la mort de Claude Berri, je n’ai pas envie de lui dire merci, mais cela m’arrive quand même…

Kashima
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