Pierre Benoit

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Pierre Benoit

Message  Kashima le Lun 25 Juil 2011 - 11:51

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En l'honneur de l'anniversaire d'Ezechiel, j'ouvre un sujet sur Pierre Benoit après avoir lu mon troisième livre de lui, Le Puits de Jacob (les deux autres étaient Fabrice et Mademoiselle de la Ferté).

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Agar Mosés
est la dernière d'une famille de sept enfants et fait partie de la communauté juive de Balata (Turquie actuelle). Elle vit dans la misère et rêve sur les récits de la Thora.
Pour gagner de l'argent, elle se fait engager dans un atelier de couture. Un jour, en livrant une commande, elle se retrouve chez Lina de Marville, une chanteuse à succès. Celle-ci admire la beauté d'Agar et ses talents de couturière. Cette rencontre lance la jeune Juive dans le milieu du music-hall.
Parcourant les cabarets, elle obtient un cachet dans un village de Palestine (Caïffa) mais ne compte pas y rester longtemps. Un homme, Isaac Cochbas, vient régulièrement dans le cabaret où elle se produit. Il semble émerveillé par cette jeune femme qu'il aimerait faire venir au Puits de Jacob.

Qu'est-ce que le Puits de Jacob? Même si le mot n'est jamais prononcé, c'est un kibboutz, un domaine agricole qui réunit des forces juives afin de reconstruire le pays des origines, la terre promise.
Isaac Cochbas est un sioniste convaincu, qui a laissé le cabinet d'Edmond de Rothschild à Paris pour construire de ses mains la future Israël.
Le problème est que dans ce début de XXème siècle, les volontaires ne sont pas nombreux, et face aux difficultés rencontrées sur place, les bonnes volontés juives repartent en Europe.
Il est intéressant que soit brossé ce tableau des premiers colons juifs, sur une terre de Palestine qui était sous mandat britannique, qui n'appartenait pas à un peuple qui s'est dénommé depuis "palestinien" et qui a clamé qu'on lui a volé une terre dont il n'avait cure.
Que voit-on dans le roman de Pierre Benoit? Une poignée de Juifs engagés, prêts à casser les cailloux sur place, à faire pousser des vignes, à cultiver une terre laissée à l'abandon, qui se font déjà haïr des Bédouins sur place, qui passent à caravane et qui ne sont bons qu'à leur cracher dessus :

"Les Bédouins de Naplouse, plus encore que ceux d'Hébron, ont les sionistes en horreur. Chaque année, ils n'hésitent pas à faire vingt lieues pour aller à Jérusalem, le jour de la fête du prophète Nebi-Moussa, protester contre les spoliateurs."

Ils ravagent les cultures, assassinent des colons. Est-ce la jalousie de ne rien savoir faire de cette terre? En tout cas, Pierre Benoit ne prend pas ces positions. Il nous montre comment des gens engagés ont réussi, à force de courage, de travail, à faire vivre une terre.
A côté de cela, la vie au Puits de Jacob n'est pas assez développée à mon goût, car les deux tiers du roman se passent soit à Paris, soit dans d'autres villes, dans le milieu du spectacle. On sent Agar imprégnée de ses racines juives, mais qui ne sait pas toujours comment il faut agir au mieux pour soutenir la cause. Sa beauté la mène où la volonté des autres la porte, que ce soit celle du sioniste Isaac ou celle de Reine Avril, la danseuse.

Un petit rappel à propos de la déclaration Balfour de 1917 (p 116) :

"La Déclaration Balfour de 1917 est une lettre ouverte adressée à Lord Lionel Walter Rothschild (1868-1937), publiée le 2 novembre 1917 par Arthur James Balfour, le ministre britannique des Affaires Étrangères, en accord avec Chaim Weizmann, alors président de la Fédération Sioniste et qui sera élu en 1948 Président de l'État d'Israël. Par cette lettre, le Royaume-Uni se déclare en faveur de l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif. Cette déclaration est considérée comme la première étape dans la création de l'état d'Israël."


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Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civiques et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont les Juifs jouissent dans tout autre pays.

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Esther, héroïne biblique qui fait rêver Agar

Pierre Benoit maîtrise l'art du roman. En lisant Le Puits de Jacob, c'était limpide et linéaire comme du Zola, et vu le milieu décrit et les personnages mondains, j'ai eu aussi l'impression d'une atmosphère de Colette, renforcée par ce personnage de garçonne qu'est la jeune Guitelé: cette jeune fille, arrivée ne Palestine avec Agar, est éblouie par elle :

- Agar, murmurait-elle, d'une voix extasiée, comme tu es belle, mon Dieu.
La danseuse fit un geste pour se dégager. Son manteau glissa d'une de ses épaules. Elle apparut, demi-nue, dans sa splendide robe de nacre et d'or.
Guitelé poussa une exclamation sourde.


C'est tout de même érotiquement lesbien...
Mais revenons à nos sionistes. Tirées d'un article pas spécialement sympathique d'Immer Schulz (http://remi.schulz.perso.neuf.fr/gondol/jacob.htm), on apprend des choses intéressantes sur l'onomastique du roman :

"Donc Mosès c’est Moïse, Agar c’est « l’étrangère », dans la Bible la servante d’Abraham qui lui a donné Ismaël lors que Sara était stérile, avant la naissance d’Isaac. Cochbas fait allusion à Simon Bar Kokhba, « fils de l’étoile », nom de guerre pris par ce leader de la révolte contre les Romains qui s’acheva dans le sacrifice de Massada et une nouvelle destruction du Temple (70 de notre ère). L’étoile, c’est l’étoile de Jacob issue d’une prophétie biblique (Balaam dans le livre des Nombres) ; incidemment, c’est probablement à cause de cette révolte bien accueillie par le peuple qu’il est apparu dans les Evangiles le récit des Rois Mages, faisant de Jésus un autre « fils de l’étoile »…"


Il est intéressant de lire un récit sur la construction d'Israël, avant que la Shoah ait eu lieu. On ne peut pas taxer ainsi l'auteur de se servir de la catastrophe pour dire le malheur du peuple élu... Et déjà, on lit dans les lignes de Pierre Benoit combien le peuple juif a toujours été rejeté. Dès les premières lignes, à propos d'Agar :

"Avant de connaître les vicissitudes de la tragique et sombre race dans laquelle l'avait fait naître la destinée..." (p 8 )

Ce kibboutz appelé Puits de Jacob semble n'avoir jamais existé sous ce nom exact, mais il peut faire penser à ces communautés qui sont nées après la première aliya (1882-1904) :
"25 000 immigrants arrivèrent en Eretz Israël, par bateau, venant d'Europe orientale (Russie, Pologne, Hongrie, Lituanie et Roumanie) et par voie de terre depuis le Yémen.
Prônant le travail de la terre, les immigrants de la première aliya fondèrent plusieurs villages agricoles, notamment Rishon Letsion, Rosh Pina, Zikhron Yaacov, Mazkéret Batya, Yessod Hamaalah et Guédéra. Les nouveaux arrivants s'installèrent également à Pétah Tikva, puis dans de nouvelles localités comme Nes Tsiona, Rehovot, Hédéra, Mishmar Hayarden et Shefaya. Les immigrants juifs continuèrent aussi à affluer dans les villes, en particulier à Jérusalem et à Jaffa."

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Pierre Benoit évoque Richon le Zion, premier kibboutz où a travaillé Isaac Cochbas. Es-ce que Zikhron Yaacov serait notre Puits de Jacob?

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Music-hall et sionisme, les deux mamelles du Puits de Jacob!




Dernière édition par Kashima le Jeu 12 Avr 2012 - 15:51, édité 1 fois

Kashima
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Message  Ezéchiel le Lun 25 Juil 2011 - 15:02

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Bon travail

Message  Ezéchiel le Lun 25 Juil 2011 - 15:03

Malgré la LEM!

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La Châtelaine du Liban

Message  Kashima le Mar 10 Avr 2012 - 10:40

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“L’amour, plus qu’on ne le croit, est circonspect, et méfiant, et férocement lucide. On ne se fait guère d’illusion sur l’objet aimé. On aime, voilà tout.”

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Pentagramme

Message  Kashima le Jeu 12 Avr 2012 - 13:19

“Il symbolise la lutte de la sensualité et de l’esprit, et comme le nombre de ses branches est un nombre impair, il y a toujours un de ces deux principes qui est plus fort que l’autre. Grâce au pentagramme, nous devons parvenir à faire triompher celui des deux principes pour lequel nous avons le plus de goût.”


La Châtelaine du Liban, Pierre Benoit (p. 164)

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Re: Pierre Benoit

Message  Kashima le Jeu 12 Avr 2012 - 13:36

“Assez souvent, les romanciers vivent aux crochets de la réalité pour que, de temps en temps, celle-ci leur rende un peu la pareille.”
— La Châtelaine du Liban, Pierre Benoit (page 179)

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Les trois couleurs d’Athelstane, femme fatale

Message  Kashima le Jeu 12 Avr 2012 - 15:45

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Le capitaine Domèvre quitte le terrain des guerres pour devenir agent secret au Liban. Il est fiancé à Michelle Hennequin, une gentille jeune fille innocente, et doit se marier prochainement avec elle. Mais, dans les milieux diplomatiques qu’il fréquente, il croise une beauté sombre dans son manteau de satin noir (p.89) qui, voilée, le reconduit un soir chez lui. C’est Athelstane, la comtesse Orlof, dont la réputation est sulfureuse. Elle porte ce prénom viril, qui signifie "noble pierre", parce que ses parents s'attendaient à avoir un garçon.

Elle vit dans un château séculaire, Kalaat-el-Tahara, au cœur du désert, nom qui renferme, comme une ironie, la pureté :

« Château de la pureté, demeure maudite et sacrée, où j’ai passé quatre mois de ma vie que je ne renierai jamais, je ne vous en veux pas, je le répète encore, je le répèterai toujours, d’avoir été le décor dans lequel je me suis désagrégé. » (p.160)

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Domèvre n’a qu’une idée en tête : revoir cette femme splendide et mystérieuse, à « la cape de velours bleue, doublée d’argent » (p. 98) qui lui révèle une nuit, à l’instar d’une Shéhérazade qui possède plus qu’elle n’est captive, trois histoires : une rouge, une blanche, une bleue, chacune renfermant sa cruauté à l’égard des hommes qui la désirent… Comment Domèvre peut-il rester aveugle à tous les signes de sa future perte, annoncée dans maints symboles ? D’abord, l’amande double, appelée philippine, scelle l’union d’Athelstane et du capitaine et, s’il remporte cette manche, c’est pour mieux tomber dans ses griffes désirables. Il n’aura même pas à choisir de quel côté le fera pencher la cinquième branche du pentagramme qu’il porte sur son costume :

“Il symbolise la lutte de la sensualité et de l’esprit, et comme le nombre de ses branches est un nombre impair, il y a toujours un de ces deux principes qui est plus fort que l’autre. Grâce au pentagramme, nous devons parvenir à faire triompher celui des deux principes pour lequel nous avons le plus de goût.” (p.164)

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Athelstane n’agit pas en traître, elle prévient de cent façons l’homme qui s’est épris d’elle : ses amants furent trompés, assassinés, aimés, délaissés. Quel est le sort du capitaine ? L’héroïne du roman puise son inspiration dans les romans qu’elle-même a lus ! Le ministre de l’Intérieur russe, qui osa lui faire des avances qu’elle déclina d’une paire de gifles, croit se venger d’elle : il mourra dans un attentat perpétré par un jeune amant manipulé. Athelstane l’a lu chez Dumas, et elle justifie ainsi ses actes :

“Assez souvent, les romanciers vivent aux crochets de la réalité pour que, de temps en temps, celle-ci leur rende un peu la pareille.” (179)

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Gianna Maria Canale en Athelstane

Comme un miroir, dès le début du roman, le nom de la comtesse Orlof est associé à celui d’une autre femme, la défunte lady Stanhope, sorcière, au mieux magicienne sur les terres de Médée, « qui interrogeait les astres » (p. 164) :

« Elle semble avoir pris à tâche de mettre ses pas dans les pas de lady Stanhope. » (p.35)

« Te rendras-tu compte de ce que représente la femme qui dort là ? », demande, émue comme elle ne l'est jamais, Athelstane lors d’une visite des lieux où vécut lady Stanhope et de son tombeau, pèlerinage qui renforce la parenté existant entre ces deux femme, ne serait-ce que dans leur nom : la pierre noble et l'espoir de la pierre.

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Il faut lire ce livre de la chute annoncée, véritablement romanesque, le faire redécouvrir : il renferme le charme étrange des milieux mondains et diplomatiques, le mystère d’une femme fatale dont on est spectateur, ou presque prisonnier comme Domèvre, homme pris consciemment dans des filets, voyant venir le piège, et c’est bien là la fatalité : il ne peut ni ne veut rien faire contre ce qu’il sent arriver, incapable d’agir contre le désir, la froideur, la beauté d’Athelstane. De quelle couleur est son histoire avec elle ? De la couleur des trois histoires : du bleu mêlé au rouge, du blanc de l’hôpital où l’on interne ? Oui, de la couleur violette de la mer, qui l’a conduit, quatre mois auparavant, sur la terre du malheur…

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Mon coeur n'était pas fait pour ça

Message  Kashima le Jeu 12 Avr 2012 - 23:01

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Chanson de Juliette Greco pour le film La Châtelaine du Liban en 1956. Elle joue la danseuse Maroussia dans le film :

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Extrait du film (introuvable) : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

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Seigneur, j'ai tout prévu...

Message  Kashima le Sam 13 Aoû 2016 - 10:33

"Prévoir, prévoir ! qui peut donc le faire, se vanter d'y avoir seulement réussi une fois à demi ? Affirmer qu'on a tout prévu, n'est-ce pas le péché d'orgueil le plus insensé, un crime qui s'ajoute aux autres et les rend à tout jamais irrémissibles?"


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J'ai toujours trouvé ce titre incroyable! Il est tiré de Britannicus de Racine, et in nomine venenum...
Le roman s'ouvre sur un couple fantôme que voit passer le narrateur, puis on se retrouve des années auparavant dans la majestueuse demeure landaise d'Henri de Maisoncelles qui va bientôt se remarier avec Mahaut, une jolie femme de trente ans de moins que lui. Aude, sa fille unique et possessive, ne supporte pas l'idée de ce mariage et, quelques jours avant les noces, elle disparaît au Zimbabwé. Elle y reste cinq ans, jusqu'à ce qu'elle rencontre une connaissance de son père qui vient sournoisement lui apprendre que celui-ci n'est peut-être pas aussi heureux qu'on le pense, car sa femme le trompe. Ce n'est pas dit aussi clairement, mais Aude n'hésite pas à revenir à Arcachon, dans la demeure familiale.
Le lecteur sent que quelque chose se trame (car le titre le lui a annoncé). Il ne sait pourtant pas comment vont se dérouler les choses. Il sait qu'Aude a étudié les plantes en Afrique et a même, par hasard, découvert un terrible poison.
Comme dans une tragédie de Racine, l'étau se resserre autour de Mahaut, cette belle femme qui accepte assez facilement que son mari rencontre le notaire pour lui donner une grosse part de sa fortune, prise à Aude, l'héritière. Autour des Maisoncelles gravite aussi un personnage très peu attachant, une sorte de lâche gigolo, Eugène Laërte : il est l'amant de Mahaut et voulait, autrefois, épouser Aude. Il n'est jamais loin des femmes fortunées...
Le roman ne déborde pas, les sentiments sont retenus. Chacun tente de rester dans sa mesure, et Aude de Maisoncelles, dont on pourrait attendre une terrible vengeance de sorcière, garde figure humaine.
Un roman à lire pour découvrir l'univers de Pierre Benoit.
"Nos ennemies, à nous, femmes infortunées, ne nous suffisent pas. Il nous faut encore celles de nos amants et de nos maris."

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Re: Pierre Benoit

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