Ossip Mandelstam, victime de l'épuration stalinienne

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Ossip Mandelstam, victime de l'épuration stalinienne

Message  Invité le Mer 29 Déc 2010 - 20:20

Ossip Mandelstam est l'un des principaux représentants de l'acméisme (avec Anna Akhmatova), dans le cadre de « l'âge d'argent » que la poésie russe connaît peu avant la révolution d'Octobre.


Gueorgui Tchoulkov, Maria Petrovikh, Anna Akhmatova, Ossip Mandelstam, dans les années 1930

"En définissant l'acméisme comme « la nostalgie de la culture universelle », il donne la clef de sa propre poésie, qui actualise par la musique du mot l'univers intemporel de la culture pérenne où celui-ci plonge ses racines.

Il rejette le symbolisme russe. C'est pourquoi dans son œuvre une place centrale est accordée au mot considéré comme phénomène acoustique et aussi comme réalité architecturale : « les mots sont des pierres, "voix de la matière" autant que matière de la voix ».



la disparition tragique du poète Mandelstam est l’un des moments les plus sombres de l’épuration - systématique, raisonnée - de la vie culturelle de l’empire soviétique. Staline, son instigateur, veilla ainsi à ce que cette mort anonyme loin de Moscou n’éveille aucun écho susceptible d’ébranler ce “colosse aux pieds d’argile” dont il détenait le destin entre ses mains. Cependant, la mémoire des hommes est pareille à une source d’eau vive : on l’imagine tarie mais elle affleure et rejaillit plus fraîche et plus pure qu’avant. Le poète et son oeuvre connurent un long purgatoire comme ce fut longtemps le cas des oeuvres des opposants au régime et seule l’oralité (son épouse Nadejda apprit par coeur tous ses textes jugés les plus subversifs) permit à ses poèmes de circuler et de faire entendre la voix exceptionnelle de ce résistant de l’esprit qui osa s’opposer à Staline, “le Montagnard du Kremlin” comme il le baptisa dans l’un de ses poèmes signant de ce fait son arrêt de mort.

Cet immense poète ne sera pleinement connu et enfin reconnu internationalement que dans les années 1970, plus de trente ans après sa mort, quand ses œuvres sont publiées en Occident et en Union soviétique.

Sa veuve Nadejda Mandelstam publie ses propres mémoires, Espoir contre espoir (1970) et Fin de l’espoir (1974), qui décrivent leur vie et l’ère stalinienne. Cela Contre tout espoir comme l’écrira Nadejda, il aura opposé sa voix, car selon Varlam Chalamov : « il ne vivait pas pour la poésie, il vivait par elle. Et maintenant il était évident, il était clair de façon perceptible que l'inspiration, c'était la vie : il lui était donné de savoir avant de mourir que la vie, c’était l’inspiration, oui, l'inspiration. »"