Les amours de Xavier Dolan

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Les amours de Xavier Dolan

Message  Kashima le Mar 28 Déc 2010 - 15:48

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Jeune réalisateur et acteur, Xavier Dolan est l'auteur du film J'ai tué ma mère où il raconte les rapports tendus et passionnels entre un jeune homme et sa mère.
Un des passages marquants du film est ce moment où il lui crie violemment, avant de monter dans son bus qui l'amène au pensionnat :
"Qu'est-ce que tu fais si je meurs aujourd'hui??"
Elle ne lui répond pas, mais quand il s'est éloigné, elle dit, à part, tout bas : "Je meurs demain."

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Une autre scène à ne pas manquer est celle où il rentre voir sa mère en pleine nuit, complètement drogué sous l'effet du speed, et qu'il lui déclare son amour.

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Ce film sonne très vrai mais, ce qui est difficile, hormis cette violence verbale entre le fils et la mère, c'est l'accent canadien! On ne comprend pas tout, malheureusement, des sous-titres auraient été utiles.
Récemment, il a sorti Les Amours imaginaires :

“L’histoire de Francis et Marie, deux amis qui, épris de la même personne, se livrent à un duel malsain pour la conquérir. De rendez-vous en rendez-vous, la tension monte et, bientôt, chacun interprète de manière obsessionnelle les comportements ambigus et destructeurs de l’objet de leur désir.”

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Un cinéma frais et homosexuellement libéré!
Prochain film avec Louis Garrel, sur un transexuel : Laurence anyways


Interview dans Têtu (18 mai 2009) :

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TÊTU: Quel est l'histoire de ce film?
Xavier Dolan: C'est un fils qui tente de retrouver la relation harmonieuse qu'il avait jadis avec sa mère. Mais toutes ses tentatives sont assez vaines parce que le gouffre de différence et d'incompatibilité qui les sépare est très vaste. Ils se retrouvent sans cesse confrontés à leurs différences, que ce soit au niveau des goûts, des valeurs, des personnalités... Mais il y a quand même un espoir de réconciliation et de retrouvailles.

Est-ce que l'homosexualité du fils est une des raisons de leur conflit?
Le fait qu'il soit gay n'a aucun lien avec le fait qu'il soit révolté contre sa mère. Dans le film, l'homosexualité est un trait de personnalité accessoire, presque superficiel. Le fait qu'il soit gay donne lieu à quelques scènes de confrontation, mais c'est loin d'être le nœud de l'histoire. Il serait d'ailleurs faux de dire que c'est un jeune homosexuel qui se révolte contre sa mère, c'est davantage un film sur les relations mère-fils. Il s'avère qu'il est gay, mais il pourrait être noir ou juif, ça ne changerait rien.

Ce film est-il en partie autobiographique?
C'est autobiographique dans le sens où j'ai moi-même eu une relation houleuse avec ma mère et que, maintenant que je vis seul, on s'est rapproché. Il y a eu un épisode adolescent de ma vie qui a été caractérisé par ma révolte contre ma mère et contre les différences abyssales qui nous divisaient.

En quoi le petit copain du personnage est important dans le film?
Il est important parce que lui, il a une relation symbiotique avec sa mère, ce qui est évidemment un parallèle un peu irritant pour le personnage, qui jalouse ce duo. C'est un peu ce qui le pousse à essayer de se rapprocher de sa mère.

Pourquoi avoir voulu faire un film sur la différence?
La différence est à l'origine de tout, quand on y pense, et elle m'obsède encore plus chez celui qui la juge que chez celui qui la vit. J'adore la manière qu'ont les esprits obtus d'ostraciser la différence. Je trouve que c'est une cruauté très représentative de la société moderne, et je pense en parler dans tous mes prochains films.

Vous êtes actuellement à Cannes pour présenter votre film, qu'attendez-vous de votre passage au festival?
Je vais faire l'émission de Laurent Ruquier, ce serait vraiment un honneur pour moi parce que j'aime beaucoup son émission sur France 2 (rires). Après Cannes, je vais attaquer mon deuxième film, qui sera une coproduction avec la France. Une grande actrice française devrait d'ailleurs jouer dedans. C'est également un scénario que j'ai écrit et qui parle de transsexualité, mais celui-là n'est pas du tout biographique. C'est encore une fois un film sur la différence. C'est une histoire d'amour passionnelle entre deux personnes, dont l'amour tranquille est bouleversé par la volonté d'un homme de devenir une femme, et la décision de sa femme de le suivre jusqu'au bout.

Propos recueillis par Samuel Pradier. Photos: Clara Palardy.

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Les Amours imaginaires

Message  Kashima le Dim 6 Mar 2011 - 10:14

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Pour lui, il est un dessin de Cocteau.

Pour elle, il est le David de Michel-Ange :

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Francis et Mary, deux amis, tombent amoureux de Nicolas. Ils passent beaucoup de temps tous les trois ensemble, espérant, sans se déclarer, avoir les faveurs de ce charmant garçon dont ils sont épris.

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A côté du temps qu'ils passent avec Nicolas, on les retrouve au lit, de toutes les couleurs, avec d'autres, en attendant que leur amour devienne réel. Mais Nicolas, pourtant très chaleureux, semble faire celui qui ne voit rien.
Chacun croit aimer ce qu'il ne peut avoir. Le film est d'ailleurs entrecoupé de témoignages sur des histoires finies, virtuelles ou impossibles, qui éclairent ce que vivent Francis et Mary.
Beaucoup de chansons viennent appuyer aussi ce qui n'est pas dit :
Bang bang en italien, thème du film... 3e sexe,The Knife pendant que Nicolas danse, lors d'une fête, avec sa mère :

"I'm in love with your brother
What's his name?
I thought I'd come by to see him again
And when you two danced
Oh, what a dance
And when you two laughed
Oh, what a laugh"


Un film gay, par la regard du réalisateur, les choix musicaux, les couleurs, le kitsch moderne...

Petit clin d'œil de Louis Garrel à la fin, et on imagine les deux amis retomber exactement dans le même piège...


Exactement...

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Les amours imaginaires

Message  Kashima le Mar 10 Avr 2012 - 8:19

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Laurence anyways

Message  Kashima le Mar 10 Avr 2012 - 8:22

Prochain film :

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"On y voit Melvil Poupaud transformé de dos. Avec les ongles qui poussent à droite… et de l’autre côté non. Dilemme entre sa vie d’homme et de femme ?"
Sortie mai 2012

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Laurence anyways

Message  Kashima le Dim 25 Nov 2012 - 21:28


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Souffle coupé après avoir vu ce film!
C'est l'histoire d'un amour fou et finalement impossible... Si l'on s'attend à voir un film où il est question de transsexualisme et de la difficulté à changer de sexe, on se trompe.
Laurence, jeune prof et écrivain, vit avec Fred : un jour, il lui annonce qu'il veut devenir femme car c'est ce qu'il a toujours été.
On ne peut pas dire que c'est cette décision qui met à mal leur amour : comme le dit Laurence, à la fin, transformation ou pas, leurs vies se seraient séparées. Le vrai problème d'identité se pose peut-être à un moment pour Fred, qui se voit tout à coup dans le rôle d'une femme qui aimera une femme. L'habileté de Dolan, c'est qu'il nous raconte une vraie histoire d'amour, forte, passionnée, qui dépasse les genres et les sexes, comme il a su si bien le faire dans son film précédent.
Du kitsch, de la musique en tous genres, des acteurs (une actrice, Suzanne Clément!) qui y vont à fond, en rajoutent, changent autant de fois qu'il est possible en 2h47... Un cinéma dont on ne peut plus se passer. Même les personnages secondaires sont intéressants.
Il y a une scène, parmi d'autres, que j'ai particulièrement aimée : c'est celle où le fils annonce à sa mère, Nathalie Baye, qu'il va changer de sexe :

DivShare File - Annonce_à_la_mère.avi

Il y a aussi cette dispute sur l'Île au noir, où Laurence et Fred ont toujours rêvé d'aller :

DivShare File - Dispute.avi

Faut-il, pour être heureux, devenir gris...?

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Tom à la ferme

Message  Kashima le Dim 25 Nov 2012 - 21:38

Tom à la ferme, prochain long métrage de Dolan


Le créateur de la pièce de théâtre Tom à la ferme, Michel Marc Bouchard, a annoncé l’intention de Xavier Dolan d’adapter à l’écran sa pièce. Le scenario serait adapté à deux mains, celle du créateur et celle de Xavier Dolan. Le quatrième long métrage de Xavier Dolan sera donc une adaptation de l’histoire bouleversante de Tom, un jeune publicitaire, moderne et urbain, qui se rend en province aux funérailles de son amant décédé dans un accident de la route. C’est sur une ferme laitière et isolée qu’il rencontre pour la première fois la mère du défunt. Elle n’a aucune idée de qui il est ni de ce qu’il a vécu avec son fils. Tom découvre alors l’autre réalité fabriquée par celui qui n’est plus là : celle d’un homme amoureux d’une femme nommée Ellen. Pour ne pas décevoir sa mère, le frère du défunt contraint Tom, par la menace et les coups, à participer à la supercherie. Tom en quête d’exorcisme de son deuil devient étrangement fasciné par ce que lui fait subir Francis.


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College boy - Indochine

Message  Kashima le Ven 3 Mai 2013 - 18:58

Superbe clip de Dolan :


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La chanson College Boy, du groupe français Indochne, évoque la difficulté d'assumer son homosexualité chez les jeunes. «C'est vraiment une chanson sur l’homophobie», disait à TÊTU (n°186) le chanteur du groupe, Nicolas Sirkis. Il racontait: «L'histoire de cette chanson est simple : au sein de ma maison de disques, il y a un groupe qui s’appelle Sexion d’Assaut et qui a tenu des propos extrêmement violents et homophobes. La réaction de leur label qui a voulu étouffer l’affaire m’a consterné. Et je me suis senti assez mal à l’aise. Cette chanson parle de tout cela. De toute cette homophobie qui monte dans ce pays et qui me terrifie.»

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Tom à la ferme

Message  Kashima le Dim 11 Mai 2014 - 14:10

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Le film s'ouvre sur un texte écrit à l'encre bleue sur du papier mouchoir : ce sont des mots d'amour et de tristesse qu'absorbe une texture de buvard. Tom a perdu celui qu'il aime. Il meurt de ce chagrin et ne trouve plus les synonymes du mot tristesse. Son message se termine par le verbe "remplacer" qui n'apparaît par hasard dans cet avant-générique...
La chanson, reprise des Moulins de mon coeur par Kathleen Fortin, donne des frissons nés avec cette écriture que le papier imbibe, et les images à l'écran sont de vastes paysages de campagne d'Amérique du Nord : Tom le citadin, qui travaille dans le milieu de la publicité, se rend à la ferme pour les funérailles de son amant.

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Arrivé sur place, personne ne répond. Il s'endort et bave sur la table de la cuisine. Agathe, la mère, arrive. Elle ne s'affole pas de l'intrusion de cet inconnu. Qui est-il? Tom, un collègue de travail de son fils mort... Il n'est pas question qu'il dise qui il est vraiment. La première nuit qu'il passe à la ferme, d'ailleurs, il reçoit la désagréable visite du frère de son amant mort, Francis. Le ton est donné : il le menace, le brutalise. Hors de question que soit évoquée ici l’homosexualité du frère (pas une fois dans le film ne sont prononcés aucun mot de ce genre : pas de gay, de pédé, d'homosexuels, absolument rien).
Au départ, Francis n'a pas de visage. Même si ça ne dure pas longtemps, on ressent très vite une peur face à cet individu qu'on sent prêt à tout, violent et bizarre. C'est un grand barbu avec qui on n'a pas envie d'en découdre, un paysan rustre...

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Le premier réflexe de Tom est de fuir de cet endroit mais, par un mécanisme étrange, il va s'attacher à son agresseur, cet homme violent, lui trouvant des excuses sur son comportement et prenant part activement à ce qui lui arrive. Une des chansons s'appelle justement Le Syndrôme de Stockolm. Francis a su lui montrer un autre côté de lui. Dans l'étable, Tom et Francis dansent au corps-à-corps d'une façon qui rapproche Tom de lui, comme s'il était sa fiancée.
En seulement trois semaines, Tom se sent un membre de la famille. Le manque de son amant mort, le désespoir, le fait que le frère lui ressemble, ait sa voix, la faiblesse passagère provoquée par le deuil, l'alternance d'attention et d'agressivité de la part de Francis, tout contribue à le rendre prisonnier de cette ferme où il n'a rien à faire.

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Xavier Dolan est toujours très beau, ici avec ses longs cheveux blonds et ébouriffés. Malgré quelques petites choses attendues, comme à la fin, malgré le fait que tout aurait pu être plus angoissant avec un tel sujet, c'est un film à voir, un bon thriller psychologique qui montre les failles humaines. On n'est jamais déçu avec Dolan (dont le prochain film, Mommy, est dans la sélection officielle de Cannes.)

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Mommy

Message  Kashima le Mer 29 Oct 2014 - 13:38

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Un chef d'oeuvre! La deuxième fois où j'ai vu ce film, je l'ai encore plus aimé que la première, et je pense qu'à chaque visionnage de Mommy , on ne peut l'aimer que toujours plus.

Diane va chercher son fils dans un centre fermé, suite à un accident : il a mis le feu et un patient a été brûlé gravement. C'est fini, ils n'en veulent plus, et Diane va devoir amener chez elle son fils, s'en occuper à plein temps, à moins qu'elle accepte de l'abandonner légalement dans un hôpital, ce à quoi elle ne veut pas se résoudre.

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Dès son apparition à l'écran, Diane est déjà à elle seule tout un poème : cette veuve est volontaire, sans gêne, très impulsive et d'une vulgarité qu'on oublie très vite tellement elle devient attachante. Steve a seize ans ; il aime sa mère follement, mais il est atteint de problèmes de comportement très graves et d'un trouble de l'attachement. Il entre dans des crises effrayantes. La première dispute à la maison est d'une telle violence que Diane est obligée de se défendre en le frappant et de se cacher derrière une porte, en attendant qu'il se calme. Le problème, c'est qu'elle a peu de psychologie et prend toujours frontalement son fils, comme quand elle refuse le collier qu'il lui offre en lui ordonnant d'aller le rendre, l'accusant de l'avoir volé.

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Suite à cette dispute, Kyla, leur voisine, entre dans leur vie. Elle panse le jeune homme. A partir de ce moment, Steve va évoluer entre ces deux femmes : le calme et la patience de l'une compense l'impulsivité et l’exubérance de l'autre. La scène où Kyla se confronte à Steve et le "mate" est terriblement forte, elle est le pilier de leur relation à venir.

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Le film apparaît à l'écran dans un carré qui s'élargit quelquefois en rectangle, quand Steve va mieux, s'améliore. Il tire avec ses deux mains les extrémités de l'écran en criant "liberté!". Va-t-il s'en sortir, protégé par sa mère et cette voisine qui le considère comme son fils, bien qu'elle ait une famille elle aussi ? Diane et Steve l'aident à se sortir de son traumatisme (on devine qu'elle a perdu son enfant, mais on n'en saura pas plus, et elle bégaie depuis ce malheur).

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Anne Dorval (Diane) m'a époustouflée! Son jeu est incroyable, son naturel est éblouissant. On a même l'impression parfois que certaines scènes sont improvisées tellement elles semblent "vraies" (par exemple, lorsqu'elle discute de sa vie, un soir, avec Kyla, autour de plusieurs verres). Avec Steve et Kyla, elle forme un trio comme on en voit rarement au cinéma, car aucun ne fait de l'ombre à l'autre, mais chacun donne encore plus de force aux deux autres.
Steve se comporte parfois autrement que comme un fils, désireux de protéger sa mère. C'est l'homme de la maison, son père est mort. Il aime démesurément sa mère et pressent ce qui peut être mal pour elle, comme ce voisin avocat, prétendument serviable, qui ne rêve que de la mettre dans son lit.

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Tout est fort, sans moment creux, tout au long du film, d'un bout à l'autre, et c'est aussi profondément désespéré, alors que Diane est une femme qui ne perd jamais espoir. On rit, aussi, et les instants de bonheur sont tout aussi beaux que ceux où l'on n'y croit plus pour Steve. J'ai trouvé particulièrement poignant le moment où mentalement, Diane se projette dans l'avenir de son fils, tout comme la scène du karaoké, ou la discussion finale avec Kyla, où Diane, malgré la profonde tristesse de la situation, fait comme si de rien n'était et en rajoute dans une feinte joie de vivre. C'est une femme forte, qui ne s'écroule jamais devant les autres, quitte à se leurrer...
Ce film méritait plus que le prix du jury à Cannes : la palme d'or!

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Juste la fin du monde

Message  Kashima le Mer 28 Sep 2016 - 19:58

Au préalable, je rappelle que je suis une inconditionnelle de ce réalisateur dont je trouve toujours le cinéma très touchant : Mommy,  film coup de poing ; Les Amours imaginaires, si juste sur les sentiments amoureux ; Laurence anyways, ovni très sensible.

J'écoute par hasard la bande-annonce de Juste la fin du monde à la radio, me refusant à lire les critiques, en bien ou en mal, pour me faire ma propre idée, mais je m'attends à pleurer, à être touchée, à respirer toute la subtilité de son cinéma. Je m'éverve un peu face aux vagues échos négatifs.
Les premières minutes me plaisent assez mais, déjà, la scène de rencontre avec la belle-fille incarnée par Marion Cotillard ne me passionne pas : je trouve les personnages (dont celui du frère) pas très justes, et la sensation se confirme au fil du film.
Les "grands acteurs français" embauchés pour ce film ne le servent pas, mais le gâchent : Cassel joue excessivement son numéro de Cassel, au point que ses excès gomment toute subtilité. On sent qu'il y a un malaise, quelque chose de profond, mais ce qqch est détruit par ce moi-moi-moi Vincent-Cassel-grand-acteur-voyez-comme-je-joue-bien-les-êtres-rustres-et-blessés (on la pressent, cette subtilité, on la voit juste à la surface de ce qui se joue à l'écran, mais cela est voilé par le jeu) ; Seydoux en ado tardive à la maison n'est pas des plus convaincantes non plus (je ne parle pas de Cotillard, épidermique...).
Le film tient sur Nathalie Baye et Gaspard Ulliel. La première est vraiment géniale dans le rôle de la mère.
J'ai pleuré une fois (mais c'est ma maladie de la nostalgie) pour un retour sur le passé. Pour le reste, je suis restée spectatrice, avec assez de distance, alors que j'étais crispée, dans l'attente des beaux moments.
Même la fin n'est pas très subtil : l'oiseau meurt à l'écran... certes... Il aurait suffi de le laisser voler dans la maison, comme présage de mort : le spectateur aurait compris.
C'est le film de Xavier Dolan que j'aime le moins, à ce jour. Il aurait gagné à faire jouer des acteurs qu'on ne connaît pas et à mieux travailler les non-dits.
Un tel sujet aurait dû me bouleverser : je ne le suis pas. Autant Mommy m'avait poursuivie longtemps après ma sortie de la salle de cinéma, autant j'ai oublié assez vite Juste la fin du monde. Dommage...

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Re: Les amours de Xavier Dolan

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