1%, 4%, 10% d'homosexuels en France… qui dit mieux ?

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Combien de pourcents d'homosexuels en France selon vous?

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1%, 4%, 10% d'homosexuels en France… qui dit mieux ?

Message  Solene le Dim 17 Oct 2010 - 21:44

Voilà un article que je viens de lire sur Rue 89

1%, 4%, 10% d'homosexuels en France… qui dit mieux ?
Par Blandine Grosjean | Rue89 | 17/10/2010 | 18H12


Le nombre fait la force, d'où la tendance bien compréhensible des organisations à gonfler leurs troupes. Alors qu'une énorme enquête britannique jette un froid dans la communauté outre-Manche, la question des chiffres français est entourée d'un flou pas très scientifique.

Edith Cresson, alors Première ministre, avançait le taux de 25% d'homosexuels parmi la population anglaise masculine. Forcément, le chiffre qu'annonce l'Office nationale des statistiques (ONS) risque de décevoir les anglophobes-homophobes : à peine plus de 1% des Britanniques se disent homosexuels, et 0,5% bisexuels.

Pour cette enquête effectuée auprès de 450 000 personnes âgées de plus de 16 ans, les chercheurs ont retenu le critère « d'identité sexuelle », c'est-à-dire la manière dont les personnes interrogées se définissent elle-même, jugé le plus pertinent. D'autres études, notamment en France, intègrent aussi l'attirance, les pratiques, l'orientation…
« Si peu d'homos, vraiment ? » se demande Têtu

Les associations de défense des homosexuels et le gouvernement anglais estimaient jusqu'alors que 6% de la population étaient homosexuelle ou bi. Certains allaient jusqu'à 7%…

Stonewall, la principale organisation de défense des gays, a accueilli les résultats de l'ONS avec circonspection. Interrogée par la revue Pink News, Ruth Hunt, directrice-adjointe des relations extérieures s'est félicitée que ce travail, réclamé par les associations, soit enfin publié. Ajoutant cependant :

« Il faut prendre des chiffres avec prudence. C'est la première fois que les gens ont été directement interrogés, nous nous attendons à ce que ces chiffres augmentent. »


En France, dans un article intitulé « Si peu d'homos, vraiment ? » le magazine gay Têtu (partenaire de Rue89) ne cache ni la déception, ni les inquiétudes que lui inspire cette enquête :

« Un parlementaire conservateur, Philip Davies, s'est empressé de dénoncer “une attention démesurée accordée à l'orientation sexuelle dans les questions de diversité, alors que la proportion de personnes concernées n'est pas aussi importante que ce qu'on croit”. »

Tabou sur l'homosexualité… ou sur les chiffres ?

En France, la communauté homosexuelle serait bien plus nombreuse… tant que personne n'a démontré le contraire. Le magazine avance le chiffre de « 5% à 10% » d'homosexuels dans notre pays.

La source ? Jérôme Fouquet, directeur-adjoint du département opinions de l'Institut français de l'opinion publique (Ifop), qui obtient ce chiffre en recoupant les données récoltées sur « d'autres études ».

Mais il n'en dit pas plus : en vertu de la « persistance d'un tabou social sur l'homosexualité », il n'y aurait aucun travail comparable à celui mené par l'ONS, affirme le sondeur.

Selon Têtu, « une enquête visant à recenser le nombre d'homosexuels n'a encore jamais été entreprise en France ».
« Dans le micro milieu parisien bac+5… oui, 10% »

Et bien si. L'enquête « Contexte de la sexualité en France » (CSF) datant de 2007, menée auprès de 12 364 personnes fait référence, tant par sa méthode que par ses auteurs : Nathalie Bajos (Inserm), Michel Bozon (Ined), Nathalie Beltzer (ORS).

Contrairement à l'étude anglaise, le document n'avance pas un chiffre global concernant l'homosexualité -son objet était de guider l'élaboration des politiques de prévention des maladies sexuellement transmissibles.

C'est une bonne illustration du flou sur ce sujet. Les chercheurs choisissent de ne privilégier aucune définition de l'homosexualité, de ne pas trancher entre pratiques, attirance, orientation, etc. Et au critère « d'identité sexuelle » on préfère « l'autodéfinition » : « Les identités, ça n'existe pas », tranche Michel Bozon.

L'enquête CSF a invité les personnes interrogées à situer leur sexualité sur un gradient allant de l'hétérosexualité exclusive à l'homosexualité :
4% des hommes comme des femmes déclarent avoir déjà eu des pratiques sexuelles avec un partenaire du même sexe.

Attention : ça ne fait pas 4% d'homosexuels dans la population, loin de là : beaucoup, par exemple, n'ont connu ces expériences que dans leur adolescence.

Dans le détail, en France :
4,0% des femmes et 4,1% des hommes de 18 à 69 ans déclarent avoir déjà eu des pratiques sexuelles avec un partenaire du même sexe.
Parmi les personnes qui rapportent avoir déjà eu des pratiques homosexuelles, 13,4% des femmes et 12,4% des hommes ne rapportent de telles expériences qu'avant l'âge de 18 ans.
Seuls 0,3% des femmes et des hommes n'ont eu au cours de leur vie des pratiques sexuelles uniquement avec des personnes du même sexe.
3,9% des femmes et 6,2% des hommes déclarent avoir ressenti de l'attirance pour une personne de même sexe
1% des femmes et 1,6% des hommes ont eu une relation sexuelle avec une personne du même sexe au cours des douze derniers mois.
0,5% des femmes et 1,1% des hommes se définissent comme homosexuels
0,8% des femmes et 1,1% des hommes se disent bisexuels.

C'est vrai qu'à Paris, « dans le micro-milieu des bac+5, entre 40 et 50 ans, on trouve bien entre 10 à 15% d'homosexuels », se moque Nathalie Bajos (Inserm). Ce qui explique que ce taux tout rond continue de circuler comme une vérité révélée dans les rédactions, celle de Rue89 par exemple.

Car à Paris :
6,0% des femmes et 7,5% des hommes habitant dans l'agglomération parisienne déclarent avoir déjà eu des pratiquessexuelles avec une personne de même sexe, contre respectivement 3,2% et 2,9% pour celles et ceux qui habitent dans des communes rurales.
Les pourcentages enregistrés dans l'agglomération parisienne atteignent leur maximum chez les femmes de 40-49 ans (8,1%) et chez les hommes de 35-39 ans (6,6%), et plus encore chez les Franciliens de ces âges qui déclarent un niveau d'étude supérieur à Bac+2 (11,4% et 14,6% respectivement), ce qui traduit en partie les parcours sociaux particuliers que doivent emprunter les personnes homo-bisexuelles pour vivre dans des environnements plus tolérants.
« On cherche à nous minorer, à nous effacer »

Sur la méthodologie, Michel Bozon explique :

« Il y a toujours un écart énorme entre les personnes qui se définissent comme homosexuelles et celles qui disent avoir des pratiques homosexuelles.

Et il y a encore plus de personnes qui se reconnaissent dans le critère “attirance envers”. On ne s'en tient pas aux chiffres de l'autodéfinition qui sont des chiffres intéressants, mais trop éloignés des pratiques. C'est abstrait. »


Sur la question des chiffres, de ses utilisations et des enjeux :

« En période de mobilisation, les associations, les ONG ont un lien extrêmement lâche et peu rigoureux avec la statistique. Il s'agit de défendre la cause, l'accusation est sous-jacente : “On cherche à nous minorer, nous effacer.”

Il y a des intérêts économiques, de marketing à dire que les homos c'est un groupe bien identifié, avec un pouvoir d'achat, des désirs très particuliers.


Nous, les chercheurs, sommes très mal placés, nous n'avons pas le même point de vue. On sait que ça ne vaut jamais la peine de gonfler ou d'inventer un chiffre. Mais qu'avoir des chiffres rigoureux permet de passer à l'essentiel. »

Quand on aime, on ne compte pas

Bref, il y aurait en France moins de 1% d'homosexuels si l'on retient le critère choisi par les Anglais de l'ONS. Ca fait peu en pourcentage bien sûr, mais rapporté à la population française adulte… On vous laisse calculer.

Nicolas Gougain, porte-parole de l'Inter-LGBT cité par Têtu, estime d'ailleurs que « connaître le nombre d'homosexuels en France n'a pas grand intérêt » :

« Pas besoin de mesurer le nombre de personnes concernées pour avancer sur la question de l'égalité des droits. »


Mais c'est justement pour avancer sur la question de l'égalité des droits que les associations anglaises avaient réclamé l'étude menée par l'ONS…

Quand on aime, on ne compte pas… Voila une chute facile pour une polémique franco-française qui se rejoue d'ailleurs sur d'autres terrains d'étude sensibles : les violences faites aux femmes, l'origine ethnique des élèves, des délinquants.


Voilà, je suis déprimée pour la semaine !

Solene
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Re: 1%, 4%, 10% d'homosexuels en France… qui dit mieux ?

Message  Kashima le Dim 17 Oct 2010 - 22:08

J'ai toujours dit 10%...

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Si la la situation outre-Rhin peut te rassurer Soléne?

Message  Invité le Dim 17 Oct 2010 - 22:11

"Le 21 juillet 2010, le tribunal constitutionnel de Karlsruhe a déclaré contraire à la constitution l'avantage sur l'impôt à l'héritage des couples mariés. Ils bénéficiaient d'une réduction d'impot à laquelle ne pouvait pas prétendre les couples homosexuels en « Lebenspartnerschaft », un PACS à la française. Il s’agit d’une alternative au mariage pour deux personnes obligatoirement de même sexe, qui désirent voir leur union validée par l'Etat. Crée en 2001 par la coalition SPD -Verts. Cette union est réservée aux homosexuels suite aux pressions des institutions religieuses, et en vertu de la protection du mariage inscrite à l'article 6 de la constitution: « le mariage et la famille sont sous la protection de l'Etat ». Les plaignants, un homosexuel et une lesbienne, étaient les seuls héritiers de leurs deux concubins respectifs. Les discriminations sexuelles perdent ainsi peu à peu du terrain. Auparavant, la différence d'imposition sur l'héritage était frappante. Lorsque le survivant marié, devait payer en fonction de la valeur de l'héritage de 7 à 30% d'impôt, un homosexuel payait 17 à 50%. Dans le cas de l'héritage, le tribunal constitutionnel de Karlsruhe a considéré qu'il ne portait pas atteinte au devoir fondamental de la protection du mariage par l'Etat. Le mariage est considéré comme une institution centrale, il est encouragé par rapport à la relation concubine par des taux d'imposition spécifiques. Le taux est fixé en fonction du statut familial, célibataire ou marié, du nombre d’enfants, et du revenu du foyer. Le mariage donne des avantages fiscaux dont sont privés les autres couples, non-mariés ou homosexuels.

Parmi les 21 millions de couples en Allemagne, 88,5% sont mariés. Le pourcentage de couples s’étant dit « oui » a diminué de 4% depuis 1996. L'âge moyen pour se marier est de 32,6 ans pour les hommes, et 29,6 pour les femmes. Le droit de divorce, et le droit de ne pas se marier subsistent aussi dans les droits fondamentaux."


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Re: 1%, 4%, 10% d'homosexuels en France… qui dit mieux ?

Message  Solene le Dim 17 Oct 2010 - 22:20

J'ai toujours dit 10%...

Moi aussi...

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Re: 1%, 4%, 10% d'homosexuels en France… qui dit mieux ?

Message  Nicole le Dim 17 Oct 2010 - 23:51

Solene a écrit:
Kashima a écrit:J'ai toujours dit 10%...
Moi aussi...
Bien plus à mon avis -- d'autant que je doute que les réponses à ces questions soient très claires. Si je prends mon propre cas, comme je l'ai expliqué je-ne-sais-plus-où je ne me définis pas par rapport à ça : si d'aventure on me posait la question je ne pourrais fatalement répondre ni homo, ni bi, ni hétéro puisque dorénavant je m'en fiche et que sexe comme genre ne rentrent plus dans aucun de mes critères de sélection...

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Re: 1%, 4%, 10% d'homosexuels en France… qui dit mieux ?

Message  Johnny le Lun 18 Oct 2010 - 10:33

Et en France, combien d'hommes lesbiens ?
Blague à part, au niveau mondial, il y aurait 10% d'homosexuels... maintenant, si on doit faire des calculs au niveau des Etats, on n'est pas sorti de l'auberge...

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Re: 1%, 4%, 10% d'homosexuels en France… qui dit mieux ?

Message  Solene le Mar 19 Oct 2010 - 15:36

J'avais toujours entendu dire "entre 8 et 10%" mais je ne sais pas comment ce chiffre a été trouvé... Il me semble qu'en France, il est interdit de demander au gens leur orientation sexuelle dans les sondages.

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Re: 1%, 4%, 10% d'homosexuels en France… qui dit mieux ?

Message  Kashima le Mar 19 Oct 2010 - 16:03

Ce que dit Nicole là-dessus me semble expliquer les choses.

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Re: 1%, 4%, 10% d'homosexuels en France… qui dit mieux ?

Message  Johnny le Mar 19 Oct 2010 - 16:27

Solene a écrit:J'avais toujours entendu dire "entre 8 et 10%" mais je ne sais pas comment ce chiffre a été trouvé... Il me semble qu'en France, il est interdit de demander au gens leur orientation sexuelle dans les sondages.
Et l'origine ethnique aussi, à la différence des USA (mais là-bas, je ne crois pas que demander l'orientation sexuelle soit requis non plus).

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Re: 1%, 4%, 10% d'homosexuels en France… qui dit mieux ?

Message  Nicole le Mar 19 Oct 2010 - 16:58

Kashima a écrit:Ce que dit Nicole là-dessus me semble expliquer les choses.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] Bah je n'ai rien dit !

Bon, sans rire, ça me fait toujours un peu frémir ces histoires de mettre les gens dans des boîtes -- même si je ne vois pas d'inconvénient intrinsèque à ce que l'on s'y mette soi-même.

M'est avis que lorsqu'une société commence à comptabiliser ses homos, ses Arabes, ses Juifs, ses communistes, ses Tsiganes et toute autre forme de ce qu'elle considère comme communauté en son sein, elle ne prend plus en compte l'individu -- donc l'intérêt de la vie humaine. Pas bon signe, l'Histoire nous le prouve et reprouve sans discontinuer...

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Re: 1%, 4%, 10% d'homosexuels en France… qui dit mieux ?

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