Littérature portugaise

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Littérature portugaise

Message  Kashima le Lun 6 Oct 2008 - 8:46

De retour du Portugal, j'ai très envie d'en connaître les auteurs classiques et d'en savoir plus sur l'histoire de ce pays dans lequel je compte retourner. Je veux lui rendre hommage ici.

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Le premier auteur qui m'attire, c'est Fernando Pessoa. Sur la quatrième de couverture de L'Education du Stoïcien, on peut lire :
'Si Le Livre de l'intranquillité est le livre du désespoir, L'Education du stoïcien est le livre du suicide - non seulement d'un homme, mais d'un créateur se heurtant à ses propres limites.'



Fernando António Nogueira Pessoa est un écrivain et un poète portugais, né le 13 juin1888 à Lisbonne, ville où il meurt le 30 novembre1935.


Prolifique et protéiforme, Pessoa est un auteur majeur de la littérature de langue portugaise et de la littérature mondiale (il est traduit dans un grand nombre de langues). Il crée une œuvre poétique multiple et complexe sous différents hétéronymes en sus de son propre nom : Alberto Caeiro qui incarne la nature et la sagesse païenne, Ricardo Reis l'épicurisme à la manière d'Horace, Alvaro de Campos le « modernisme » et la désillusion, etc. Bernardo Soares, auteur du Livre de l'intranquillité, est considéré par lui comme son semi-hétéronyme, plus proche de l'auteur orthonyme. Il signe aussi quelques textes en prose sous son propre nom, comme Le Banquier anarchiste.



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De son vivant il a régulièrement publié dans des revues littéraires portugaises et en a créé une, avec un autre poète, Mário de Sá Carneiro, la célèbre Orpheu, il a publié aussi deux textes en anglais et, exception notable, un seul livre important : le recueil de poèmes 'Message', en 1934. A sa mort, on découvrit 27543 textes enfouis dans une malle que l'on a exhumés peu à peu. Le Livre de l'Intranquilllité n'a été publié qu'en 1982 et son Faust en 1988. Tous ces manuscrits se trouvent désormais à la Bibliothèque nationale de Lisbonne. Il a la particularité d'être également anglophone pour avoir passé une bonne partie de son enfance à Durban (Natal, Afrique du Sud) où son beau-père avait été nommé consul du Portugal. Il y avait fait de brillantes études à la High School de Durban et avait réussi l'Intermediate Examination in Arts (l'examen d'entrée) à l'Université du Cap de Bonne-Espérance en 1904, juste avant de rentrer chez lui à Lisbonne, ville qu'il ne quittera plus jusqu'à sa mort. Le portugais deviendra, cependant, la langue de sa grande créativité. Il affirmera avec force 'ma patrie est la langue portugaise'.


En 1985, pour le cinquantenaire de sa mort, ses restes sont transférés au jour anniversaire de sa naissance au monastère des Hiéronymites (Mosteiro dos Jerónimos) à Lisbonne. Depuis cet hommage national officiel, il repose à quelques mètres des cénotaphes de Luís de Camões et de Vasco de Gama, et en 1986 il fut représenté sur les billets de banque portugais de 100 escudos.


(source : Wikipedia)


1) L'Education du Stoïcien [size=7](22 août)


Le Baron de Teive a décidé de se suicider. Il nous livre ses notes dont il n'est pas parvenu à faire une oeuvre totale. Le sous-titre du livre est d'ailleurs De l'Impossibilité de créer un art supérieur.


Je dois sûrement raisonner en romantique, comme il le dit dans l'appendice intitulé Trois pessimistes :


'Le romantique rapporte tout à lui-même, ce qui le rend incapable de penser objectivement. ce qui lui arrive, à lui, doit aussi arriver à la totalité des choses. S'il se sent triste, c'est le monde entier qui non seulement lui semble, mais qui est réellement une vaste erreur.' (p.80)


Voici donc ma lecture de L'Education du Stoïcien :


Une des premières idées que je retiens concerne justement les poètes romantiques. Le Baron reproche que leur pessimisme naisse d'une raison basse, l'insatisfaction sexuelle. Il pense que si Vigny, Leopardi et Quental (auteur portugais du XIXème) avaient été satisfaits sexuellement, leur oeuvre n'aurait pas été ce qu'elle est :


'Comment rester sérieux devant cet argument qui est à la base de l'oeuvre de Leopardi : 'Je suis timide avec les femmes, par conséquent Dieu n'existe pas'? (p. 69)


Lui-même n'a pas réussi à vivre d'amour à cause du scrupule : 'Le scrupule est la mort de l'action', affirme-t-il page 51. Mais ce qu'il n'a pas fait par timidité, par peine, d'autres se sont chargés de le faire, et les femmes qu'il a renoncé à séduire l'ont été par d'autres moins scrupuleux.


L'idée de départ de son livre est que l'intelligence rend malheureux car elle empêche de vivre. On ne peut être moral et intelligent à la fois :


'Pour être indiscutablement et 'absolument' moral, on doit être quelque peu stupide. Pour être absolument intellectuel, on doit être quelque peu immoral.' (p.23 ) Le Baron, possédant ces deux qualités à l'excès', ne peut que décider de mourir. Un autre conflit qui 'brûle l'âme' et empêche de vivre est celui du 'besoin émotionnel de croyance et l'impossibilité intellectuelle de croire' (p.39).


La conclusion de son Education est admirable. Il se fait gladiateur, mais il sera à la fois vainqueur et vaincu, partant du principe que dans l'arène, celui qui est tué est le vaincu, celui qui tue le vainqueur : en plongeant lui-même le glaive en son sein, il sera les deux :


'Gladiateur asservi et contraint, voici mon épée qui, si elle sert, sera ma défaite, et qui sera, si je la rejette, ma liberté ; (...) m'avouant vaincu, je m'institue vainqueur.' (pp.72-73)


Dernière édition par Kashima le Sam 5 Juin 2010 - 11:23, édité 1 fois

Kashima
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Le Livre de l'Intranquillité

Message  Kashima le Lun 6 Oct 2008 - 8:49

2) Le Livre de l'Intranquillité


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Le Livre de l'Intranquillité a pour narrateur un autre hétéronyme de Pessoa, Bernardo Soarès, simple agent-comptable qui nous livre ses pensées. Cette Autobiographie sans événements se compose de 383 fragments où il est question de l'écriture, de l'ennui, du rêve, de la mort… J'avais l'impression de lire le Cioran portugais. Comme ce n'est pas un roman ou une œuvre linéaire, j'écrirai ci-dessous les pensées les plus significatives ou qui m'ont le plus touchée :



« Il me faut choisir entre deux attitudes détestées – ou bien le rêve, que mon intelligence exècre, ou bien l'action, que ma sensibilité a en horreur. » (2)



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« Il y a ceux que Dieu lui-même exploite, et ce sont les prophètes et les saints dans le vide immense de ce monde » (7)



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« Nous sommes deux abîmes face à face – un puits contemplant le Ciel. » (11)



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« Où est l'avantage de rêver des princesses, plutôt que la porte d'entrée de mon bureau ? » (13)



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« Ce que j'écris et qui est mauvais, je le sais bien, peut néanmoins apporter à son tour quelques instants de distraction » (14)



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« Dans mes rêves, je suis semblable au coursier et à la cousette. Je ne me distingue d'eux que parce que je sais écrire. » (18 )



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Pour sa beauté poétique : « Plus jamais, parmi le tintement des lances dans une cour ignorée, et même si les chevaliers s'en revenaient un jour, sur la route aperçue depuis la crête du mur – plus jamais ne règnerait la paix dans le Manoir des Ultimes, et il resterait seulement le souvenir, de ce côté-ci de la route, de celle qui, le soir, berçait de contes mauresques l'enfant, mort depuis ce temps-là, et l'enchantait de vie et de merveilles. » (19)



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« Un souffle léger de musique ou de rêve, n'importe quoi pour nous faire presque sentir, n'importe quoi pour nous empêcher de penser. » (28 )



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Définition de la mort : « Le cadavre me fait l'impression d'un costume qu'on abandonne. Quelqu'un est parti, sans éprouver le besoin d'emporter son seul et unique vêtement. » (40)



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« De même que nous lavons notre corps, nous devrions laver notre destin, changer de vie comme nous changeons de linge » (42)



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« Vivre une vie cultivée et sans passion, au souffle capricieux des idées, en lisant, en rêvant, en songeant à écrire, une vie suffisamment lente pour être toujours au bord de l'ennui, suffisamment réfléchie pour n'y tomber jamais. » (45)



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« Comprendre, c'est oublier d'aimer. (…) On ne peut aimer ou détester une chose qu'après l'avoir comprise. » (48, inspiré de Leonard de Vinci)



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« Parler avec les gens me donne envie de dormir Seuls mes amis imaginaires, appartenant à un monde spectral, seuls les entretiens se déroulant en rêve possèdent pour moi une réalité véritable » (49)



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« Une simple invitation à dîner avec un ami me cause une angoisse difficile à définir (…), cette seule idée me gâche les pensées de toute une journée (et parfois même de la veille), je dors mal, et la chose réelle, quand elle se produit, se révèle totalement insignifiante, ne justifie en rien mon appréhension, mais la même histoire se répète sans cesse, et je n'apprends jamais à apprendre. » (49)



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« Ce qui est maladif, c'est de désirer avec la même intensité le nécessaire et le désirable, et de souffrir de son manque de perfection comme on souffrirait du manque de pain. » (53)



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« J'emporte avec moi la conscience de ma défaite, comme l'étendard d'une victoire. » (54)



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« Tout vient du dehors, et l'âme humaine à son tour n'est peut-être rien d'autre que le rayon de soleil qui brille et isole, du sol où il gît, ce tas de fumier qu'est notre corps. » (58 )



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« Un amour est un instinct sexuel ; malgré tout, nous n'aimons pas avec notre instinct sexuel, mais en partant de l'hypothèse d'un autre sentiment. » (66)



« Je ne suscite aucune sympathie fervente. Personne n'éprouvera jamais pour moi d'amitié chaleureuse. C'est pourquoi tant de gens peuvent me respecter. » (77)



"On raconte que Sigismond, roi de Rome, ayant commis une faute de grammaire dans un discours public, répondit à quelqu'un lui faisant la remarque : 'Je suis roi de Rome, et au-dessus de la grammaire.' Et l'histoire raconte que le nom lui est resté de Sigismond 'super grammaticam'. "(84)



"Mieux vaut, oui, mieux vaut être pour toujours la limace humaine qui aime et qui ignore, ou la sangsue, répugnante sans le savoir. Qu'ignorer soit notre vie! Que sentir nous donne l'oubli!" (90)



"Non, il n'est pas de regret plus lancinant que le regret des choses qui n'ont jamais été! (...) Quel passé mort je porte en moi, et qui n'a jamais existé en dehors de moi!' (92)

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José Saramago

Message  Kashima le Lun 6 Oct 2008 - 8:49

José Saramago accompagne ma lecture du Livre de l'Intranquillité, qui peut se lire par bribes. Qui est-il?


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Né le 16 novembre 1922 en Azinhaga (Portugal), c'est un écrivain et journaliste portugais qui reçut en 1998 le prix Nobel de littérature. Il est le seul portugais décoré du Grand-Collier de l'ordre de Sant'Iago de l'Épée à ce jour.



Il présente dans plusieurs de ses œuvres des reconstitutions d'événements historiques en soulignant le facteur humain de ces événements plutôt que de présenter une version historique officielle. Certaines de ses œuvres peuvent également être vues comme des allégories.....

Il vit actuellement dans les îles Canaries (Espagne). Saramago est membre du Parti communiste portugais depuis 1969. Il est athée et se décrit lui-même comme un pessimiste. Ses positions ont provoqué la controverse au Portugal, notamment après la publication de L'Évangile selon Jésus-Christ.

Les romans de Saramago présentent souvent des scénarios fantastiques : dans Le Radeau de pierre (1986), la péninsule ibérique se sépare de l'Europe et dérive sur l'Atlantique ; dans L'Aveuglement (1995), un pays entier est frappé par une épidémie de cécité ; dans L'année de la mort de Ricardo Reis (1984), un des hétéronymes de Fernando Pessoa survit un an après la mort du poète.....

Actuellement, José Saramago est fortement engagé dans le mouvement altermondialiste, participant aux forums sociaux mondiaux et étant l'un des signataires du Manifeste de Porto Alegre. Il s'est également engagé dans la contestation de la version officielle des attentats du 11 septembre 2001.



Source : Wikipedia



Le Dieu Manchot, José Saramago



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Le roi João V a promis l'édification d'un grand couvent si un enfant lui est donné. Nous sommes au XVIIème siècle, au Portugal Balthazar, surnommé Sept-Soleils, a perdu une main à la guerre. Comme lui dira le père Bartolomeu, il a ce point commun avec Dieu :



« je suis le seul à dire que Dieu n'a pas de main gauche, puisque c'est à sa droite que s'asseyent les élus, (…) personne ne s'assied à la gauche de Dieu, c'est le vide, le néant, l'absence, d'où il résulte que Dieu est manchot. » (73)



Balthazar rencontre, lors d'un autodafé, Blimunda, une jeune femme dont la mère est accusée de sorcellerie. Ils ne vont plus se quitter. Leur route croise celle du père Bartolomeu qui s'est mis en tête de construire un objet volant, une passarole. Tous trois se lancent dans cette entreprise démesurée : Balthazar se sert de son crochet, qui remplace sa main, pour travailler ; Blimunda, possédant le don de lire dans le corps des gens quand elle est à jeun, est chargée de recueillir les "volontés", ces nuages clos qui se cachent dans chaque homme et qui permettront, unis à l'ambre, de faire voler la machine :



« qui vole haut, à tomber de haut se condamne » (109)



C'est d'ailleurs au moment de la faire voler que Bartolomeu se sent comme un « rêveur à la veille d'être dépossédé de son rêve » (209)



Qu'adviendra-t-il de ces trois personnages?



A travers le Portugal des années 1700, on voit de grandes processions de Carême, des Fête-Dieu durant lesquelles le narrateur, qui montre souvent sa présence par des sorties du récit et qui se plaît à mélanger, à l'intérieure d'une même et longue phrase, les points de vue, passant du "il" au "je" et n'estimant pas nécessaire l'utilisation des guillemets pour mettre à part les parties du discours, nous livre des phrases telles que :



« Peu manger purifie les humeurs, souffrir un peu nettoie les coutures de l'âme. » (33)



Il donne parfois des preuves de sa présence, comme dans cette phrase où il met au jour les mécanismes de la création :



« Ils dirent simplement adieu, rien de plus, les uns sont malhabiles à composer des phrases, les autres à les entendre, mais avec le passage du temps il se trouvera toujours quelqu'un pour imaginer que ces choses eussent pu être dites, ou pour feindre qu'elles le furent et, grâce à cet artifice, les histoires deviennent plus vraies que les événements véridiques qu'elles retracent » (150)



Sur le pouvoir de l'auteur, on peut lire aussi :



« Il est impossible que Blimunda ait eu cette pensée subtile, mais pourquoi pas, qui sait, nous ne sommes pas au-dedans des gens, nous ne savons pas ce qu'ils pensent, nous ne faisons que prêter nos propres pensées au cerveau d'autrui et ensuite, nous disons, Blimunda pense ceci, Balthazar pense cela, peut-être leur avons-nous attribué en imagination nos propres sensations » (378)



Saramago a la patience et l'habileté de décrire en une dizaine de pages un épisode marquant de la construction de la basilique de Mafra : le roi exige que l'autel ne soit formé que d'une seule et même pierre. Il faut aller la chercher, elle pèse 31 tonnes! Des hommes, des bœufs y perdent la vie. Et un jour, pris d'un caprice, le roi veut faire agrandir cette basilique qui n'est pas encore achevée : on enrôle des hommes de force pour venir à bout de cette vanité :



«si Dieu avait eu pitié des hommes, il eût créé un monde aussi plat que la paume de la main. » (287)



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On voit mourir cruellement les taureaux aux courses dans une mise en scène, ancêtre de la corrida.



L'amour de Balthazar et de Blimunda est comme une évidence et ne s'essouffle jamais. Elle a juré de ne jamais regardé au-dedans de lui et garde son pouvoir pour les autres.



Il faut une très grande concentration pour ne pas perdre le fil et ne pas se laisser décontenancer par l'impression que parfois, il ne se passe rien.



On trouve à de nombreux détours de pages une belle phrase, sorte de proverbe, comme :



« Qui sait si tout ce que nous voyons n'est pas le nuage clos de Dieu. » (162)



ou bien



« l'on ment parfois pour sauvegarder des vérités plus hautes » (114)



ou encore



« Chaque chose au monde porte en elle sa réponse, ce qui prend du temps ce sont les questions. »



La lecture est longue et dense, mais l'écriture est belle bien que déroutante J'ai eu du mal à le lire, ce qui ne m'était pas arrivé depuis longtemps. Ce qui m'a plu dans ce livre, c'est la "magie" qui se greffe sur l'Histoire, celle de l'objet volant avec les nuages clos et celle de Blimunda, capable de voir dans les hommes, et je me suis attachée au couple amoureux qu'elle forme avec Balthazar.

A ne lire que si l'on est patient et pas féru d'action. Une très belle fin...

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Légendes et récits du Portugal

Message  Kashima le Lun 6 Oct 2008 - 8:50

Légendes et récits du Portugal, Alexandre Herculano



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"L'alcaïde de Santarem" est le premier récit. Le calife de Cordoue vit dans son palais. Il a deux fils, Abdallah et Al-Hakem, et c'est ce dernier qui doit lui succéder.

Al-Muulin, le Triste, une sorte de prophète, prévient Abdallah de cette succession et l'incite à se rebeller et à se rendre pour cela au palais Azzahrat mais, dans le même temps, il prévient le calife et lui dit qu'il devra tuer son fils Abdallah s'il veut sauver son royaume...


"Douaire selon le droit d'Espagne"

Voir [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]


"Le château de Faria"

Nuno Gonçalves est fait prisonnier des Castillans. Il refuse que son château soit livré à l'ennemi, au prix de sa vie...


"La voûte"

Afonso Domingues a combattu au côté de Dom Joao 1er, puis est devenu l'architecte de Santa Maria de Vitoria. Malheureusement, en vieillissant, il a perdu la vue et n'a pas pu finir son oeuvre car, le roi croyant bien faire, lui a donné une pension et a confié le travail à un architecte irlandais, maître Ouguet. Mais la voûte va s'écrouler...


Dernière édition par Kashima le Mer 29 Oct 2008 - 11:37, édité 2 fois

Kashima
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Luis de Camoes

Message  Kashima le Lun 6 Oct 2008 - 8:51

Les Lusiades, Camoes
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Luís Vaz de Camões, dit « le Camoëns », né vers 1525 et mort en 1580 à Lisbonne, est un poèteportugais. Il est l'auteur de poèmes dans la tradition médiévale (redondilhas) ou pastorale, de sonnets inspirés de la Renaissance italienne, et de l'épopée nationale de Lusiades (en 1572 mais aurait déjà été achevée en 1556).....

Grand poète, cet auteur fait l'objet d'un véritable culte de la part du peuple portugais en général, et des gens de Lettres en particulier, un peu comme Shakespeare en Grande-Bretagne. Son nom est toujours cité avec révérence et gravité.

L'épopée des Lusiades est associée au renforcement du sentiment national portugais et a contribué à son essor.....

Il est considéré comme le plus grand poète du Portugal et un des plus grands de l'humanité. Son génie est comparable à celui de Virgile, de Dante ou de Shakespeare. Parmi ses œuvres, l'épopée des Lusiades est la plus représentative.....

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Sa date et son lieu de naissance sont incertains, mais on estime qu'il est né aux environs de 1525 à Constançia, près de Santarem, d'une famille d'origine galicienne pauvre qui s'était d'abord établie dans le centre (Sentarem) et il s'est rendu à Lisbonne. Son père était Simão Vaz de Camões et sa mère Ana de Sá Macedo.

Entre 1542 et 1545, il vit à Lisbonne, délaissant les études pour fréquenter la cour de dom João III, où il se fit une renommée de poète. Il vécut quelque temps à Coimbra où il doit avoir suivi les humanités, peut-être au monastère de Santa Cruz, où il avait un oncle prêtre, dom Bénto de Camoens. On n'a pas de trace d'un passage du poète à Coimbra. En tout cas, la culture raffinée qui ressort de ses écrits fait de la seule université du Portugal en ce temps l'endroit où il est le plus probable qu'il a étudié.



On lui prête plusieurs amours, non seulement avec des dames de la cour mais même avec l'Infante en personne, Da. Maria, sœur du Roi D. Manuel I. Il serait tombé en disgrâce, au point d'être exilé à Constáncia. Il n'existe pas, cependant, le moindre fondement documentaire. Il eut une vive passion pour une grande dame, la comtesse de Linhares, D.Violante de Andrade, ce qui le fit exiler à Santarém ; dans son désespoir, il se fit soldat et alla combattre en Afrique ; il perdit un œil d'un coup de feu devant Ceuta, ou à cause d'une flèche. Ne recevant aucune récompense ni aucun encouragement dans sa patrie, le jour du « Corpo de Deus » (Corps de Dieu) de 1552, il blessa au cours d'un combat un certain Gonçalo Borges. Arrêté, il fut libéré par lettre royale de rémission le 7mars1552, et s'embarqua pour servir aux Indes dans l'armée de Fernando Álvares Cabral, le 24 du même mois. Il partit en 1553 pour les Indes.



Il resta quelque temps à Goa, puis fut exilé à Macao, pour avoir censuré le vice-roi dans une satire. Dans cet exil, il composa le poème qui l'a immortalisé, les Lusiades (ou Lusiadas), où il chante la gloire des Portugais (en latin ludlani), les exploits et les découvertes de Vasco de Gama.



Au bout de cinq ans, il fut rappelé de son exil, assailli par une tempête, il fit naufrage sur les côtes de la Cochinchine en retournant à Goa. On raconte qu'il se sauva à la nage, tenant dans sa main hors de l'eau le manuscrit de son poème.

Se voyant en butte à de nouvelles persécutions, il quitta l'Asie et revint à Lisbonne en 1569. II y publia son poème ; mais il n'obtint aucune des faveurs qu'il devait espérer, et languit dans la misère : un esclave javanais allait, dit-on, pendant la nuit, recueillir pour lui des aumônes dans les rues de Lisbonne, on croit qu'il mourut à l'hôpital, en 1579,un an avant le roi Sébastien Ier ; la légende dit qu'au moment de mourir, il aurait eu ces mots :

« Avec moi meurt le Portugal. »



Source : wikipedia

Kashima
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Les dix chants des Lusiades

Message  Kashima le Lun 6 Oct 2008 - 8:52

Voici mes notes de lecture, ce que j'en ai retenu :

Chant I

Les Lusitaniens (Portugais) embarquent pour les Indes sous la direction de Vasco de Gama. Les divinités se disputent : Bacchus ne voit pas d'un bon oeil cette expédition qui risque de lui enlever la gloire d'être honoré en Inde, Vénus défend Gama car, en tant que mère d'Enée et ancêtre de Romulus, elle chérit les Lusitaniens, retrouvant 'en eux des vertus de l'antique Rome, sa tant aimée : même vaillance au coeur, même étoile' (33).
Ils arrivent au Mozambique où ils rencontrent des Maures. Bacchus prend l'aspect d'un d'entre eux et manipule leur chef pour qu'il trahisse ses hôtes lusitaniens. Quand le bateau vogue vers le Nord, Vénus le sauve du naufrage. Après avoir passé Quiloa, ils arrivent à Mombasa :
'Le message qu'apporte les habitants est d'amitié, mais le venin s'y dissimule, car leurs pensées sont hostiles' (105).

Chant II
Vénus supplie Jupiter d'aider Gama. Il envoie Mercure qui conduit son bateau à Mélinde, où il est accueilli par un roi que l'on peut comparer à Alcinoos qui reçut Ulysse lors de son odyssée. Il lui demande de raconter ses aventures et les 'rares exploits accomplis par les Portugais.' (111)

Chant III
'Tu me demandes, ô Roi, de conter, en révélant la noble généalogie de mon peuple ; tu ne me demandes pas de conter une histoire étrangère, mais tu me demandes de louer la gloire des miens.' (3)
C'est ainsi que Gama entame son récit de l'histoire des Lusitaniens.

Le premier roi était Alphonse, 'qui mena aux Sarrasins telle guerre que ses armes sanglantes, sa force et son génie firent perdre à maints d'entre eux et la vie et les terres.' (23)

Puis Henri, fils d'un roi de Hongrie, 'reçut en lot le Portugal'. (25) Il est le père d'Alphonse Henriques, le roi portugais né à Guimaraes et resté célèbre dans les romans de chevalerie de l'époque. Il n'hérite pas encore du royaume car sa mère, Thérèse, se remarie et le frustre de son héritage. Il fait sa mère prisonnière et prend le pouvoir. Il combat les Maures, fait de nombreuses conquêtes pour son pays jusqu'à ce qu'à Badajoz, terre de Leon, il trouve de la résistance :
'Mais le Dieu puissant, qui réserve de longue date le châtiment du coupable, et le diffère parfois, (...) ne le laisse pas cette fois échapper aux malédictions de sa mère captive.' (69)

Sanche, son fils, lui succède.

Jusqu'à la la fin du chant V, il est question des différents rois portugais qui se succèdent.
Dans ces pages nous est racontée l'histoire d'Inès de Castro, La Reine morte mise en scène par Montherlant, noble espagnole qui fut couronnée reine du Portugal après sa mort. :
Lorsqu’il devient roi du Portugal en 1357, Pedro 1er annonce au pays qu’il a secrètement épousé Inès, faisant ainsi d’elle la reine du Portugal. Celle-ci avait été tuée par son père Alphonse IV, car Pedro ne voulait pas d'autre femme qu'elle et délaissait son épouse. La parole du roi fut et est encore de nos jours la seule preuve de ce mariage. Selon la légende, il fit déterrer le corps d'Inès. Revêtue d'un manteau de pourpre et assise sur le trône de la reine, Inès fut couronnée et Pedro obligea tous les grands du royaume à lui baiser la main. Il fit poursuivre les trois assassins d'Inés, qui sont capturés et torturés.



Au chant VI, on revient au présent et au voyage de Gama pour atteindre les Indes.
Un très beau passage montre comment Gama est secouru encore une fois par Vénus. Alors que Bacchus est parvenu à convaincre les vents de se déchaîner contre le navire, Vénus appelle les nymphes de la mer et demande à chacune de séduire qui Borée, qui Notus...
'De cette façon, chacune des autres nymphes apprivoisait soudain son amant : bientôt tous se rendaient à la belle Vénus, adoucissant leur ire et leur fureur.' (VI, 91)

Arrivés à Calicut, au chant VII, ils sont gentiment accueillis par un mahométan qui parle leur langue et leur raconte les moeurs et les divisions de la société : d'un côté, les riches, les Naires, de l'autre, les pauvres, les Parias, qui ne doivent pas entrer en contact avec les Naires. La polygamie est de coutume, ils ne mangent pas de chose vivante, et seuls les Naires combattent. (37-41)
Il conduit Gama auprès du Samorin, le roi. Le Lusitanien porte le message de son roi : il veut faire un traité avec les Indiens. Le Samorin ne donnera sa réponse qu'après avoir consulté le conseil. A l'aube, il se fait conduire sur le bateau portugais où il est reçu par le frère de Vasco, Paulo.

Chant VIII
Paulo énumère les héros et exploits lusitaniens mais, quand le Samorin retourne à terre, Bacchus est apparu en songe à l'un des prêtres indiens et les haruspices ont lu de mauvais présages sur les étrangers qui devraient les soumettre...
Vasco de Gama parvient à convaincre le Roi qu'il n'est pas un traître.

Chant IX
Les Lusitaniens repartent chez eux, emportant des otages mahométans et des marchandises que Moçaïde, l'Indien qui les avait accueillis dès leur arrivée, leur a forunies. Ce dernier part au Portugal avace eux pour se convertir au christianisme :
'Bienheureux Africain que la clémence divine tira ainsi d'épaisses ténèbres, et qui, si loin de sa patrie, trouva la voie de la Patrie véritable!' (15)
Vénus veut récompenser Gama et son équipage. Elle projette de les faire se reposer sur une belle île... Son fils Cupidon observe les hommes et constate que 'personne n'aime ce qu'il doit aimer, mais seulement ce qu'il désire à tort.' (29)
Ils repartent ensuite au Portugal.
J'apprends que ce chant IX a été souvent interdit à la jeunesse car il était jugé érotique. (cf. Le Cul de Judas, p 36)

Le chant X nous conte la suite de l'histoire du Portugal. et ses conquêtes.

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C'est l'Odyssée portugaise, et Gama en est l'Ulysse chrétien.
Les références païennes abondent dans un monde que les Lusitaniens veulent convertir au catholicisme.
Un classique qu'on devrait plus lire en France.

Kashima
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Vergilio Ferreira

Message  Kashima le Lun 6 Oct 2008 - 8:52

Apparition, Vergilio Ferreira
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(Melo, Gouveia, Serra da Estrela, 1916 – Lisbonne, 1996). Les longues années passées au séminaire (1926-1932) laisseront des traces profondes et seront racontées dans un très beau roman, Matin perdu (publié en 1954, et dont la traduction française a obtenu le prix Femina étranger en 1990).
Licencié en philologie classique, il fut longtemps professeur dans l'enseignement secondaire. La trajectoire de Vergilio Ferreira va du néo-réalisme en vigueur dans les années quarante-cinquante à l'existentialisme sartrien dans lequel il s'engagera pendant de longues années. Son œuvre comprend des essais (notamment sur Sartre, Camus, Malraux et Foucault), des nouvelles et de nombreux romans. En 1980, il débute un journal, Conta-Corrente, dont les volumes sortiront régulièrement jusqu’à sa mort.
'Dans Alegria Breve, publié en 1965, son héros, Jaime Faria, reste seul dans son village désert auprès du corps de sa compagne qu'il vient d'enterrer lui-même sous un vieux figuier. Il revit les grands moments de son existence. Il attend. Il écrit. Avec en toile de fond la Serra da Estrela couverte de neige... Son livre le plus émouvant est sans doute Pour toujours (1983) : Paulo, le narrateur, au seuil de la vieillesse et de la mort, retourne « pour toujours » dans la maison de son enfance, à présent déserte et désolée, peuplée des seuls fantômes du passé ; revenu de toutes ses illusions, il pose un regard lucide et nostalgique sur le monde et sa propre vie.'(Guy Léger, Magazine littéraire, 2000).

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Alberto Soares a perdu il y a peu son père. Apparition, c'est celle de la personne que l'on est, qu'on n'arrive pas à cerner, qui peut se manifester dans le reflet du miroir. Alberto est tourmenté par le mystère de la mort, par le mystère qui fait que l'on existe tant que l'on est dans le regard d'un vivant.
Alberto feuillète l'album photo de sa tante Dulce et il y voit des gens qui sont maintenant morts, qui fixent l'objectif. Qu'étaient-ils? Ils seraient retournés au néant s'il n'était pas en train de les faire exister encore un peu.
Page 170, on peut lire :

Cette idée est déjà présente à la page 48 :
'Pour le moment, j'ai l'évidence que c'est moi qui m'habite, que je vis, que je suis une entité, une présence totale, une nécessité de ce qui existe, car je suis le seul à exister, car je suis ici, bon sang! ici, Moi, ce volcan sans commencement ni fin, pure activité, pure existence, Moi, cette obscure, cette incandescence, cette fascinante et terrible présence qui est derrière tout ce que je dis, tout ce que je fais, tout ce que je vois, et où je me perds et je m'oublie. Moi! Or, ce 'moi' doit mourir.'

Le petit Grêlé, un de ses élèves, Carolino, est sensible à son discours. Il a déjà fait, malgré ses dix-sept ans, l'expérience des mots qu'on machonne jusqu'à ce qu'ils perdent de leur sens.

Confronté à différentes morts, Alberto pourra faire l'expérience de sa théorie.

Ce livre, réflexion sur l'essence et l'existence - Ferreira était lecteur de Sartre - a une petite musique intérieure, c'est une des choses qu'il en reste quand on le referme.

Kashima
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Antonio Lobo Antunes

Message  Kashima le Lun 6 Oct 2008 - 8:53

'perdre de vue rapidement tous les prêtres et toutes les femmes que je rencontre est une fatalité qui me poursuit' (p 29)

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António Lobo Antunes est un écrivain portugais né en 1942 Lisbonne. Son père est brésilien sa grand-mère allemande. Issu de la grande bourgeoisie portugaise, il fait des études de médecine et se spécialise en psychiatrie. À l'âge de treize ans, il publie son premier recueil de poèmes et se passionne pour la littérature française (notamment Céline que son père lui propose de lire à 14 ans et avec qui il aurait entretenu une correspondance), bien qu'il se reconnaisse pour maître Faulkner.
Son service militaire, effectué en Angola de 1971 à 1973 en tant que médecin, a inspiré directement ses trois premiers romans : Mémoire d'Eléphant, Le Cul de Judas et Connaissance de l'Enfer qui le rendent immédiatement célèbre dans son pays. Depuis 1985, se consacre exclusivement à l'écriture.
La guerre, l'absurdité du monde, la folie, l'hypocrisie d'un côté contrebalancé par l'apaisemement que procure la présence de la femme aimée sont quelques thèmes récurrents de son oeuvre. Ses histoires font souvent revivre une bourgeoisie complice du régime salazariste sans épargner pour autant la démocratie actuelle. Sans concession, il montre la trivialité, la mesquinerie et l'hypocrisie de la société portugaise.
Il démontre à travers son œuvre la nécessité de « rompre avec la ligne droite du récit classique et l'ordre naturel des choses », le roman constituant selon son propre aveu un exercice nécessaire de « délire contrôlé ». Ainsi ses romans ne sont jamais linéaires, il n'y a pas un mais plusieurs narrateurs qui parfois décrivent les mêmes situations. Le récit est mêlé aux dialogues présent et passé, aux pensées du narrateur qui est parfois distrait, une phrase entendue au présent renvoyant au passé.
António Lobo Antunes a reçu le Prix Camões en 2007.

Source : Wikipedia


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L'expression 'le cul de Judas' désigne un endroit que l'on a abandonné, un 'trou pourri', avec la notion de trahison.
Entrer dans le livre me paraît d'emblée difficile : vraiment difficile, pendant une cinquantaine de pages où j'ai même failli abandonné.

Un homme rencontre une femme dans un bar. Nous assisterons à son long monologue, de la rencontre au petit matin où elle quitte son appartement.
Il a fait la guerre en Angola (colonie portugaise qui luttait pour son indépendance dans les années 60) en tant que médecin. Il est revenu à Lisbonne, traumatisé par les horreurs qu'il a vues.
D'ailleurs, même quand il s'apprête à faire l'amour avec la femme rencontrée dans le bar, il mélange dans une même phrase l'érotisme et l'horreur, comme si elle resurgissait sans qu'il puisse la retenir.

L'écriture est très poétique, bourrée de métaphores belles et originales. Le texte donne plus l'impression d'un long poème en prose que d'un récit.


Je choisirai un extrait du chapitre S, dédié à Sofia. Cette Angolaise a sorti le médecin de l'horreur grâce à ses "cuisses noires enroulées aux (siennes)". Il raconte comment la chaleur érotique l'a sorti de son effrayant quotidien :

"Tu m'attendais, Sofia, et il n'y a jamais eu entre nous la moindre parole, parce que tu entendais mon angoisse d'homme, mon angoisse chargée de haine d'homme seul, l'indignation que ma lâcheté provoquait en moi, mon acceptation soumise de la violence et de la guerre que les messieurs de Lisbonne m'avait imposées, tu entendais mes caresses désespérées et la tendresse craintive que je te donnais"

Et puis un jour, il va la rejoindre...


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Eça de Queiroz

Message  Kashima le Mer 8 Oct 2008 - 16:38

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Je commence aujourd'hui ce livre dont l'écriture me plaît déjà beaucoup, une écriture classique du XIXème siècle, avec de belles descriptions et des personnages bien dessinés.

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Re: Littérature portugaise

Message  coline le Mer 29 Avr 2009 - 23:35

Il faudra que je suive sur ce fil Pessoa...j'aime beaucoup...

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Un Amour de Perdition - Camilo Castelo Branco

Message  Kashima le Lun 2 Nov 2009 - 7:58

Un Amour de Perdition
Camilo Castelo Branco (17 juillet -20 juillet)

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C’est l’histoire vraie et romancée de Simon Castelo Branco qui, à quinze ans, tombe amoureux de sa voisin Thérèse. Leur amour est impossible car leurs familles se détestent.
On assiste à leur désespoir et à leur chemin progressif vers la mort…
Ce livre est d’un des plus grands auteurs portugais. Castelo Branco a renié ce livre qui est de veine romantique par le style et le sujet traité.
Il existe une adaptation cinématographique de Manuel de Oliveira que je tâcherai de voir. (1978, )
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Pessoa

Message  Invité le Mar 17 Aoû 2010 - 14:04

La littérature portugaise m'est vraiment "étrangère". 2 auteurs que tu présentes ici m'interpellent et me donnent envie de les dé-couvrir: Pesso et Ferreira.
Chez Ferreira, comme tu dois t'en douter, c'est la dimension philosophique qui m'attire.
Chez Pessoa, la beauté poétique aux touches philosophiques et cyniques. Je ressens en lui une âme nietzschéenne et cioranienne ( Cioran émet en apparence l'une des pensées les plus radicalement pessimistes de la modernité. C'est sans compter sur le pouvoir cathartique de son écriture où la vigueur du style contredit le message délivré et le conjure en une thérapeutique "fragmentaire".)
Très belles, toutes les citations présentées!
"L'intelligence rend malheureux...On ne peut être moral et intelligent à la fois"...Pensée qui mériterait d'être développée...un "Ethos" à re-définir.
Merci pour cette belle découverte, Kashima!

Petite parenthèse, Connais-tu le roman Train de nuit pour Lisbonne de Pascal Mercier? Il ne s'agit pas,certes, d'un écrivain portugais mais suisse allemand, cependant la thématique s'inscrit dans ce topic. Qui plus est, le sujet devrait t'intéresser.

"Né dans une famille de la petite bourgeoisie de la banlieue de Berne, Peter Bieri, de son vrai nom, grandit dans un environnement réglé comme une horloge suisse. A l'école il apprend le grec, le latin et l'hébreu, ainsi que le sanskrit et le mysticisme tibétain. Ensuite, il étudie la philosophie, l'anglais et l'indologie à l'université de Londres et de Heidelberg, où, après son diplôme en 1971, il travaille comme assistant scientifique dans le département de philosophie, concentrant sa recherche sur la psychologie philosophique, la théorie de la connaissance et la philosophie morale ( qui me renvoie à Pessoa: moral contra intelligence) . Il enseigne ensuite à Berkeley et Harvard et, depuis 1993, enseigne la philosophie à l'université libre de Berlin et publie ses livres de philosophie - dont le plus connu 'Das Handwerk der Freiheit' est publié en 2001 - sous le nom de Peter Bieri. En 1995, il publie son premier roman, 'Perlmanns Schweigen', sous le pseudonyme de Pascal Mercier, dont il se sert aussi pour 'Der Klavierstimmer' (1998). Les deux livres seront comparés à ceux de Max Frisch et Thomas Mann. En 2006 sort 'Train de nuit pour Lisbonne' - 'Nachtzug nach Lissabon', 2004 - le premier roman de Pascal Mercier traduit en français."






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Train de nuit pour Lisbonne

Message  Kashima le Mar 17 Aoû 2010 - 14:29

Comparer Pessoa à Cioran me paraît judicieux. L'écriture est fragmentaire, poétique et philosophique, et elle est empreinte d'une grande mélancolie.

Je ne connais pas Train de nuit pour Lisbonne. J'ai cherché l'histoire :

"Une femme penchée sur le parapet d'un pont, un soir à Berne, sous une pluie battante. Le livre, découvert par hasard, d'un poète portugais, Amadeu de Prado. Ces deux rencontres bouleversent la vie du sage et très érudit professeur Raimond Gregorius. Au milieu d'un cours de latin, soudain il se lève et s'en va. Il prend le premier train de nuit pour Lisbonne, tournant le dos à son existence anti-poétique et sans savoir ce que vont lui révéler la beauté étrangère de Lisbonne et le livre d'Amadeu. Fasciné par les profondeurs que ce texte lui ouvre sur l'amour, l'amitié, le courage et la mort, il veut savoir qui était Amadeu de Prado : un médecin de génie, poète, militant engagé dans la Résistance contre la dictature de Salazar - un maître à penser, un explorateur de la vie à la manière des anciens navigateurs portugais qui découvrirent le Nouveau Monde. L'enquête menée par Gregorius l'entraîne dans une ronde de personnages fortement dessinés qui ont connu Amadeu. Leurs témoignages convergent vers cet homme et cernent en même temps, comme par une série de cercles concentriques, la personnalité de Gregorius."


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Re: Littérature portugaise

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