Utopies, contre-utopies

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Une utopie...

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Utopies, contre-utopies

Message  Kashima le Sam 3 Jan 2009 - 9:58

LA GUERRE C'EST LA PAIX
LA LIBERTE C'EST L'ESCLAVAGE
L'IGNORANCE C'EST LA FORCE


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Dans le premier chapitre de 1984 est décrit le monde où vit Winston Smith, membre du Parti dirigé par Big Brother.
La langue, c'est le novlangue ; les quatre ministères principaux celui de la Vérité, celui de la Paix ("qui s'occupait de la guerre"), celui de l'Amour et celui de l'Abondance.
Chaque habitant est surveillé, surtout les membres du Parti qui ont interdiction d'avoir des pensées contre le pouvoir en place. La Police de la Pensée, d'ailleurs, veille...
Les télécrans enregistrent chaque son supérieur à un chuchotement et filme chacun de vos mouvements.

La pire des choses est que, si la police vient vous prendre, elle le fait en pleine nuit et vous fait disparaître comme si vous n'aviez jamais existé : votre punition n'est pas la mort, mais d'être rayé d'un trait de la carte de l'existence...

Winston veut écrire, chose interdite, son journal. Il rêve secrètement et dans la peur que la révolte menée par Goldstein existe bien...

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La nature cruelle et sadique est exploitée dans ce monde de Propagande :
"Veux voir la pendaison! Veux voir la pendaison" (37), s'écrie la petite voisine de 7 ans.

Le passé et le futur n'existent pas. L'homme doit vivre dans un monstrueux présent sans pensée.

A Londres, en 1984, les gens sont condamnés à la "double-pensée", c'est-à-dire "retenir simultanément deux opinions qui s'annulent alors qu'on les sait contradictoires et croire à toutes les deux." (51)

Winston Smith, au ministère de la Vérité, est employé à
fausser l'Histoire et le passé : "Celui qui a le contrôle du passé a le contrôle de l'avenir", slogan du Parti. (51)




Dernière édition par Kashima le Sam 4 Oct 2014 - 19:37, édité 5 fois

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Arrêtducrime

Message  Kashima le Mar 6 Jan 2009 - 19:17

Un régal et une horreur, ce livre. Un chef d'œuvre, mais je n'apprends rien à personne.
Je retiendrai l'idée de "l'arrêtducrime" (en un seul mot car appartient à la langue de l'Océania, le novlangue). Quand une idée interdite, une mauvaise pensée vous vient, vous devez utiliser cette technique, qui consiste à murer l'idée et à l'arrêter le plus vite possible :
"L'esprit doit entourer d'un mur sans issue toute pensée dangereuse." (367)

Je m'exerce depuis longtemps, malgré moi, à cette technique.


Dernière édition par Kashima le Lun 18 Avr 2011 - 22:27, édité 1 fois

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Utopia

Message  Kashima le Lun 12 Jan 2009 - 15:18

Deux étymologies au mot "utopie" :
- ευ τοπος (bien + le lieu), le lieu idéal
- ου τοπος (la négation + le lieu), le lieu qui n'existe pas.

L'utopie est un mélange de ces deux définitions.
Le mot est employé pour la première fois par Thomas More dans Utopia.

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Re: Utopies, contre-utopies

Message  Kashima le Lun 12 Jan 2009 - 20:44

Bon, alors, ça ne vous inspire pas, l'utopie? Même pas un petit souvenir de lycée...? emu

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1984, Big Brother vous regarde

Message  Kashima le Lun 23 Fév 2009 - 19:09

A propos de l'adaptation théâtrale par François Bourdier :

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8th Wonderland

Message  Kashima le Sam 14 Mai 2011 - 20:25

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L'idée est bonne, mais le film n'est pas intéressant.
8th Wonderland est le "huitième pays des merveilles", un pays virtuel qui s'est créé sur Internet et réunit des citoyens qui veulent changer le monde : ils kidnappent la dinde graciée du président pour faire supprimer la peine de mort, protestent contre le pape en installant des distributeurs de préservatifs au Vatican, enlèvent des stars du football et les font travailler 24 comme des petits Chinois...
Cela peut donner envie quand on en raconte le principe. Mais est-ce par manque de budget, de caractères creusés que le film n'accroche pas?

8th Wonderland est une utopie. Elle existe sur Internet. Je ne suis pas entrée dans ce pays pour le visiter, mais voici le lien où l'on peut lire, entre autres, sa Constitution :
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Cette utopie n'est-elle qu'un film? En lisant le Facebook de 8th Wonderland, on peut constater qu'on dépasse sans doute l'oeuvre cinématographique. Le film n'était-il pas seulement au service de cette organisation? Doit-on, peut-on rêver qu'elle existe vraiment?
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Entre parenthèses, cette démocratie m'a fait penser à ce que pourrait être la "démocratie participative", prônée par Ségolène Royal. Smile



Dernière édition par Kashima le Mer 25 Avr 2012 - 22:13, édité 1 fois

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Le meilleur des mondes, Aldous Huxley

Message  Kashima le Jeu 18 Aoû 2011 - 21:13

"Le monde est stable, à présent. Les gens sont heureux ; ils obtiennent ce qu'ils veulent, ils ne veulent jamais ce qu'ils ne peuvent obtenir. Ils sont à l'aise ; ils sont en sécurité ; ils ne sont jamais malades ; ils n'ont pas peur de la mort ; ils sont dans une sereine ignorance des passions et de la vieillesse ; ils ne sont encombrés de nuls pères ni mères ; ils n'ont pas d'épouses, pas d'enfants, pas d'amants, au sujet desquels ils pourraient éprouver des émotions violentes ; ils sont conditionnés de telle sorte que, pratiquement, ils ne peuvent s'empêcher de se conduire comme ils le doivent. Et si par hasard quelque chose allait de travers, il y a le soma."

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Voilà un rapide aperçu de la société telle qu'elle est dans Le Meilleur des Mondes d'Huxley. Dieu n'existe plus, ou plutôt par son absence, car il a été remplacé par Ford (on ne peut s'empêcher de penser au fordisme et de l'industrialisation à tout crin, vu que le livre a été écrit en 1932, après le fordisme).

Que sont les individus dans cette société où l'on fait son signe de T (car la croix du Christ a été rabotée de sa partie supérieure)?
D'abord, on naît dans des flacons et on est prédestiné : on sera un Alpha, être supérieur, un Epsilon, être inférieur, qui sert surtout de main d'œuvre, ou dans une des catégories intermédiaires, du Bêta au Delta. Ce qui compte, c'est que cette société soit stable, la stabilité étant la condition sine qua non de la réussite de ce monde.
Adieu la reproduction vivipare : les mots de "père" et "mère" sont devenus obscènes, plus personne n'aurait dans l'idée de se reproduire ainsi, comme un sauvage. Les femmes prennent un traitement malthusien qui les empêche d'être fécondes, d'autres sont neutres, donc stériles.

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Illustration de Lisbeth Kneen pour "Le meilleur des mondes" paru aux éditions Edito-Services en 1976.

Ce qui change du monde de Big Brother dans 1984, c'est que la morale n'est pas la même. Chez Orwell, il y a chasteté, surveillance de l'individu ; chez Huxley, au contraire, on invite les individus (qui n'en sont plus vraiment puisqu'ils ne peuvent atteindre ni la vérité ni le beau) à appartenir à tout le monde. La devise, c'est :

"Chacun appartient à tous les autres". (58)

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Femmes et hommes, pour être sains, doivent multiplier les aventures sexuelles, ne peuvent avoir idée de la monogamie qui développe l'amour, la possession, la jalousie : des sentiments, en somme, bannis sous le règne de Ford :

"Réprimée, l'impulsion déborde, et le flot répandu, c'est le sentiment ; le flot répandu, c'est la passion ; le flot répandu, c'est la folie même : cela dépend de la force du courant, de la hauteur et de la résistance du barrage." (62)

Mais comment enlever la racine du sentiment dans l'homme? En le conditionnant... Tout petits, les êtres subissent des leçons d'hypnopédie, c'est à dire qu'on leur assène, pendant leur sommeil, les mêmes phrases qui leur font accepter leur condition d'alpha ou d'epsilon. De la même façon, on leur fait visiter des hôpitaux de mourants pour qu'ils se familiarisent avec la mort, leur proposant une sucrerie afin qu'ils intègrent la fin de façon naturelle, sans émotion, sans tristesse. Comment être triste quand on nous a habitué à ne s'attacher à personne? L'enfant qui ne se livre pas aux jeux érotiques qu'on prône pour son bien-être donnera des signes d'anormalité, et il faudra le reconditionner.

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Pour compléter ce conditionnement qu'on ne peut appeler éducation, on a pris soin de supprimer l'histoire et la culture :

"Une propagande intensive contre la reproduction vivipare... (...) accompagnée d'une campagne contre le passé ; de la fermeture des musées ; de la destruction des monuments historiques, que l'on fit sauter (...) ; de la suppression de tous les livres publiés avant l'an 150 N.F." (70)

Pour anéantir les sentiments humains (colère, fatigue, tristesse...), on a le médicament miracle distribué à la population : le soma, pilule de l'oubli, une sorte de congé de l'âme sur commande. C'est ce médicament que le Sauvage, John, veut jeter, en vain, pour rendre la liberté aux gens de ce monde :

"La liberté, la liberté! cria le Sauvage, et d'une main il continuait à jeter le soma dans la courette. (...) La liberté! (...) Enfin, des hommes! (...) Oui, des hommes, des hommes ! - et il ne resta plus de poison. Il souleva la cassette et leur en montra l'intérieur, noir et vide. - Vous l'avez, la liberté!"
Par certains côtés, cette lutte désespérée m'a rappelé la résistance de Bérenger face aux rhinocéros chez Ionesco...

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En cas de passion intense, on peut suivre un traitement S.P.V.: Succédané de Passion Violente... Tout est prévu pour rejeter ce qui fait la faiblesse de l'homme (qu'on n'appellera jamais ainsi, d'ailleurs, mais par sa fonction ou son rang dans la société (directeur, gamma, etc.). le désir, oui ; l'amour, non.
La vieillesse n'existe pas, on s'est arrangé pour vaincre la maladie et la dégénérescence et même vieux, on ne présente aucun signe de sénilité. Vieillir, c'est s'affaiblir, et c'est peut-être aussi avoir besoin de se tourner vers autre chose, la pensée, Dieu... choses à fuir!

Comme le dit Henry Foster à la "pneumatique" Lenina, survolant un crématorium en hélicoptère :

"Il y a une chose dont nous pouvons être certains ; quel qu'il ait pu être [la personne morte partie en fumée, nourrissant de son phosphore e monde même après sa mort, car dans cette société, même le mort est utile], il fut heureux pendant qu'il était en vie. Tout le monde est heureux à présent." (95)

Le monde de Ford repose finalement sur un eugénisme relatif (car on fait en sorte de verser de l'alcool dans certains flacons pour créer des êtres de rang inférieur, et il y a des nains, des brachycéphales, etc.) et une ataraxie, absence de trouble que visaient les Epicuriens, sauf que c'est dans un but productif et de consommation.

Les pages 243 à 245 sont très intéressantes. C'est une discussion entre Mustapha Menier, le pontife, et John, le Sauvage qu'on a sorti de sa réserve. Il est question de littérature , de science et de religion. John a été nourri de Shakespeare, il vit à travers ses œuvres parce que sa mère avait réussi à trouver un livre qu'elle lui avait donné. Mustapha n'est pas ignare. C'est un Alpha plus, l'Administrateur : il possède dans son coffre la littérature interdite, la Bible, il connaît Shakespeare. Quand John lui demande pourquoi on ne peut plus lire Othello, il a plusieurs réponses : déjà, les gens ne comprendraient pas ; ensuite, il fait éloigner les choses belles et vieilles si l'on veut régner sur un peuple d'"animaux bien gentils, pas méchants."

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En poussant un peu loin le raisonnement, ne sommes-nous pas en train de vivre un peu de ce monde de Ford? Le dieu Économie, le rendement à tout-va, la perte du goût des belles choses, le refus d'ouvrir à la culture, d'éduquer, de cultiver, le désir d'abêtir le peuple sur lequel on règne? La passion galvaudée, le remplacement de Roméo et Juliette par Juliette et Simon de Secret Story, les "je t'aime" de nos chers ados déversés sur chaque statut Facebook à la première copine qui passe? La perte de l'orthographe, le délitement de la littérature au profit du commerce?...

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Le meilleur des mondes, le nôtre, celui de l'abrutissement et du travailler toujours plus (Huxley ne fait-il pas dire à un de ses personnages que réduire largement le temps de travail serait possible, mais dans quel but? Ce serait livrer à l'oisiveté, au loisir, peut-être à l'ennui et la solitude un peuple qui ne doit pas réfléchir.)

"Le monde est stable, à présent"...

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Re: Utopies, contre-utopies

Message  Nicole le Jeu 18 Aoû 2011 - 23:14

Neutral Ouaip, il n'y a même pas besoin de le pousser beaucoup, le raisonnement, pour faire des parallèles...

pirat Dis-moi, en lisant ton excellent topo une chose "amusante" m'a sautée... rooo, non, m'a sauté (faut pas exagérer la libido) à la figure : le "dieu" Ford et sa croix tronquée en "T"... la Ford T, bien sûr ! Non ? Il y a des fois, en nous demandant d'où les écrivains puisent leur "imagination", où on va chercher les choses beaucoup trop loin...

bisou x 1001.
Nicole.

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Ford T

Message  Kashima le Ven 19 Aoû 2011 - 7:44

Oui, pour le raisonnement, c'était façon de dire, car il n'est pas poussé bien loin... Smile

La Ford T, sans doute! L'économie qui a remplacé la religion, qui est devenue la religion. On fabrique des voitures pour que les gens voyagent et consomment.
C'est bizarre, cette contre-utopie est moins glaçante que celle de 1984, et pourtant, cette société devrait faire peur. Comme vous en débattiez l'autre jour en d'autres lieux, le totalitarisme n'est-il pas plus puissant quand il passe presque inaperçu? Plus il semble inoffensif, plus il est dangereux...? Ici, ce qui est habile, c'est qu'on prône le bonheur par l'absence de trouble, la liberté sexuelle : qui ne serait pas tenté par un monde où l'on n'a plus peur de la mort, où l'on ne vieillit pas?

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Re: Utopies, contre-utopies

Message  Nicole le Ven 19 Aoû 2011 - 10:09

Kashima a écrit:[...] qui ne serait pas tenté par un monde où l'on n'a plus peur de la mort, où l'on ne vieillit pas?[/justify]
Crying or Very sad C'est effectivement là-dessus (ou sur la promesse de ça !) que repose finalement tout notre système. Une espèce de monde lisse, aseptisé, uniforme, monochrome, anéantissant tout ce qui contredit une doxa fluctuant au gré des intérêts économiques...

Oui, bon, j'enfonce des portes ouvertes.

bisou x 1001.
Nicole.

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Cioran et l'utopie, féérie monstrueuse

Message  Kashima le Ven 19 Aoû 2011 - 16:22

Bon complément proposé par InterseXion :

Stigmate du cynisme

”Quelle que soit la grande ville où le hasard nous porte, j’admire qu’il ne s’y déclenche pas tous les jours des soulèvements, des massacres, une boucherie sans nom, un désordre de fin du monde. Comment, sur un espace aussi réduit, tant d’hommes peuvent coexister sans se détruire, sans se haïr mortellement. Au vrai, ils se haïssent, mais ils ne sont pas à la hauteur de leur haine. Cette médiocrité, cette impuissance sauve la société, en assure la durée et la stabilité. Mais, j’admire encore davantage que, la société étant ce quelle est, certains se soient évertués à en concevoir une autre, toute différente. D’où peut bien provenir tant de naïveté, ou tant de folie ? Nous n’agissons que sous la fascination de l’impossible. Autant dire qu’une société incapable d’enfanter une utopie et de s’y vouer, est menacée de sclérose et de ruine.

[…]Mais utopie, rappelons-le, signifie nulle part.

Et d’où seraient-elles ces cités que le mal n’effleure pas, où l’on bénit le travail et où personne ne craint la mort ? On y est astreint à un bonheur fait d’idylles géométriques, d’extases réglementées, de mille merveilles écœurantes, telles qu’en présente nécessairement le spectacle d’un monde parfait, d’un monde fabriqué.

L’utopie c’est le grotesque en rose, le besoin d’associer le bonheur donc l’invraisemblable, au devenir, et de pousser une vision optimiste, aérienne,jusqu’au point où elle rejoint son point de départ: le cynisme qu’elle voulait combattre.En somme, une féerie monstrueuse.

Mais la vie est rupture, hérésie, dérogation aux normes de la matière. Et l’homme, par rapport à la vie, est hérésie au second degré, victoire de l’individuel, du caprice, apparition aberrante, animal schismatique que la société - somme de monstres endormis - vise à ramener dans le droit chemin.”

CIORAN, Histoire et Utopie.

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Equilibrium, les utopies et le régime taliban

Message  Kashima le Sam 20 Aoû 2011 - 16:21

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Inspiré de 1984 et du Meilleur des Mondes, le film Equilibrium nous montre une société dans laquelle on a décidé d'éradiquer le sentiment humain, responsable des guerres et de la disharmonie entre les hommes.
Les ecclésiastes* sont des combattants très entraînés, chargés de traquer les transgresseurs, c'est-à-dire les êtres humains qui ne prennent pas leur dose quotidienne de prozium ayant pour but de les empêcher d'éprouver un quelconque sentiment.
Libria est dirigée par le Père, invisible si ce n'est sur les écrans, dont l'emblème est ce fameux T...
John Preston, un jour, ne prend pas sa dose : cet ecclésiaste va finalement laisser revenir à lui les sentiments...

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Ce film garde la froideur du monde décrit dans 1984, ses écrans, son côté métallique et aseptisé ; ; il prend du Meilleur des mondes, l'idée que les sentiments et la culture doivent être éradiqués. On voit ainsi la Joconde se faire brûler, les livres et autres objets liés aux sens sont classés EC10 ("émotionnellement contaminant"), objets interdits.

On n'a pas besoin de chercher dans les utopies pour savoir qu'il existe, de nos jours, des sociétés où la culture, la télévision, la lecture autre que de textes religieux sont interdits... Chez les talibans, par exemple, adeptes de l'autodafé. Petit extrait Wikipedia de ce régime contre-utopique, délirant et meurtrier :

Le théâtre, le cinéma, la télévision, et les ordinateurs étaient interdits ; la possession d'appareils photographiques et de magnétoscopes devint illégale. Le ministère de l'Information interdisait aux journalistes étrangers de parler aux femmes, de prendre des clichés et de se promener seuls. Un seul hôtel était ouvert aux reporters occidentaux dans Kaboul. Dans les écoles, la moitié du temps était consacrée à la religion. Les cours de sports et d'art furent éliminés des programmes scolaires. Les talibans brûlaient les instruments de musique et les cassettes, frappaient et emprisonnaient les musiciens, interdisaient la danse. La boxe, comme beaucoup d'autres sports, était prohibée. Certains jeux basiques, comme les échecs ou le billard était également prohibés. Chaque jour, la radio des talibans énumérait de nouveaux interdits : peindre en blanc les vitres des maisons pour ne pas voir les femmes à l'intérieur [dans Equilibrium, on impose aux gens d'avoir un filtre sur leurs fenêtres, qu'ils ne puissent pas être sensibles à la vue d'un coucher de soleil, apr exemple], expéditions punitives pour casser les téléviseurs, magnétoscopes, déchirer les photographies de famille. Les autorités faisaient également vérifier que l'on n'écoutait pas de musique dans les maisons ou au cours des mariages. Les systèmes médicaux et scolaires furent dédoublés en fonction du genre, tout en donnant la priorité aux hommes. Toute représentation humaine était illégale, même pour les poupées des petites filles. Au nom de l'iconoclasme, les talibans dynamitèrent les statues de bouddhas géants de Bamiyan, vieilles de quinze siècles. Ils détruisirent, dans les collections archéologiques du musée de Kaboul, tout ce qui portait des représentations humaines ou animales et firent des autodafés des 55 000 livres rares de la plus vieille fondation Afghane et détruisirent plusieurs autres bibliothèques publiques et privées.

La charia devint la base du droit afghan. Notamment, l'amputation et la lapidation furent parmi des peines appliquées sous les talibans. Les relations sexuelles hors mariage étaient prohibées et punies de 100 coups de fouet[13] (cette sentence, équivalente en pratique à une condamnation à mort, mettait en oeuvre littéralement le verset 2 de la sourate XXIV du Coran intitulée La Lumière). La diffusion d'idées « non-musulmanes » était également prohibée. En 2001, les minorités hindoues devaient porter un signe distinctif, un morceau d'étoffe jaune. Les homosexuels étaient condamnés à mort : on faisait s'écraser sur eux un mur, et on utilisait un bulldozer pour achever la peine.


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* Un ecclésiaste est quelqu'un "qui s'adresse à la foule", étymologiquement.


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Nous autres, Zamiatine

Message  Kashima le Mer 24 Aoû 2011 - 15:56

Le livre qui a inspiré 1984 et Le Meilleur des mondes s'appelle Nous autres d'Eugène Zamiatine.

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"Nous autres est un roman de science-fiction écrit en 1920 par Ievgueni Zamiatine (URSS).

Il s'agit du journal d'un homme du futur nommé « D-503 ». Son travail consiste à fabriquer l'Intégral, un vaisseau spatial destiné à convertir les civilisations extraterrestres au bonheur, que l'État Unique prétend avoir découvert. Au cours du roman, D-503 se rend compte qu'il devient, malgré lui, de plus en plus attiré par l'ancien monde (en particulier le nôtre), caractérisé par la liberté, l'imprévisible et la précarité du bonheur.

Comme dans la plupart des contre-utopies, l'État Unique décrit dans le roman est un État totalitaire qui prétend régir toutes les activités humaines (décrites avec précision dans la Table des Heures) et faire le bonheur des hommes au détriment de leurs libertés individuelles.

En U.R.S.S., la publication de ce livre a été interdite en 1923. En butte à la censure stalinienne, Zamiatine s'est ensuite exilé à Paris en 1931."


(Wikipedia)

A lire...

Ne le trouvant pas d'occasion, je viens de me le procurer en téléchargement gratuit ici : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

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Utopie et progrès techniques - Bernanos

Message  Kashima le Sam 27 Aoû 2011 - 12:17

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"On ne comprend rien à la civilisation moderne si l'on n'admet pas d'abord qu'elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure."

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La Planète des singes

Message  Kashima le Ven 30 Sep 2011 - 21:30

Les origines d'une utopie (créée par Pierre Boulle) dans La Planète des singes 2011. Comment une société animale a-t-elle pu voir le jour? Par opposition à la cruauté et l'indignité des hommes.
On s'y prend, on a envie de cette révolte juste.
César, le singe intelligent, mène le combat... Ils auront leur planète...!

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Utopies au cinéma

Message  Kashima le Ven 3 Fév 2012 - 9:02

Utopies au cinéma : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

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Carré blanc

Message  Kashima le Sam 15 Sep 2012 - 10:02

"Les mamans tombent des fenêtres, les enfants tombent du ventre des mamans."

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Ce n'est pas tiré d'un livre, mais c'est un film très étrange, avec une musique minimaliste, des bruitages, des images qui prennent le dessus sur le reste et nous font ressentir la froideur de cette société futuriste (?) dont nous ne savons pas grand chose si ce n'est que les hommes sont voués à être peu à peu déshumanisés, gardant leur apparence normale mais devenant des monstres.
Des haut-parleurs diffusent des annonces incitant à la procréation et louent les naissances. Dans les écoles, on entend : "Vous venez d'avoir 14 ans. Si vous désirez être inséminés, c'est possible. Adressez-vous à..."
Les gardiens sont payés pour sourire, montrer des dents blanches et peintes, sourire figé qui fait froid dans le dos :

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Si du début, on a un parallèle avec la banquise, c'est vraiment ressenti dans cette grisaille d'immeubles.
Il semble même que les morts n'aillent pas au cimetière, mais soient réutilisés en viande hachée pour cette société où rien ne se perd.

Dans ce monde, deux orphelins vont se rencontrer. On les retrouve à l'âge adulte, dans l’incompréhension, car le garçon est devenu ce monstre qu'on a voulu faire de lui, pas elle...

Extrait illustrant ce qu'on entend par les monstres fabriqués. Toujours cette petite musique de fond, musique d’ascenseur censée montrer que tout est harmonieux :

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Les entretiens d'embauche sont quasiment des séances de tortures :

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Le réalisateur, Jean-Baptiste Leonetti, a aussi réalisé un court-métrage qui a des points communs avec ce film : Le pays des ours. Carré blanc est son premier film.

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Le recours aux forêts, Michel Onfray

Message  Kashima le Mer 5 Juin 2013 - 18:59


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Le recours aux forêts de Michel Onfray est écrit en vers libres : dans la première partie, intitulée "Permanence de l'Apocalypse", il énumère toutes les horreurs humaines : soldats, pendus, riches mangeant les pauvres, gens de Dieu servant le Diable, etc.

“J’ai vu des envieux, en nombre
Cuites dans le fiel du ressentiment
Des jaloux, en quantité
Des carcasses tordues par l’antipathie
Carbonisées par les feux de l’amertume
Trop peu désireux de s’attarder sur leur vie ratée
Ils s’évertuent à salir la vie réussie du voisin
Incapables de regarder leur médiocrité
Ils veulent la petitesse pour tous
Ainsi ils se croient grands…”


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Mais il ne se contente pas du constat et propose un "Traité des Consolations" : comme Démocrite, il veut se retirer du monde pour pouvoir savourer les plaisirs simples qu'offrent la nature, le bruit du tonnerre, le clapotis de l'eau, le crissements des insectes...

Il explique, dans une postface/préface, comment ce texte est né. En 2009, il a été créé à la Comédie de Caen, par Jean-Lambert-wild.

Le livre se lit très vite, on peut aussi prendre le temps de se laisser aller aux images du bien et du beau qui surgissent dans le Traité des consolations :

"J'aurais traversé la vie comme une comète
dans un ciel d'un noir d'encre."

Le philosophe nous montre la sagesse, celle qui comprend l'idée qu'on a accepté de mourir et de n'être que de passage.

“La bête tue pour manger
Repue, elle ne tue plus
Les hommes ne sont jamais repus
Ils tuent sans relâche
Ils inventent des machines à tuer
Ils raffinent
Le chien vaut mieux que l’homme…
Diogène avait raison.”


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Le cynique devient épicurien... Il sait aussi, en matérialiste qu'il est, que son corps n'est qu'atomes :

"Atomes libérés d'une forme qui avait mon nom"

C'est donc aussi le traité de l'insociabilité, d'où le sous-titre : La Tentation de Démocrite

"Sa popularité ne rendit pas Démocrite plus sociable. Il s'appliqua au contraire davantage à l'étude; et, afin de n'être point détourné par les visites importunes et les conversations de parade, si ordinaires entre les Savants, il rechercha la solitude et les ténèbres. « Rarement, dit Cicéron, quittait-il son cabinet : il vivait parmi les hommes, comme s'il n'y avait point d'hommes au monde. » Une nouvelle retraite l'attira encore, et il crut qu'il y serait mieux caché. C'étaient des sépulcres sombres, et éloignés de la ville. Lucien de Samosate10 dit que Démocrite était fortement persuadé que l'âme mourait avec le corps, et que tout ce qu'on raconte des spectres, des fantômes et du retour des esprits, était par conséquent une chimère. Dans ces tombeaux, Démocrite passait des semaines entières pour étudier plus tranquillement : là il ne se livrait qu'à de profondes méditations. Il y a eu des jeunes gens qui essayèrent de lui faire peur; ils se déguisèrent en spectres, ils prirent les masques les plus affreux, et vinrent le trouver dans sa retraite avec ce qu'ils crurent le plus capable de lui inspirer de l'effroi. Mais Démocrite ne daigna pas les regarder, et se contenta de leur dire tout en écrivant : « Cessez donc de faire les fous »."

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Kashima
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Nous autres

Message  Kashima le Dim 22 Juin 2014 - 20:06

Kashima a écrit:Le livre qui a inspiré 1984 et Le Meilleur des mondes s'appelle Nous autres d'Eugène Zamiatine.

L'Intégral va être construit : il permettra d'aller donner le bonheur aux autres peuples de l'univers :

“Il nous appartient de soumettre au joug bienfaisant de la raison tous les êtres inconnus, habitants d’autres planètes, qui se trouvent peut-être encore à l’état sauvage de la liberté. S’ils ne comprennent pas que nous leur apportons le bonheur mathématique et exact, notre devoir est de les forcer à être heureux.”

D-503, dans un monde où les personnes portent des numéros, participe à la construction de ce vaisseau. Ce qu'il écrit sera lu par les êtres qui feront partie, de gré ou de force, à l'Etat unique.
Il nous raconte son monde, son époque, s'étonnant de ce que faisaient les Anciens, les "barbares" : écrire des poèmes sur les nuages, sortir, dormir, manger quand ils voulaient... Il ne regrette pas ce temps mais se demande comment on pouvait vivre avec de telles libertés, dans cette sorte d'anarchie.


“C’était une vie absolument a-scientifique et bestiale. Les gens produisaient des enfants à l’aveuglette, comme des animaux. N’est-il pas extraordinaire que, pratiquant le jardinage, l’élevage des volailles, la pisciculture, ils n’aient pas su s’élever logiquement jusqu’à la dernière marche de cet escalier : la puériculture.”

“L’Amour et la Faim mènent le monde.”

“L’idéal, c’est clair, sera atteint lorsque rien n’arrivera plus.”


Un jour, il croise I-330 qui commence à troubler ses certitudes... surtout au moment du premier baiser :

“Ses lèvres, insupportablement douces, me versaient des gorgée de poison brûlant… toujours plus, toujours plus encore… Je me sentis arraché de la terre et devenir une planète indépendante, roulant furieusement vers le bas, toujours plus bas, en suivant une orbite incalculable.”

En parlant du brouillard qu'il dit ne pas aimer, I-330 répond à D-503 :

“Donc tu l’aimes. Tu en as peur parce qu’il est plus fort que toi, tu le détestes parce que tu en as peur et tu l’aimes parce que tu ne peux le soumettre à ta volonté. On ne peut aimer que l’indomptable.”
de même que le brouillard, depuis le début, D-503 ne cesse de se répéter qu'il déteste I-330...

Au début, on pense que l'histoire s'installe mais dès le milieu du livre, j'ai commencé à trouver le temps long : on attend autre chose que les changements intérieurs de D-503. Il manque ce que veut le lecteur : du concret sur cette société régie par le Bienfaiteur. J'ai abandonné, lisant tout de même les dernières pages afin de savoir si la fin est surprenante (même pas). Décevant pour voir que c'est l'ancêtre de 1984...

Kashima
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Un bonheur insoutenable, Ira Levin

Message  Kashima le Sam 30 Mai 2015 - 20:12

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Par hasard, je tombe sur le roman [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], que je n'aurais jamais envisagé lire auparavant. Le livre me plaît, son ambiance, son rythme, et je me dis que cet Ira Levin doit être un bon auteur de science-fiction. Dans la foulée, je revois le film de Polanski qui, à l'époque, ne m'avait pas plu plus que cela, et que j'apprécie cette fois-ci pour sa fidélité au roman.
J'oublie [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], complètement raté, et me dirige vers l'un de ses classiques : Un bonheur insoutenable, parce que j'aime les utopies et que la situation actuelle, en 2015, avec [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], les mesures politiciennes de plus en plus inquiétantes, fait de plus en plus penser à [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] d'Orwell (dont l'excellente biographie de [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] sort très prochainement aux éditions Gallimard).

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Dans le monde d'Un bonheur insoutenable, c'est Uni qui dirige tout, une machine qui surveille les humains pour qu'ils soient heureux : plus de guerre, plus de violence, une vie bien réglée. Après le travail, on doit manger son gâteau, regarder la télévision et se coucher. Le sexe, c'est le samedi, pendant dix minutes. On meurt à 62 ans, âge fixé par Uni. Peu de prénoms au choix : pour les garçons et les filles, quatre, respectivement. Le héros s'appelle Li, mais son vrai prénom donné par son grand-père est Copeau. Il est identifié par un code inscrit sur son bracelet qui permet de surveiller chaque individu et par lequel une dose de calmants, une fois par mois, est donnée. Quand on se déplace, on est tenu de passer son bracelet sur des bornes, pour être repéré. Personne ne se rebelle car on déteste l'idée de l'ancienne humanité, peut-être plus libre, mais associée à la sauvagerie.

Dans la première scène, Copeau est un jeune enfant : l'un de ses camarades lui raconte qu'il existe des "incurables", des hommes qui ont échappé à Uni et qui vivent comme à la période pré-Uni. Effrayé, l'enfant se confie à son conseiller - car tous les êtres ont un conseiller qui veille à ce que leur protégé aille bien, ait la bonne dose et ne tombe pas malade.

Plus tard, Li/Copeau est abordé par une femme qui le conduit auprès d'un étrange cercle : ils veulent vivre libres, ne plus être sous traitement et, peut-être, gagner une des îles où vivent ces incurables.


"Etre libre de quelque chose n'a rien à voir avec la liberté."

Cette phrase dite par Copeau à son conseiller Bob résume assez bien ce qu'est la vie dirigée par Uni. Certes, plus de guerres, plus de besoins, plus de faim, plus de crimes, de violences, d’agressivité", d'ego... Mais quelle liberté reste-t-il a des individus dirigés par la chimie, à qui est enlevé tout libre-arbitre?
C'est la question que traite ce livre, dont la narration est palpitante. Et la fin ne déçoit pas!
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Kashima
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Re: Utopies, contre-utopies

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