Littérature juive

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Littérature juive

Message  Kashima le Sam 27 Déc 2008 - 10:28

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"Je ne supporte pas qu'on parle en mal de mon pays, même quand c'est moi qui le fais."

J'ai lu hier ce livre et j'ai trouvé ça très agréable, très léger! J'ai appris beaucoup de choses même si ce que raconte Moshé est fondé sur ses propres impressions.
C'est l'histoire (vraie, me semble-t-il, ou inspirée de faits réels?) d'un gynécologue qui a réussi, qui est épanoui dans son métier, sa famille, qui est riche. Il décide, avec sa femme Gisèle-Ofra, de faire son alyah (c'est-à-dire de quitter le "Galout", la terre d'exil autre qu'Israël) et de retourner sur la Terre Promise.
Ce livre est son parcours semé d'embûches, du départ raté en bateau jusqu'à l'installation catastrophique dans une maison fraîchement achetée et mal en point.
C'est drôle!
Les péripéties de cet olé (personne qui émigre en Israël) se lisent d'une traite : restera? Restera pas?
Je le conseille à tous pour passer un très bon moment pas tellement littéraire, mais divertissant!


Ce livre ressort en poche (car publié en 1987) grâce au film de Graham Guit sorti il y a peu sur les écrans.


Dernière édition par Kashima le Ven 5 Déc 2014 - 11:36, édité 4 fois

Kashima
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Re: Littérature juive

Message  Invité le Sam 27 Déc 2008 - 16:46

Je le lirai, sans doute...Merci pour cette note de lecture.

J'ai été, ainsi que mes parents, ola hadasha ( eux : olim hadashim - hadash = nouveau ; olé -ola- olim : nouveau, nouvelle, nouveaux ), il fut un temps...

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Romans?

Message  Kashima le Sam 27 Déc 2008 - 17:41

Merci à toi pour ces mots en hébreux. Comment s'accorde l'adjectif?
Comme je l'ai dit au-dessus, ce n'est pas de la grande littérature, mais j'ai passé un bon moment et appris des choses.
Quelle a été ton expérience d'ola? Combien de temps y es-tu restée? Es-tu partie pour faire ton alyah? (j'espère ne pas être indiscrète).
Et aurais-tu des livres juifs, israéliens (romans, surtout, pour l'instant, voire romans historiques sur l'après 1948) à me conseiller?

Kashima
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Haïm Gouri, un combattant

Message  Kashima le Ven 2 Jan 2009 - 11:48

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1 - L'affaire chocolat

Premier livre de Haïm Gouri auteur, poète, journaliste, traducteur et cinéaste juif israélien.
Il s'agit de raconter, de façon poétique, le retour de deux survivants... La narration est floue, on ne sait guère où les choses se passent, on sait que c'est après la guerre... Des impressions de lire du Beckett, parfois, dans la relation de ces deux hommes qui se retrouvent, devraient se haïr pour ce qui les rappelle l'un à l'autre, mais qui sont liés par leur drame.


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Vladimir et Estragon, En attendant Godot


Le style est sec, haché. On est dans la réalité, le rêve, la folie, on en franchit les barrières sans s'en rendre vraiment compte.
Des fulgurances poétiques comme "La main gauche de Jésus, dégoulinant de sang, est pour la deuxième fois, prudemment, reclouée sur la croix." (29) ou bien "Va savoir à quoi rêvent les religieuses, la nuit. Elles rêvent sûrement d'être aimées, toujours." (38)

Robi et Mordi doivent revivre après la catastrophe, mais jamais le lectuer n'a droit à une référence précise à la Shoah, même s'il sent dès les premières lignes ce qui se cache derrière cet homme en guenille, qui n'a pas de quoi manger, et qui erre dans la ville.
Ils évoquent ensemble Mochko, l'un des leurs, qui est "là haut, mon ami, là-haut, (qui) rend le ciel inquiet et nostalgique." (40)

"Je ne veux pas continer à chercher mon nom dans la liste des disparus. Je veux faire un grand bond et partit ailleurs."(47)
Comment revivre? Robi se rêve en héros, serait celui qui sauve une fillette des flammes et la rend à son père, ou bien celui qui ferait fortune au marché noir grâce à une affaire de chocolat...
Le dernier rêve, dans le cimetière, se fait au pied de la colonne de marbre gravée d'or que Robi rêve d'offrir à la sépulture de Mordi.

L'affaire chocolat est une anecdote d'après guère qui était répandue, celle qui disait qu'un Juif survivant a voulu faire fortune en rachetant du chocolat avec l'aide d'un médecin criminel de guerre. Il aurait fait baisser son cours en répandant la rumeur que ce chocolat contenait des produits apaisants...


2 - Qui est Haïm Gouri?

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« Je suis une guerre civile »



Il a traduit en hébreu des auteurs français : Arthur Rimbaud, Baudelaire, Guillaume Apollinaire, Paul Claudel, Georges Duhamel, Marcel Pagnol... Il a reçu le prix Sokolov pour La Cage de verre (1962) (sur le procès Eichmann à Jérusalem) et le prix Bialik pour Visions de Gihazi (poèmes, 1975).

Son premier film est un documentaire : Ne laissons pas les morts enterrer les morts (1974) sélectionné à Hollywood pour un oscar. Les Portes de la mer a reçu l'aigle d'argent du festival du film historique, en France, en 1983.

(Source : Wikipedia)



Voici maintenant quelques extraits d'une interview donnée à l'Express à l'occasion de sa venue au Salon du livre de Paris en mars 2008. On y apprend son riche passé. Paroles sensées d'un Israélien éclairé, conscient des difficultés de régler un conflit entre deux peuples que tout sépare...


Tel-Aviv avait été fondée sur les dunes au nord de Jaffa, en 1909, quatorze ans avant ma naissance. C'était comme un commencement, quelque chose qui allait changer l'Orient, une ville étrange entre passé et avenir.

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Tel-Aviv

C'était le temps de l'innocence. Nous aspirions à changer le monde, à créer un homme nouveau, par le travail, par l'égalité. Je me souviens d'une inscription sur un mur: «Vous êtes la roche sur laquelle sera bâti le temple de l'avenir.» C'était un sionisme actif. Nous étions éduqués dans la mémoire de la victoire des Macchabées (voir article sur Hanouka, [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], l'idée que la lumière naîtrait du travail salvateur. A l'école, on nous enseignait le socialisme et la laïcité. Je connais encore par cœur les chants ouvriers européens et celui des déportés. Nous étions animés par un optimisme infini. Je me souviens de mon camarade d'école, Yitzhak Rabin, qui m'aidait à préparer mes examens. Lui, c'était déjà un petit génie...
Tel-Aviv était ouverte à tous les vents du monde. Nous suivions ce qui se passait en Europe, la guerre d'Espagne, le Front populaire... 90% des gens étaient européens - russes, polonais, allemands - dont beaucoup d'intellectuels, d'avocats, de médecins qui avaient fui après la prise du pouvoir par Hitler en 1933.

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Premier kibboutz ; Yitzhak Rabin, accords d'Oslo, 1993.



Collée à Tel-Aviv, ville jeune, moderne, révolutionnaire, il y avait Jaffa, arabe, biblique, orientale. La beauté orientale, la sensualité, mais aussi la crainte - N'y allez pas, nous disait-on, c'est dangereux. Depuis mon plus jeune âge, j'ai connu la tension entre les deux nations. Notre héros, c'était Joseph Trumpeldor, pionnier courageux qui avait été tué en 1920 en défendant des implantations juives.
La Grande Révolte arabe et les premiers massacres ont commencé le 19 avril 1936. Cela a duré trois ans. Les Arabes chantaient: «La Palestine est notre patrie, les juifs sont nos chiens.» Je me demandais avec une profonde tristesse pourquoi ils ne comprenaient pas que nous n'étions pas des croisés, des colonialistes venus conquérir l'Orient.
Dans un de mes poèmes, Guerre civile, j'ai écrit: «Une moitié de moi fusille l'autre au mur des vaincus…» Oui, je suis une guerre civile. Car il s'agit d'abord d'une guerre en moi-même, dans l'homme lui-même.

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Joseph Trumpeldor, un des premiers activistes sionistes.


J'y suis resté neuf ans (au Palmah, unité de combat de choc de la Hagana, qui mène ses activités sur une période s'étendant de la Seconde Guerre mondiale jusqu'à l'indépendance de l'État d'Israël. La Hagana est une organisation clandestine sioniste créée en 1920. C'est l'ancêtre du Tsahal.). Nous employions la force comme moyen politique, mais nous évitions de tuer. Lorsque en février 1946 nous avons fait sauter, avec 130 kilos de TNT, le camp britannique du mont Carmel, qui accomplissait le travail ignoble de la chasse aux immigrés juifs, nous les avions prévenus un peu avant. David Ben Gourion disait: «Il y a trois choses pour lesquelles nous sommes prêts à mourir: la liberté d'immigration de nos frères vers notre pays, faire fleurir le désert de notre pays et la souveraineté nationale de notre peuple dans notre pays.» C'était clair.

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David Ben Gourion, homme politique, militant sioniste et premier Premier ministre d'Israël entre 1948 et 1953 puis entre 1955 et 1963.


Hongrie, Tchécoslovaquie, Autriche… C'était ma première rencontre de sabra avec mes frères inconnus, les juifs d'Europe. Ce fut le grand changement de ma vie. A Budapest, dans une synagogue, j'ai entendu un rabbin prononcer cette phrase de la Genèse: «Je cherche le frère…» Tout le monde s'est mis à pleurer. Je me suis demandé: «Gouri, qui es-tu?» J'ai compris que j'appartenais à un peuple assassiné, un peuple millénaire que l'on appelle «juif». En Israël, j'étais un Hébreu. Je me suis découvert juif. J'ai ensuite emmené des jeunes Hongrois en Tchécoslovaquie pour leur apprendre le parachutisme. C'étaient des jeunes rescapés de la Shoah… Ce n'était pas facile... Peu après, à l'hôpital Rothschild de Vienne, j'ai vu, sur des lits de bois empilés sur trois étages, des gens entassés qui criaient comme au fond d'un cauchemar, et aussi de jeunes couples qui faisaient l'amour, après des années de séparation. Le désespoir, l'épuisement, mais aussi une force insensée émanaient des déportés.

J'avais quitté la Palestine avec un passeport britannique. Je revenais israélien, avec un avion rempli d'armes livrées par la Tchécoslovaquie. Tout était changé. Au moment où les rescapés de la Shoah arrivaient, la jeunesse israélienne se faisait tuer à la guerre. Pouvait-on aussi envoyer au combat les derniers enfants des familles exterminées dans les camps? Mais, pour eux, il s'agissait d'effacer l'humiliation de la Shoah. Ils revivaient en combattants, et non plus en victimes. Israël est né à cause de la Shoah, entend-on parfois. Non: malgré la Shoah! Que nous soyons le seul peuple au monde auquel on refuse la souveraineté, cela nous était inacceptable. Nous avions très peur, mais nous étions unis dans la conviction que nous menions une guerre juste. Les Arabes avaient rejeté la solution des Nations unies. Nous étions attaqués, il fallait nous défendre. Nous n'avions aucun doute. Aujourd'hui, certains doutent...

Guerre d'Indépendance (1947-1949)



Au début, de novembre 1947 à mai 1948, ce n'était qu'une armée de sans-culottes, engagée dans une bataille d'embuscades. La route de Tel-Aviv à Jérusalem était bloquée, Israël a essuyé de grosses pertes. Tout a changé quand les armes sont arrivées de Tchécoslovaquie: fusils, mitrailleuses, avions, canons de la Première Guerre mondiale. Peu à peu, l'armée s'est renforcée, nous avons développé des tactiques d'attaque de nuit très efficaces... L'armée égyptienne a été vaincue. La guerre s'est conclue, au printemps 1949, par l'institution d'une ligne d'armistice (la ligne verte). Nous aurions pu aller plus loin, jusqu'aux rives du Jourdain.
Un jour, j'ai demandé à Ben Gourion: «Pourquoi ne l'avez-vous pas fait?» Il m'a répondu que nous aurions alors été placés devant deux impossibilités: soit chasser les Arabes des territoires, ce qui aurait été dramatique, soit les garder comme citoyens, ce qui risquait de faire imploser notre jeune Etat. «Nous avons du travail pour deux ou trois générations, a-t-il ajouté. L'histoire n'est pas terminée.» Ce mélange de morale et de réalisme est encore d'actualité: aujourd'hui, nombre d'Israéliens préfèrent laisser des territoires aux Arabes afin de ne pas s'y trouver minoritaires.

J'ai participé à la prise de Jérusalem, comme capitaine de réserve. Ce n'était pas comme au Sinaï. Cette fois, le front était au cœur de la ville... A un journaliste français qui lui demandait ce qu'il ferait des juifs après sa victoire, Ahmed Choukeiry, le chef de l'OLP avant Arafat, avait répondu ceci: «Il n'y aura plus de problème juif en Palestine après la victoire.» Après la guerre des Six-Jours, le peuple israélien a perdu sa cohésion et ses certitudes. Nous sommes devenus une nation déchirée, avec des jeunes gens qui ne savent plus si les combats qu'ils doivent mener sont justes et inévitables.

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Guerre des Six-Jours (1967)


Le mouvement sioniste de mon enfance voulait redonner à notre peuple une place dans l'Histoire. J'appartiens à cette génération de 1948 qui a eu la grande joie de créer un Etat.

Quelques mois avant l'assassinat de Yitzhak Rabin, sa sœur Rachel m'a envoyé une lettre: «Gouri, écrivait-elle, vous êtes aveugle! Il y a des cris de fous autour de la maison. Des cris de haine. Où sont ses amis?» Elle avait compris le danger. Mais personne ne croyait cela possible… Oui, la haine peut toujours revenir. De tous les côtés… Mais sans la force, hélas! nous n'avons aucune possibilité de vivre dans cette région de colère qui n'a pas de pitié pour les faibles. Je crois qu'Israël est assez fort pour se défendre. Au long de ce dur chemin, nous avons aussi appris les limites de cette force. Aujourd'hui, certains, plus nombreux qu'on ne le croit, ont la volonté de trouver une solution: pas l'amour, oh non! Ni la fraternité. Simplement vivre l'un à côté de l'autre... En France, on a tendance à nous juger hâtivement, sans venir ici pour comprendre, et beaucoup d'Israéliens en souffrent. Soyez plus honnêtes, plus justes avec nous. Israël, c'est si compliqué… Ne rendez pas non plus les juifs de la diaspora responsables de ce que font les Israéliens. Nous sommes seuls, nous, ici, responsables de nos actes.


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Ce n'est pas réaliste. Il nous faut nous séparer. Deux Etats pour deux nations. Parfois, je pense que cette situation ne finira jamais. Et, parfois, je me dis que les deux peuples sont plus sages qu'autrefois, que même si l'avènement au pouvoir du Hamas semble nous ramener en 1947, on renouera le dialogue... Il y a une immense fatigue des deux côtés, vous savez. Nous sommes fatigués de la mort… Mais il ne s'agit pas d'une malédiction ni d'une punition des cieux. C'est une affaire humaine, banalement humaine. Un ami arabe m'a dit un jour: «Vous, les juifs, vous cultivez l'idée d'un avenir salvateur, où on passerait de l'obscurité à la lumière, de la guerre à la paix. Pour nous, le temps est cyclique: été, printemps, hiver, automne; guerre, paix, amour, haine… Alors, n'attendons pas. Donnons seulement à la vie la chance d'être vécue.» Je crois qu'il a raison: juste amoindrir la haine, donner une petite chance à la vie.

(intégralité de l'interview ici.)

Et pour finir, une interview filmé de Haïm Gouri, l'an passé à Paris :
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Kashima
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Chaïm Potok

Message  Kashima le Mer 21 Jan 2009 - 17:58

1 - Qui est Chaïm Potok?
(Source : EVENE)

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Herman Harold Potok, baptisé ensuite 'Chaïm' qui signifie 'la vie' en Hébreu, est l'aîné de quatre enfants d'une famille d'immigrés juifs polonais.
Il reçoit une éducation primaire dans les écoles juives où il étudie les sujets séculaires mais également le Talmud, le centre du programme d'études. Il se voue à la lecture en dévorant James Joyce, Ernest Hemingway, William Faulkner, Thomas Mann, et Evelyn Waugh.
Il est ordonné Rabbi conservateur à l'âge de 25 ans.

Auteur, Chaïm Potok écrit des articles dans des revues savantes et populaires. Entre 1957 à 1959, il enseigne à l'université du judaïsme. En 1965, il est nommé rédacteur en chef de la société juive de publication à Philadelphie, puis prend la présidence de son comité de publication.
Le roman L'Elu marque vraiment ses débuts en tant qu'écrivain en 1967. Le thème central de ses romans reste les tensions entre le judaïsme et les valeurs et la culture de la société moderne.
Ses travaux ont essentiellement été autobiographiques dans les années 80. Son expérience d'aumônier dans l'armée des USA en Corée, entre 1955 et 1957, l'a inspiré pour l'écriture Le livre des lumières, publié en 1981 et Je suis l'Argile en 1992.
Malade, Chaïm Potok, qui a vécu au travers de ses écrits, meurt d'un cancer en 2002.


2 - L'Elu

Robert Malter a quinze ans. Il est juif et va dans une yeshiva (école juive) où l'on suit beaucoup de cours en anglais et où les matières juives sont enseignées plus en hébreu qu'en yiddish. On apprend, p. 40, que "l'hébreu (est) la Langue Sacrée et que de s'en servir pour des cours ordinaires, en classe, (est) un sacrilège contre le nom de Dieu."
Il est amené à rencontrer, lors d'un match de base-ball, un "hassid*", Danny Saunders, pour qui il est un "apikoros", un "épicurien", mot qui désigne un "Juif qui, élevé dans le judaïsme, 'renie) les dogmes fondamentaux de sa foi".

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Aux termes du match qui oppose les deux équipes, celle des hassidiques et celle de Malter, ce dernier finit à l'hôpital, frappé par une balle de Danny. La haine est déclarée.
Pourtant, Danny lui rend visite. En parlant tous les deux, l'amitié va naître entre ces deux juifs religieux dont l'un est orthodoxe, mais n'a rien d'un hassid dans sa façon de parler.


3- Les Juifs hassidiques

Qu'est-ce que l'hassidisme?
C'est un mouvement religieux juif, fondé au XVIIIe siècle en Europe de l'Est (Biélorussie et Ukraine).

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Les hassidim insistent particulièrement sur la communion joyeuse avec Dieu, en particulier par le chant et la danse.

Aujourd’hui, on trouve des Hassidim dans la plupart des communautés juives, mais leurs grands centres sont les É.-U. et Israël.

Leurs spécificités restent :

* un séparatisme social (écoles spécifiques, magasins spécifiques), géographique (quartiers séparés, parfois physiquement fermés pendant le chabbat) et vestimentaire, même vis-à-vis des autres juifs ;
* une religiosité extrêmement poussée. En Israël, les financements d'état des yeshivot permettent à une forte proportion de Hassidim (chez les hommes) d'étudier le Talmud toute leur vie, sans travail salarié. Dans les communautés hors d'Israël, celui-ci est cependant plus développé ;
* un rapport allant d'une hostilité viscérale (très minoritaire) à une vision positive (minoritaire), en passant par une neutralité intéressée mais critique (majoritaire) vis à vis du sionisme.

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Le hassidisme est aujourd'hui une des deux forces majeures (avec le mitnagdisme) de l’ultraorthodoxie juive.






Dernière édition par Kashima le Dim 25 Jan 2009 - 12:47, édité 1 fois

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Re: Littérature juive

Message  bulle de soif le Jeu 22 Jan 2009 - 12:14

Kashima a écrit:Merci à toi pour ces mots en hébreux. Comment s'accorde l'adjectif?
Comme je l'ai dit au-dessus, ce n'est pas de la grande littérature, mais j'ai passé un bon moment et appris des choses.
Quelle a été ton expérience d'ola? Combien de temps y es-tu restée? Es-tu partie pour faire ton alyah? (j'espère ne pas être indiscrète).
Et aurais-tu des livres juifs, israéliens (romans, surtout, pour l'instant, voire romans historiques sur l'après 1948) à me conseiller?


Je te conseille André Schwartz Bart, "Le Dernier des Justes".

bulle de soif
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Re: Littérature juive

Message  Kashima le Jeu 22 Jan 2009 - 13:43

Je vais regarder... Merci.

(prix Goncourt 1959)
"Première œuvre sur le devoir de mémoire, ce roman d'André Schwarz-Bart est un témoignage de essentiel de son histoire et de celle de tout le peuple juif de l'an mille à la Shoah."

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Gouri et Agnon

Message  Kashima le Sam 24 Jan 2009 - 15:01

Pas trouvé à la bibliothèque, mais mardi, je peux me le procurer dans une autre.

En attendant, j'ai emprunté La Cage de Verre (journal du procès Eichmann) d'Haïm Gouri (voir ci-dessus), et Une histoire toute simple de S.J. Agnon, écrivain israélien qui a eu le Nobel en 1966. "Samuel-Joseph Agnon est le principal auteur de langue hébraïque d'avant Israël qui soit un peu connu en France. Il a servi de modèle à tous les autres écrivains, a eu un billet de banque à son effigie, et sa rue était barrée avec la mention "Silence, écrivain au travail !".

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L'Elu

Message  Kashima le Dim 25 Jan 2009 - 13:34

Kashima a écrit:
2 - L'Elu

Robert Malter a quinze ans. Il est juif et va dans une yeshiva (école juive) où l'on suit beaucoup de cours en anglais et où les matières juives sont enseignées plus en hébreu qu'en yiddish. On apprend, p. 40, que "l'hébreu (est) la Langue Sacrée et que de s'en servir pour des cours ordinaires, en classe, (est) un sacrilège contre le nom de Dieu."
Il est amené à rencontrer, lors d'un match de base-ball, un "hassid*", Danny Saunders, pour qui il est un "apikoros", un "épicurien", mot qui désigne un "Juif qui, élevé dans le judaïsme, le renie) les dogmes fondamentaux de sa foi".

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Aux termes du match qui oppose les deux équipes, celle des hassidiques et celle de Malter, ce dernier finit à l'hôpital, frappé par une balle de Danny. La haine est déclarée.
Pourtant, Danny lui rend visite. En parlant tous les deux, l'amitié va naître entre ces deux juifs religieux dont l'un est orthodoxe, mais n'a rien d'un hassid dans sa façon de parler.


Et c'est loin d'être l'essentiel de ce livre instructif et passionnant!

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Le père de Danny, Reb Saunders, est un tzaddik, c'est à dire un rabbin chef de sa communauté hassidique. Il éduque son fils par le silence. Les seules discussions qu'il a avec lui sont sur le Talmud.
Il destine Danny à prendre la relève : il sera tzaddik lui aussi. Mais le père s'est très vite rendu compte de l'esprit de son fils, esprit qui risque de le détourner de cette voie. Malgré l'interdiction qu'il a de lire, il se rend tous les jours à la bibliothèque et lit les livres que lui conseille le père de son ami Reuven (Robert). Il se passionne pour la psychologie et Freud.

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Le père de Reuven est un homme très croyant, mais il n'est pas un hassid. Durant la Deuxième guerre mondiale, période où se déroule cette histoire, il devient un vrai sioniste : il est pour la création d'un État juif, chose à laquelle s'opposent strictement les hassidim qui estiment que ce sera un état de goy juifs car un état laïc, et qu'il faut attendre la venue du Messie pour créer Eretz Yisroel.
Le père de Reuven, au contraire, pense que les six millions de morts ont suffi et que les juifs doivent se réunir sur leur terre, la Palestine.
Ce sont donc deux visions totalement opposées :

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Ce livre montre comment deux jeunes se lient d'amitié malgré leurs différences énormes face au judaïsme, et aussi comment le jeune hassid, par son intelligence, va pouvoir se détacher petit à petit de ce à quoi on le destine...
Un des plus beaux passages est le discours de Reb Saunders, à la fin du livre, mais je ne le retranscrirai pas ici. Il nous donne la clé de ce silence qui a servi d'éducation pour son fils.

On apprend de nombreuses choses sur le hassidisme, on vit la création de l'État israélien avec le père de Reuven, à New-York... On assiste aux actions de l'Irgoun et de la Haganah.

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J'ai mieux compris pourquoi les hassidim s'opposent au sionisme. En revanche, je ne comprends toujours pas pourquoi ils vivent en Israël puisqu'ils sont contre l'État laïc...
Ils semblent vouloir porter le malheur juif, jusque dans leurs chants et leurs danses.

On découvre avec horreur aussi les millions de morts et les camps :

"Il ne reste plus qu'une seule communauté juive au monde, dit-il (le père de Reuven). (...) Elle est ici, en Amérique. Nous avons maintenant une responsabilité terrible. Nous devons remplacer les trésors que nous avons perdus. (...) Le monde juif est changé. (...) Un fou a détruit nos trésors. Si nous ne rebâtissons pas le judaïsme en Amérique, nous mourrons en tant que peuple." (257)

Cette phrase me renvoie aux notes d'Haïm Gouri au procès Eichmann (voir ci-dessous)...

Les deux jeunes personnages sont des garçons brillants.
"On se prend même à se passionner pour les querelles théologiques du Talmud", est-il dit sur la quatrième de couverture qui reprend une critique du Figaro, et je suis entièrement d'accord.


PS : Que veut dire "nu", mot par lequel Reb Sauders ponctue ses discours? Je pensais à un "bon"...


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La Cage de Verre

Message  Kashima le Dim 25 Jan 2009 - 14:03

Kashima a écrit:

2 - Qui est Haïm Gouri?

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« Je suis une guerre civile »



Il a traduit en hébreu des auteurs français : Arthur Rimbaud, Baudelaire, Guillaume Apollinaire, Paul Claudel, Georges Duhamel, Marcel Pagnol... Il a reçu le prix Sokolov pour La Cage de verre (1962) (sur le procès Eichmann à Jérusalem) et le prix Bialik pour Visions de Gihazi (poèmes, 1975).

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Voici les premiers mots de La Cage de Verre :

"Il est entré dans la cabine de verre à 8h55. Sans préavis. Simplement, il est entré et il s'est assis. Grand, sec ; complet sombre, chemise blanche méticuleusement repassée, cravate. Deux policiers immobiles à ses côtés. C'est tout."

Les chefs d'accusation, au nombre de quinze, lui sont lus. Eichmann plaide non coupable.
Quelques jours après, le procureur Gédéon Hausner dit au tribunal de Jérusalem, où se déroule le procès de ce criminel de guerre :

"En cet endroit où je me trouve, juges d'Israël, pour prononcer le terrible réquisitoire contre Adolf Eichmann - je ne suis pas eul ; à mes côtés se tiennent, ici et en ce moment, six millions de procureurs. Mais ils ne peuvent se lever, pointer un doigt accusateur vers la cabine de verre et crier à la face de celui qui y est assis : j'accuse!... C'est pourquoi je serai leur porte-parole..." (18)

Un passage marquant, dès le début de ce livre :
"Voyant que son frère avait été tué, le jeune Aaron cria : "Mère, mère, ne me tue point", et il alla se cacher sous un meuble. Elle prit alors ses deux filles et les sacrifia à l'Éternel (...). Et lorsque la Juste eut sacrifié ses trois enfants au Créateur, elle éleva la voix et appela son fils Aaron : "Aaron, où es-tu?" (21)

La montée du nazisme est rappelée lors du procès.

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Re: Littérature juive

Message  Kashima le Jeu 29 Jan 2009 - 8:36

Après l'accusation, c'est à la défense d'avoir la parole.

Eichmann est resté impassible durant le procès et les témoignages, sans sa cage de verre. Il a pris des notes, n'a pas montré un signe d'émotion. Si, à un moment, il montre une émotion :
"Au fait, j'ai appris qu'il était mécontent, aujourd'hui. Sachant qu'il s'agissait d'une audience à huis clos, Eichmann était venu en chandail, sans cravate. L'audience terminée, il reprocha à ses geôliers de ne pas l'avoir averti que les journalistes seraient présents à la projection des films : il aurait mis, leur dit-il, le complet sombre qu'il porte tous les jours..." (152)

Il faut préciser que cette colère vient après les images projetées des opérations des Einsatzgruppen, par exemple. Ces assassinats sont moins importants pour Eichmann que l'image qu'il veut laisser de lui à la postérité, celle d'un homme en costume sombre! Pour mémoire, ces commandos ont décimé deux millions de Juifs européens, une balle par personne pour ne pas gaspiller :

Six millions de Juifs européens ont été anéantis, et la décision a été prise à Wansee en "une heure, une heure et demi" :
"Dans une heure il y a 60 minutes. A la suite de cette "conférence", 6 000 000 de Juifs ont été "définitivement résolus". 100 000 âmes juives pour chaque minute." (182)

La "mort du judaïsme d'Europe" est relatée à la barre. Les témoins sont nombreux, les juges ne peuvent donner la parole à tous. Alors, voici quelques exemples qui m'ont marquée au cours de la lecture :

D'abord, cette phrase :

"L'Allemand abattit la mère d'un coup de feu et déchira le bébé comme un torchon". (52)
(L'image est terrible.)


L'histoire de cette rescapée d'un Einsatzgruppen, Rivka Yosselewska.
En septembre 1942, à Povost-Zagordski, Rivka se présente au lieu de rassemblement avec sa fille Martha, devant la fosse dans laquelle tombent un à un les corps. Un des SS s'approche d'elle et lui dit :
"Qui veux-tu que nous fusillions d'abord, ta fille ou toi?"
"Sa fille fut abattue la première, elle resta en vie et revint à la surface au bout d'un moment : Les corps me mordaient, me griffaient et me tiraient vers le bas et pourtant, je remontais à la surface."
(64)

Une autre image, au détour d'un paragraphe :
"On n'a pas encore vu (...) les yeux d'une seule jeune fille pénétrant dans le laboratoire expérimental du dr Klauberg au lieu de se rendre à ses noces." (170)

Une chose que je n'ai lue nulle part avant, et qui m'a surprise :
"Comment ne pas se souvenir des mots État juif inscrits à l'entrée des chambres à gaz?" (164)
Je n'ai pas pu le vérifier, mais je ne mets pas en doute la parole des témoins et d'Haïm Gouri. Si c'est le cas, l'ironie est affreuse.


Il est question de la fière rébellion de Rosa Robuta, mais je n'arrive pas à en savoir plus sur elle que ce que je lis dans ce livre (130-131) : elle avait fait passer, avec des jeunes filles, des explosifs à Auschwitz. Des crématoires ont sauté, mais Rosa a été prise et torturée. Elle n'a livré personne. "Elle savait pourquoi elle allait mourir. Héroïne obscure."

Il y a aussi cette femme prise, qui complotait contre les nazis et qui, malgré la torture, crache au visage du SS et lui dit que lui, il mourra comme un chien.


La défense d'Eichmann consiste à dire qu'il n'y est pour rien, qu'il n'a fait qu'obéir aux ordres, alors que tous les témoignages, papiers, etc. le désignent comme un des chefs les plus assidus, de ceux qui traquaient les Juifs jusqu'au dernier :
"Il a déjà eu bien des occasions de s'effondrer. Pour le moment, il reste toujours impassible." (152)

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"Un bon père de famille"...

"Et il y avait ceux qui disaient qu'il ressemblait à un petit fonctionnaire, à un bon père de famille, à un bon bureaucrate et ajoutaient que, eût-il été chargé non pas de l'extermination des Juifs mais de la culture des pommes de terre, il aurait obtenu des récoltes record dans toute l'étendue du Troisième Reich..." (162)

Certains ont fui, ont échappé à Nuremberg et au châtiment, comme le Dr Mengele, "l'ange de la mort', "médecin nazi allemand actif notamment au camp de concentration d'Auschwitz, qui a participé à la sélection des envois vers les chambres à gaz et s'est livré sur de nombreux prisonniers à des expériences à prétention scientifique constituant des violations graves des droits de l'homme (tortures, sévices corporels entraînant souvent la mort)." Il est mort de sa belle mort, sans jugement.

Eichmann ne comparaît qu'en 1961. Pour mémoire, voici son parcours après la guerre (les nazis avaient une telle envie de vivre, étaient d'une telle lâcheté face à leurs actes pour lesquels ils n'avaient pourtant aucun remords!) :

"À la fin de la guerre, Eichmann est capturé par l'armée américaine à qui il se présente comme « Otto Eckmann ». Début 1946, il s'échappe des prisons américaines et se cache en Allemagne durant plusieurs années.
En 1948, il obtient un permis de séjour en Argentine, mais ne l'utilise pas immédiatement.
En 1950, il arrive en Italie et prend un nouvel alias, Ricardo Klement, qu'il ne changera plus jusqu'à sa capture. Avec l'aide d'un moine franciscain qui fréquente Alois Hudal, il obtient le 1er juin 1950 un passeport humanitaire de la Croix-Rouge internationale ainsi qu'un visa argentin.
Le 14 juillet 1950, Eichmann débarque à Buenos Aires où il exercera différents métiers manuels. Il fait aussi venir avec lui sa femme et ses deux fils. Il aura un troisième fils, Ricardo Francisco Eichmann, après que son épouse l'eut rejoint dans la banlieue de Buenos Aires.
Durant les années 1950, de nombreux juifs s'emploient à retrouver les criminels nazis en fuite, et Eichmann fait partie des premiers sur la liste.
Eichmann est enlevé en pleine rue par une équipe d'agents du Mossad le 11 mai 1960 et, le 21, il est transporté jusqu'en Israël à partir d'un aéroport militaire argentin. Pour l'anecdote, à l'entrée de la base, un barrage militaire les attendait. Afin qu'Eichmann ne dévoile pas aux soldats argentins qu'il venait d'être enlevé, il fut revêtu d'un uniforme israélien et on le força à boire une bouteille de whisky entière. Rafi Eitan (chargé de l'opération) et ses hommes s'aspergèrent de whisky. À l'entrée de la base, les soldats argentins arrêtèrent l'automobile et se moquèrent des Israéliens incapables de tenir l'alcool. Cette action, contrevenant aux lois internationales, soulève la colère des autorités argentines.

Le gouvernement israélien nie tout d'abord être impliqué dans cet enlèvement et prétend qu'il est le fait de volontaires civils juifs chasseurs de nazis. David Ben Gourion, alors Premier ministre, annonce la capture d'Eichmann à la Knesset le 23 mai 1960. Cette annonce est acclamée debout par les députés présents. Pour connaître les détails de la capture d'Eichmann, on peut se reporter à l'ouvrage d'Isser Harel La Maison de la rue Garibaldi."
(Wikipedia)

Je n'ai pas encore terminé le livre...


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Re: Littérature juive

Message  Kashima le Dim 1 Fév 2009 - 10:04


Une remarque intéressante est tirée de l'article de Nathan Altermann, paru pendant le procès, que l'interrogatoire fait à Eichmann, aussi long soit-il, n'est rien "en comparaison avec une seule minute d'interrogatoire à sa Gestapo."

Après l'interrogatoire de la défense et de l'accusation, c'est au tour des juges d'interroger l'accusé. "L'impératif catégorique kantien" est utilisé. En résumé, cet impératif dit :
"Agis de telle sorte que tu traites toujours l'humanité, soit dans ta personne, soit dans la personne d'autrui, comme une fin, et que tu ne t'en serves jamais comme d'un moyen."
Le juge Raveh demande à Eichmann, qui a dit avoir essayé toute sa vie d'agir selon cet impératif, s'il considère l'avoir fait en exterminant les Juifs. La réponse de l'accusé est toujours la même : il se retranche derrière ses supérieurs :
"C'était la guerre, je devais obéir. Je ne pouvais donc mettre ma vie (...) au service de l'impératif..." (249)

Suite à ce système de défense, une vérité est "limpide" :
"Les rapports de subordination ne relèvent personne de sa responsabilité. On ne saurait innocenter quelqu'un pour avoir été un instrument aux mains d'Hitler, s'il était conscient de ses actes." (270) Et Eichmann l'était. Au nom de l'obéissance aveugle à la loi, un soldat peut-être amené à tuer son commandant si un supérieur du commandant l'exige. En niant jusqu'au bout, en voulant se dédouaner, Eichmann, qui affirme ne pas être un lâche, en est l'exemple même!

Le public est ahuri, abruti par l'attitude de cet homme, "incapable d'établir un rapprochement entre cet océan de sang et le fantôme glacé assis dans la cabine de verre." (282)

Le national-socialisme, qui considérait l'Europe comme "le maître de maison" "a, en fin de compte, envoyé son vieil hôte au ciel par la voie des cheminées". (261)

Le verdict est rendu le 16 décembre 1961 : Eichmann sera pendu en juin 1962.

"Le châtiment pour le sang répandu d'un petit enfant, Satan ne l'a pas encore inventé." (Bialik) (318)


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Homo lupus

Message  Kashima le Mar 5 Mai 2009 - 15:16


« Chacun porte en soi sa propre guerre, qu’il doit assumer, gagner ou perdre, tout seul, selon sa justice personnelle. » (252)

J’ai essayé de raconter L’Oiseau bariolé mais, dès que l’on commence à vouloir narrer ce livre, on donne l’impression à celui qui nous écoute qu’on est en train de résumer les malheurs du bon petit diable ou d’un orphelin de Dickens, et ce n'est pas cela.
Un petit garçon est livré à lui-même dans un monde noir, où les hommes n’ont pas de bonté. Il est le « bohémien », le juif ? On sait qu’il peut être pris par les Allemands et il erre de village en village, témoin de toutes les cruautés.
Je ne crois pas être d’une sensibilité accrue quand il s’agit de lire ou de voir des horreurs mais là, j’ai été mal à l’aise, dérangée. J’ai parfois dû sortir la tête du livre et attendre un peu, n’en croyant pas mes yeux.

Jamais on n’entrera dans les camps : on restera à vagabonder à l’Est, regardant passer les trains bondés d’êtres humains, qui se jettent sur les rails ou tentent parfois de sauver leur progéniture. On aura un aperçu des actes inhumains qui peuvent s’y dérouler seulement quand on observera le comportement abominable de toute cette nature humaine.
Par exemple, une jeune juive parvient à tomber du train. Les villageois votent à l’unanimité pour la livrer aux Allemands dès le lendemain. Une scène de viol, d’une violence inqualifiable, prolongera son supplice :
« Il monta à califourchon sur sa victime prostrée. Elle gémit, et prononça quelques mots dans une langue inintelligible, lorsque son emprise se fit plus violente. (…) Elle ouvrait et refermait les doigts dans le vide, comme pour chercher un secours invisible. » (147)

Le plus terrible est de se croire sauvé quand on revient parmi les siens. Mais cette guerre, au dehors comme au-dedans, met à nu l’inhumanité de l’homme.
L’oiseau bariolé, c’est celui que Lekh peint pour tromper son désespoir : il capture les oiseaux, en badigeonne un de toutes les couleurs. Quand celui-ci s’envole pour retrouver les siens, il se fait assassiner par ses frères…
Le dehors est un repaire de loups. Aucune pitié pour les bêtes ou pour l’orphelin qu’on bat, qu’on utilise…

Au fur et à mesure des pages, le jeune narrateur devient, au contact de ses pairs, un bloc de béton.
Je ressors de cette lecture profondément marquée. Difficile d'entrer dans un conte et de s'apercevoir que les sorcières et les ogres existent vraiment...

Quelques mots sur l'auteur (d'après Wikipedia):


Jerzy N. Kosinski est né en Pologne. Il a survécu avec sa famille à la Seconde Guerre mondiale sous une fausse identité (Jerzy Kosiński) caché chez des paysans polonais dans l'est du pays. Un prêtre catholique lui a délivré un faux certificat de baptême.
En 1965, il devient citoyen américain.

Il a obtenu de nombreux prix littéraires, dont le Prix du meilleur livre étranger (1966) pour The Painted Bird où se mélangent les impressions de la guerre, la description de l’état totalitaire et les éléments fantastiques.
Après sa parution, le texte a partagé les critiques entre ceux qui l’interprétaient comme un document autobiographique sur la Shoah et ceux qui le lisaient comme une fiction littéraire. En Pologne surtout, l’interprétation documentaire a causé beaucoup d’émoi, la famille qui a hébergé durant l’occupation allemande Kosinski et les autres enfants juifs identifiables dans le livre par leurs prénoms (réels), s’insurgea dans la presse contre l’ingratitude de Jerzy, sauvé au péril de leurs vies, qui a décrit les paysans comme des criminels, violeurs d’enfants. Kosinski laissera longtemps planer le doute sur la véracité de l’histoire du petit Jurek (diminutif de Jerzy utilisé dans le texte) pour finalement à la fin de sa vie admettre que son récit était une fiction, une parabole surréaliste du destin humain.

La nuit de 3 mai 1991, il appelle une amie, la chanteuse de jazz Urszula Dudziak, et lui dit : Je te rappelle quand je me réveillerai. Il prend des barbituriques avec une grande dose d’alcool et s’allonge dans la baignoire avec un sac en plastique sur la tête. Le matin sa femme, Katherina von Fraunhofer le retrouve mort.




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Amos Oz

Message  Kashima le Lun 10 Aoû 2009 - 10:28

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« Nous sommes venus avec des socs de charrue. Ils nous ont accueillis l’épée au poing. »(68)
La vie dans le kibboutz de Metsoudat-Ram, à la frontière jordanienne, est l’objet de ce livre.
Le lecteur fait la connaissance de Reouven Harich, que sa femme Eva a quitté pour un touriste allemand. Il travaille dans le kibboutz, a deux enfants, Noga et Gaï. Autour d’eux gravitent d’autres personnages qui font cette histoire.

La vie dans le kibboutz doit mener à la purification. A vivre les uns à côté des autres doit aider l’homme à se purifier. Pour cela, il faut croire que la médisance est une qualité qui vous aide à vous améliorer : c’est une des premières choses surprenantes que l’on peut lire :
« La médisance n’est alors que l’autre nom du jugement. Sous l’effet de la médisance, nous dominons nos instincts et maîtrisons notre être biologique, pour devenir meilleurs. »

La narration se fait à travers un regard difficile à déterminer, peut-être un habitant du kibboutz ? parfois, ce « on » glisse vers un « je », celui de Reouven, celui de Bronka, sa maîtresse, celui de Noga, la jeune fille de Reouven…

Le personnage le plus abrupt semble être celui qui a le plus de sagesse. Ezra passe sa journée dans son camion, il a le temps de penser que, par exemple, « il y a toujours près de toi un squelette blanc, avec des côtes blanches, et un crâne, et des dents, et d’immenses orbites à la place des yeux, comme sur des planches d’anatomie. Quand tu fais l’amour à une femme, (...) tu frottes à vrai dire ton squelette contre un autre squelette. Si on n’entend pas l’horrible bruit qui transformerait le jeu en une farce affreuse, si on n’entend pas le choc, c’est uniquement parce qu’il reste encore un revêtement mou. Mais il est temporaire, il n’a rien de durable. Il est fait de matière humide qui se putréfie très vite. » (182)

Un peu plus tôt, Ezra se remémorait la mort de Rémigolski, tué à la frontière par des Arabes :
« un mort, c’est sacré. Tant que l’homme est vivant, aucun tabou. On est libre de le piétiner, comme le seuil d’une porte. (…) mais d’un mort, il est interdit de dire du mal. Interdit de lui faire du tort. » (104)
C’est le personnage qui, contre toute attente, incarne le philosophe, lui qui semble brut et terre à terre avec sa poitrine tapissée de poils. C’est de lui que s’éprend la fille du poète, la jeune Noga. Il raconte une histoire à Rami, le garçon qui courtise Noga avant qu’elle ne tombe dans ses bras, l’histoire du « Tu trouves et tu as trouvé ? ».
Si l’on vous pose cette question après votre nuit de noces, il sera bon signe de répondre « j’ai trouvé », mauvais signe de répondre « je trouve, car un proverbe dit :
« Qui a trouvé une femme a trouvé le bonheur », un autre « Je trouve la femme plus amère que la mort. »… (155)

Et puis, Noga tombe enceinte… Le frère cadet d’Ezra, personnage diabolique, vient d’Allemagne, leur rendre visite…

Une phrase à retenir : « La patrie est dans le sang, pas uniquement dans un lieu géographique. » (421)

La vie communautaire dans le kibboutz nous est décrite à travers des vies individuelles. C’est bien écrit, raconté de façon originale et me donne envie d’en lire d’autres de cet auteur, Amos Oz, qui prône la paix entre les Juifs et les Arabes.


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la Lamentation du Prépuce

Message  Kashima le Lun 24 Mai 2010 - 17:19

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Ce livre autobiographique raconte comment Shalom Auslander a grandi dans la terreur et la superstition religieuse. Il a été élevé dans une famille juive orthodoxe, à New-York, et dès son jeune âge, il s'est rebellé en mangeant du Mac Donald, en faisant tout ce qu'un jeune de son âge, non juif, a envie de faire. La famille, pieuse, n'est pas exemplaire : le père se dispute violemment avec ses fils (l'image du père est d'ailleurs fortement égratignée...)
Mais, même éloigné de sa religion, adulte, elle le rattrape au moment où il va devenir père : devra-t-il circoncire son fils? Telle est la question qu'il se pose, toujours en conflit avec Dieu, persuadé que celui-ci lui veut du mal.
C'est un livre drôle, divertissant, qui nous apprend des choses sur la pratique du judaïsme.

Et le site, même s'il n'a pas le même nom, existe bien : on peut déposer, grâce à Internet, son message au Mur des Lamentations!
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Eichmann à Jérusalem

Message  Kashima le Ven 9 Juil 2010 - 16:54

Même sujet traité que dans La Cage de Verre (voir ci-dessus), mais par la philosophe Hannah Arendt.

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L'antithèse est dans le titre : un nazi chez les Juifs, un nazi jugé vingt ans après par le peuple qu'on a voulu exterminer et qui a désormais un pays.
C'est un récit précis des faits historiques qui jalonnent la vie d'Adolf Eichmann, chargé du transport des Juifs lors de la Solution finale.
Sont évoquées les solutions d'expulsion, de concentration, avant la décision d'extermination.
Le sous-titre du livre est Rapport sur la banalité du mal, il traite d'un fait historique. Il pose le problème de la conscience, de la culpabilité, mais n'est pas un traité sur ces thèmes. Hannah Arendt montre qu'il n'est pas besoin d'être un monstre pour faire le mal. Eichmann, homme ordinaire quand on le voit, et qui a été un des rouages du plus grand génocide de l'humanité.
Derniers mots du livre qu'aurait pu dire le tribunal à Eichmann (Epilogue) :
"Puisque vous avez soutenu et exécuté une politique qui consistait à refuser de partager la terre avec le peuple juif, (...) nous estimons qu'on ne peut attendre de personne, c'est-à-dire d'aucun membre de l'espèce humaine, qu'il veuille partager la terre avec vous."

Eichmann fut pendu le 31 mai 1962.


Dernière édition par Kashima le Lun 21 Oct 2013 - 18:43, édité 2 fois

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Eichmann procès

Message  Kashima le Jeu 24 Fév 2011 - 9:56

Le film Eichmann raconte les jours d'interrogatoire qui ont précédé le procès :

Entre le 29 mai 1960 et le 17 janvier 1961, Eichmann subit un très long contre interrogatoire.
Le procès d’Eichmann qui eut lieu devant le tribunal de Jérusalem débuta le 11 avril 1961 et fut clos le 15 décembre 1961.


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Un livre qui serait à lire sur sa capture en Argentine, s'il est trouvable :

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A propos de la façon de procéder, de la capture au procès :
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Amir Gutfreund

Message  Kashima le Sam 2 Juil 2011 - 18:23

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"Il n'y a pas de mauvais Juif ou de bon Juif, il y a les morts et les vivants, c'est tout!"


Qui est Amir Gutfreund?
Il né à Haïfa en 1963. Après des études de mathématiques au Technion de Haïfa, il s’engage dans l’armée de l’air où il poursuit une carrière d’officier. Il a aujourd’hui le grade de lieutenant-colonel de l’armée de l’air.

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Il a publié en 2002 un recueil de nouvelles Ahuzat hahof aux éditions Zmora Bitan. Les gens indispensables ne meurent jamais est son premier roman pour lequel il a reçu le prestigieux prix Sapir en 2003. Roman épique, ce livre constitue une prouesse littéraire tant par l’ambition du projet que par son innovation. Jamais le thème de la Shoah n’avait été abordé avec autant d’originalité. En grandissant, Amir et Efi, les protagonistes enfants, veulent comprendre ce qui s’est passé « là-bas », pendant la guerre. Mais comme personne ne veut raconter, ils inventent mille astuces et stratagèmes pour faire parler les oncles et les grands pères. Petit à petit, les barrières cèdent et les récits des survivants apparaissent dans toute l’horreur et l’atrocité de ce qu’ils ont vécu.

(http://www.centrenationaldulivre.fr/?Amir-Gutfreund)

Propos tenus par l'écrivain dans le Monde:
"L'Europe reste sourde aux angoisses d'Israël et préfère s'inquiéter de l'arrivée au pouvoir de la droite dans ce pays. « Durban II » est l'occasion de changer cette donne. L'arrivée au pouvoir de la droite israélienne inquiète les Européens, dit-on. Et quand l'Europe s'inquiète d'Israël, moi, Israélien, je commence à « flipper » dur. Je sais d'expérience que ce genre d'inquiétudes finit toujours par avoir des conséquences néfastes. Aux dernières élections, j'ai voté pour le perdant, autrement dit : à gauche, et même, le bulletin que j'ai glissé dans l'urne est allé à un parti qui s'est pris une raclée monumentale."

Arrow impressions de lecture [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].

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Re: Littérature juive

Message  Kashima le Sam 20 Aoû 2011 - 11:30

Kashima a écrit:Même sujet traité que dans La Cage de Verre (voir ci-dessus), mais par la philosophe Hannah Arendt.

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En complément au procès Eichmann :

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Le dernier des justes - Schwarz-Bart

Message  Kashima le Ven 9 Sep 2011 - 10:12

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“La tradition enfantine voulait qu’aussitôt prononcé le trois, on soufflât au derrière de la coccinelle. Le petit garçon avait arrondi ses lèvres mais, se ravisant soudain, il amena son index et le serra violemment contre le pouce. Aussitôt, la pâte de l’insecte grésilla sous ses doigts. Ernie roula cette pâte de manière à composer un mince rouleau tendre ; puis, imprimant un mouvement circulaire à son index, il transforma la coccinelle en une petite boule de la consistance de la mie de pain. Il lui sembla que tout le vide de son cœur se trouvait pincé entre pouce et index. Mais cela ne suffisait pas : collant ce brin de matière dans le creux de sa main, il le frotta longuement entre ses paumes, jusqu’à ce que la coccinelle se fût entièrement étalée et anéantie en une teinture grisâtre.

Alors, relevant la tête, il s’aperçut que le silence venait de mourir.”


Le Dernier des Justes, André Schwartz-Bart


(Ernie Lévy vient juste de se faire agresser par un groupe de Pimpfe (jeunes nazis). Nous sommes dans les années 30, en pleine montée du nazisme en Allemagne. Ernie se perd dans la nature, au milieu d'insectes qu'il massacre au fur et à mesure que la folie suicidaire le gagne...)

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Le dernier des justes - Schwarz-Bart

Message  Kashima le Sam 10 Sep 2011 - 19:00

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Un Lamed-waf, c'est un "homme de douleurs", un Juif qui prend la souffrance de tous les autres. La tradition dit que le monde s'appuie sur trente-six d'entre eux. Ils sont de simples mortels, mais ont la capacité d'endurer la souffrance des autres. C'est ainsi que commence le livre d'André Schwarz-Bart, pour lequel il eut le Goncourt en 1959.
En remontant en 1185, il nous narre l'histoire des héritiers du rabbin Yom Tov Lévy qui égorgea de ses propres mains hommes, femmes, enfants, vieillards, afin qu'ils échappent à l'ennemi chrétien. Cet homme était un Juste... Depuis, à chaque génération, un autre Juste, un Lévy, lui succède... jusqu'au dernier, Ernie.

Ernie Lévy apparaît presque à la moitié du livre. Petit-fils de Mardochée et de Mutter Judith, fils de Benjamin, il vit en Allemagne avec sa famille. Son grand-père soupçonne en lui un Juste. Il décide de lui raconter l'histoire de ces Lamed-waf et l'enfant, si imprégné de cela, se sent prêt à porter la douleur des autres.
Dans cette Allemagne des années 30, il connaît l'humiliation à l'école (les Pimpfe, jeunes nazis, finissent par l'humilier devant l'Allemande Ilse qu'il aimait.)
On traverse avec lui des moments de délires - comme celui où il malaxe dans sa paume tous les insectes qu'il trouve sur son passage pour combler le vide de son cœur, voir ci-dessus), des rêves, des absences suicidaires.
Après avoir migré avec sa famille en France, il se retrouve pris dans l'engrenage de la guerre, décidant de lui-même de se faire interner à Drancy pour retrouver celle qu'il aime. Il sait que "le cœur juif doit crever mille fois pour le plus grand bien des nations." (367)
Perdre ceux qu'il aime lui fait penser :
"La séparation d'avec un être aimé donne l'avant-goût le plus rigoureux de la mort". (393)

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Ernie semble parfois fou, absent à lui-même, à ce monde. Golda, sa femme imaginaire, ne pense-t-elle pas de lui, à un moment :

"Elle avait le sentiment de se trouver devant un fou subtil ; sa conversation est une nuit hérissée de pointes, on saisit mal son propre malaise, car l'interlocuteur est doux, cultivé ; on découvre soudain qu'il lui manque seulement la raison."
(371)

Tout cela est fatal. Ernie, dernier des Justes, nous le suivrons et respirerons avec lui, dans les dernières pages, le Zyklon B. Poignants derniers mots où le narrateur change, comme si l'auteur prenait lui-même la parole :

"Parfois, il est vrai que le cœur veut crever de chagrin. mais souvent aussi, le soir de préférence, je ne puis m'empêcher qu'Ernie Lévy, mort six millions de fois est encore vivant, quelque part, je ne sais où... hier, comme je tremblais de désespoir au milieu de la rue, cloué au sol, une goutte de pitié tomba d'en haut sur mon visage ; mais il n'y avait nul souffle dans l'air, aucun nuage dans le ciel... il n'y avait qu'une présence."


Autre belle phrase devant l'impuissance de l'hommage que l'on peut rendre au peuple juif exterminé :
"Le seul pèlerinage serait, estimable lecteur, de regarder parfois un ciel d'orage avec mélancolie."


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Sur André Schwarz-Bart :

André Schwarz-Bart (né à Metz le 23 mai 1928 sous le nom d’Abraham Szwarcbart et décédé le 30 septembre 2006 à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) est un écrivain français d’origine juive polonaise.

Issu d’un milieu modeste, il a comme langue maternelle le yiddish.
(...)

En 1972, il publie un bijou littéraire, « La Mulâtresse Solitude » qui ne rencontre aucun succès. André Schwarz-Bart prend alors la décision de ne plus publier et de quitter l’Europe pour s’installer en Guadeloupe. Pour lui, la Shoah et l’esclavage antillais sont deux tragédies qui ne s’excluent pas mutuellement. Avec d’autres auteurs noirs, Schwarz-Bart rapproche les deux tragédies et leurs mémoires respectives.
[Dieudonné, prends-en de la graine!] Mais la critique a du mal à le voir comme un écrivain antillais. Peu avant ses 75 ans, il confie avoir fait fausse route en essayant de parler au nom d’un autre peuple et de rendre un son juste.

Schwarz-Bart reste toute sa vie fidèle à l’idéal sioniste. Il manifeste son soutien à Israël en venant partager le destin des habitants du pays durant les mois de mai et de juin 1967, puis durant la guerre de Kippour. Il a pourtant voulu toute sa vie rester un juif de la diaspora, un juif en exil. En septembre 2006, André Schwarz-Bart est promu au grade d’officier dans l’Ordre des Arts et des Lettres par le ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres. Il meurt le 30 septembre 2006. À sa demande, il est incinéré et ses cendres sont dispersées.


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Le Goncourt à Schwarz-Bart :
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Kashima
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Isaac Bashevis Singer

Message  Kashima le Lun 28 Mai 2012 - 17:35

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La première fois que j'ai rencontré son nom, c'était en lisant des choses sur la condition animale. J'ai retrouvé, à la lecture de ce livre, certaines de ses convictions végétariennes. Pour rappel, cette belle pensée :

« Tout ce verbiage sur la dignité, la compassion, la culture ou la morale semble ridicule lorsqu’il sort de la bouche même de ceux qui tuent des créatures innocentes, pourchassent des renards que leurs chiens ont épuisés, ou même encouragent l’existence des combats de taureaux et des abattoirs. Toutes ces explications, selon lesquelles la nature est cruelle et donc nous sommes en droit d’être cruels, sont hypocrites. Rien ne prouve que l’homme soit plus important qu’un papillon ou qu’une vache. Je considère le fait d’être devenu végétarien comme la plus grande réussite de ma vie. Je ne prétends pas sauver beaucoup d’animaux de l’abattoir, mais mon refus de manger de la viande est une protestation contre la cruauté… Personnellement, je ne crois pas qu'il puisse y avoir de paix dans ce monde tant que les animaux seront traités comme ils le sont aujourd’hui ».

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Ses rapprochements entre la Shoah et la souffrance animale, que j'ai déjà évoqués [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], me semblent tout à fait juste.
"Singer, dans ses écrits tardifs, outrepasse le simple cadre communautaire pour évoquer les doutes et les névroses de l'Homme dans le monde contemporain dont il rapproche la souffrance de celle des animaux. Dans les années 1970, Singer était d'ailleurs devenu un végétarien convaincu, et établit des liens entre le comportement humain envers le monde animal et celui des Nazis durant le dernier conflit mondial."

C'est un prix Nobel qui vous parle, pas le dernier des imbéciles...

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L'Esclave, premier livre de lui que j'ai lu, et qui ne sera pas le dernier vu la qualité de l'écriture et les sujets abordés, raconte l'histoire de Jacob, un Juif rescapé des massacres de Chmielnicki, au Moyen-Âge, massacres perpétrés par les Cosaques qui tuèrent, dans l'est de l'Europe, près de 100 000 Juifs et détruisirent 300 communautés juives. La prouesse de ce texte, justement, est d'être hors du temps et pourrait nous faire croire à un récit plus contemporain, au sortir des pogroms ou de la 2nde guerre mondiale.

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Jacob vit dans une ferme. Il est vu comme un simplet (donne en tout cas cette impression dans les premières pages du livre) alors qu'il est un érudit juif. Seule la fille de la ferme, Wanda, s'intéresse vraiment à lui, et plus que cela : elle est amoureuse de cet homme. Il n'est pas non plus insensible à cette femme même s'il résiste car elle n'est pas juive, et il ne peut commettre ce péché.
La famille de Wanda ressemble à ceci :

"Petite, brune, à moitié chauve, elle (la mère) avait le visage couvert de verrues, et des yeux bridés comme ceux des Tartares. (...) Basha (la soeur) ressemblait à sa mère. Trapue et brune, elle avait hérité des pommettes saillantes et des yeux en amande de la vieille femme." (90)

Wanda est très curieuse de la religion de Jacob, elle veut savoir, comprendre, le questionne ; et lui se prend au jeu :

"Mais plus Wanda l'interrogeait, plus il était évident qu'elle saisissait ce qu'il voulait dire. Elle soulevait même des problèmes qu'il ne pouvait pas résoudre. Si les animaux ne possédaient pas de libre-arbitre, pourquoi fallait-il qu'ils connussent la douleur?" (96)

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Jacob va lutter, mais tous les deux s'aiment et vont partir du village, puis se marier.
Dans la nouvelle ville, Wanda est devenue Sarah. Pour que personne ne se rende compte qu'elle n'est pas une vraie Juive, elle fait semblant d'être muette...

J'aime la description des paysages, par les sensations :

" La lune brillait dans un ciel sans nuages. (...) Des pitons qui se dressaient au-dessus des bois ressemblaient à des cadavres dans leurs linceuls, à des bêtes dressées sur leurs pattes de derrière, à des monstres d'un autre monde. Dans le village, le silence était si profond que les oreilles de Jacob résonnaient comme si une infinité de grillons chantaient sous la neige." (101)

ou encore:

"Des plumes volaient dans l'air, comme dans les abattoirs. Des coqs chantaient, des volailles gloussaient, des oies caquetaient. Sur un espace recouvert de mauvaises herbes, un corbeau picorait la carcasse d'un poulet. Jacob restait bouche bée. C'était là le monde qu'il devait bientôt quitter." (344-345)

et :

"En émergeant, telle la tête d’un nouveau-né, petit et rouge sang, apparut le soleil."

Les images surgissent au cœur de la simplicité apparente de l'écriture.

Les dernières pages sont d'un très grand lyrisme. Ce serait un final magnifique, au cinéma.
C'est une histoire d'amour, une sorte de Tristan et Iseult juif, l'amour jusque dans la mort.

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Isaac Bashevis Singer a reçu le prix Nobel de littérature en 1978. Né d'un père rabbin hassidique et d'une mère elle-même fille de rabbin, il grandit à Varsovie où son père est à la fois leader spirituel et juge. Il poursuit ensuite des études dans une école rabbinique où lui est dispensée une éducation à la fois traditionnelle et religieuse. C'est là qu'il apprend l'hébreu moderne et s'intéresse, entre autres, aux préceptes de la kabbale.

Il commence à écrire dès 1925 et publie quelques nouvelles dans des revues yiddish sous divers pseudonymes. Sa première œuvre : Satan in Goray, est publiée en 1932. Ses ouvrages de jeunesse sont rédigés en hébreu mais il fait vite le choix d'écrire dans sa langue maternelle, essentiellement orale, que son travail d'écrivain va transformer en un témoignage précieux et en un document d'une grande richesse : le yiddish.

Afin de fuir l'antisémitisme grandissant à cette époque, il quitte la Pologne pour les États-Unis en 1935 avec son frère Israel Joshua Singer (écrivain lui aussi) et devient citoyen américain en 1943. Durant sa carrière, il a publié 18 romans, 14 livres pour enfants et plusieurs recueils de nouvelles. L'enthousiasme du public américain pour ses livres vient avec leur traduction anglaise dans les années 1950, entreprise par Saul Bellow. Son œuvre romanesque, très dense et très riche, puise sa matière aussi bien dans l'histoire du peuple juif que dans ses souvenirs d'enfance ou encore dans son expérience américaine.

Son frère aîné meurt subitement en février 1944, à New York, d'une thrombose, et son frère cadet meurt dans la Russie soviétique, vers 1945, après avoir été déporté avec sa mère et son épouse dans le sud du Kazakhstan.

Isaac Bashevis Singer prolonge la grande tradition des conteurs yiddishs traditionnels. Il fait cohabiter la satire, dans l'observation des mœurs juives contemporaines, et le surnaturel : fantômes, démons et esprits malins font de fréquentes apparitions dans ses fictions où ils jouent généralement un rôle essentiel car il permettent de ressusciter la culture hébraïque et d'imager les problèmes inhérents à la sexualité. Nombre de ses livres évoquent dans un mélange d'humour, de naïveté et de fantaisie aussi bien narrative que verbale, la vie des Juifs dans la Pologne d'avant la Seconde Guerre mondiale.


(Wikipedia)

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Gimpel le naïf, Isaac Bashevis Singer

Message  Kashima le Sam 13 Juil 2013 - 17:15

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Encore de bons moments passés à la lecture de ces onze nouvelles d'Isaac Bashevis Singer!
Dans un style toujours aussi agréable, il nous raconte des histoires de personnages juifs : Gimpel est un homme à qui l'ont fait tout croire ; on se moque de lui, lui fait tout avaler, au point de lui faire épouser une femme qui le trompe allègrement, fait des enfants qui ne sont pas de lui... Il est aussi question d'un tueur de femmes : toutes celles qu'il épouse sont tellement maltraitées qu'elles en meurent, jusqu'à ce qu'il tombe lui même sur une sorte de sorcière, marchande poissons.

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Il y a le fossoyeur qui a vu, alors qu'il veillait une morte, celle-ci se lever et crier : "A boire! A boire!"
Une de mes préférées est "Le miroir" : un démon caché derrière un miroir décide de séduire une jeune femme orgueilleuse...

“Quand un démon est fatigué de courir après le passé ou de tourner en rond sur les ailes d’un moulin à vent, il a toujours la ressource de s’installer à l’intérieur d’un miroir. Là il attend, comme une araignée, précisément, en train de tisser ses fils et la mouche n’a aucune chance de lui échapper.”


Le démon a pour morale celle-ci :

“Car tout ce qui est caché veut être révélé au grand jour, chaque secret désire être percé, chaque amour se languit d’être trahi, tout ce qui est sacré doit être profané, le ciel et la terre conspirent pour tout détruire.”


Elle lui résiste un peu :
“Ma mère ne m’a pas élevée pour que je devienne la putain du diable.”

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Les démons reviennent dans "Extraits du journal de quelqu'un qui n'est pas né", nouvelle très plaisante elle aussi où l'on voit un diable faire ses premiers pas dans le mal, se cachant dans la barbe sous la forme d'une puce, étant l'auteur de tous les petits incidents du quotidien jusqu'à ce que ce soit l'heure de commettre un plus grand mal en épousant une vieille fille de trente ans et la condamnant à être la risée du village.

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Rabbi Bainish a tout perdu : sa femme, ses enfants sont tous morts. Il perd peu à peu la foi jusqu'à rencontrer ce qui provoquera en lui une grande joie, l'annonce de sa propre mort... Il ressemble à ce vieil homme ("Le vieil homme") seul au monde, son fils étant même mort avant lui. IL cherche à atteindre un but : Abraham n'est-il pas devenu père à cent ans?

On a l'histoire de deux fils, dans "le feu", proche d'une parabole : l'un est odieux, l'autre est généreux mais il est le bouc-émissaire. Son père le hait aveuglément, quoi qu'il fasse. Son destin est de ne jamais échapper au malheur malgré le bien qu'il fait.

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"Celui qui voit sans être vu" vit heureux avec son épouse : tous deux aiment manger, ils se portant à merveille. Ce vieux couple est attachant. Un jour, la servante décide de séduire Nathan, le mari : il se prend d'un désir fou pour elle qui ne se donnera à lui que s'il divorce de Roise, son épouse.

Avant de finir dans la maison des pauvres, où trois mendiants se racontent comment ils en sont venus là, un beau-père colérique accepte de rencontrer un rabbin qui lui prodigue un sage conseil :

"Et il en est ainsi de toutes choses. Si vous n'êtes pas heureux, comportez-vous comme si vous l'étiez. Le bonheur viendra plus tard. Il en est de même pour la foi. Si vous êtes désespéré, faites comme si vous croyiez. La foi viendra après."

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Perdu en Amérique, Bashevis Singer

Message  Kashima le Sam 20 Juil 2013 - 18:30

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Perdu en Amérique est un roman autobiographique d'Isaac Bashevis Singer, après Un jeune homme à la recherche de l'amour où il raconte son enfance et sa jeunesse.
Dans ce livre, il nous raconte comment, en 1935, il a fui la Pologne pour aller en Amérique, tandis qu'Hitler devenait de plus en plus puissant. Accueilli par son frère, lui-même écrivain, il va commencer à travailler pour un journal qui décide de publier en épisodes un roman de lui par encore achevé. Malheureusement, il perd son inspiration, ne parvient pas à achever le roman comme il l'aurait voulu, et cette publication est un échec.
Il a laissé en Pologne ses maîtresses : sa cousine, Lena, Stefa.
Ses premiers pas en Amérique, il les vit dans un taudis, il y perd même son désir des femmes.
J'ai préféré L'Esclave du même auteur car ce roman, vers la fin, ne m'intéressait plus beaucoup bien que son écriture reste toujours agréable à lire.
Ce qui est particulièrement appréciable et qui m'a amené à cet auteur, c'est aussi cette façon de se préoccuper des animaux et d'assumer son végétarisme dans une œuvre qui ne parle pas du tout de cela.

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Banalité du mal

Message  Kashima le Lun 21 Oct 2013 - 18:41

Kashima a écrit:
Le sous-titre du livre est Rapport sur la banalité du mal, il traite d'un fait historique. Il pose le problème de la conscience, de la culpabilité, mais n'est pas un traité sur ces thèmes. Hannah Arendt montre qu'il n'est pas besoin d'être un monstre pour faire le mal. Eichmann, homme ordinaire quand on le voit, et qui a été un des rouages du plus grand génocide de l'humanité.
Voir le film qui traite de la controverse provoquée par la publication du texte d'Hannah Arendt lors du procès Eichmann: on l'a accusée d'antisémitisme (elle-même est juive mais ne s'identifie pas à un peuple en particulier, cf. le film où cela est dit)
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Re: Littérature juive

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