Les prix littéraires

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Les prix littéraires

Message  Kashima le Jeu 6 Nov 2008 - 10:23

A partir d'octobre, c'est le moment où sont décernés les prix littéraires les plus attendus :


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Prix Goncourt (10 novembre)
Prix Renaudot (10 novembre)
Prix Femina
Prix Interallié (18 novembre)
Prix Académie Française
Prix Médicis
Prix Nobel de Littérature


Le prix Femina a été décerné le 3 novembre à Jean-Louis Fournier, Où on va papa (Stock) :

"Cher Mathieu, cher Thomas,
Quand vous étiez petits, j ai eu quelquefois la tentation, à Noël, de vous offrir un livre, un Tintin par exemple. On aurait pu en parler ensemble après. Je connais bien Tintin, je les ai lus tous plusieurs fois.
Je ne l ai jamais fait. Ce n était pas la peine, vous ne saviez pas lire. Vous ne saurez jamais lire. Jusqu à la fin, vos cadeaux de Noël seront des cubes ou des petites voitures... "

Jusqu à ce jour, je n ai jamais parlé de mes deux garçons. Pourquoi ? J avais honte ? Peur qu on me plaigne ?
Tout cela un peu mélangé. Je crois, surtout, que c était pour échapper à la question terrible : « Qu est-ce qu ils font ? »
Aujourd hui que le temps presse, que la fin du monde est proche et que je suis de plus en plus biodégradable, j ai décidé de leur écrire un livre.
Pour qu on ne les oublie pas, qu il ne reste pas d eux seulement une photo sur une carte d invalidité. Peut-être pour dire mes remords. Je n ai pas été un très bon père. Souvent, je ne les supportais pas. Avec eux, il fallait une patience d ange, et je ne suis pas un ange.
Quand on parle des enfants handicapés, on prend un air de circonstance, comme quand on parle d une catastrophe. Pour une fois, je voudrais essayer de parler d eux avec le sourire. Ils m ont fait rire avec leurs bêtises, et pas toujours involontairement.
Grâce à eux, j ai eu des avantages sur les parents d enfants normaux. Je n ai pas eu de soucis avec leurs études ni leur orientation professionnelle. Nous n avons pas eu à hésiter entre filière scientifique et filière littéraire. Pas eu à nous inquiéter de savoir ce qu ils feraient plus tard, on a su rapidement ce que ce serait : rien.
Et surtout, pendant de nombreuses années, j ai bénéficié d une vignette automobile gratuite. Grâce à eux, j ai pu rouler dans des grosses voitures américaines.


Le Grand Prix du Roman de l'Académie Française a été attibué, le 30 octobre, à Marc Bressant, la Dernière Conférence (ed. de Fallois) :

Une conférence internationale comme tant d'autres. Minuscule monde clos où s'affrontent les intérêts des Etats, mais aussi s'entremêlent les intrigues personnelles de leurs représentants. Elle s'ouvre à Londres en octobre 1989, rassemblant tous les pays européens. Nul n'en attend rien. Même si Gorbatchev et sa perestroïka laissent pressentir de possibles évolutions, on est encore en plein équilibre de la terreur. Du reste, au moment où débute la Conférence, l'Allemagne de l'Est célèbre en fanfare son quarantième anniversaire. Pourtant l'impensable va survenir: quand la Conférence se sépare deux mois plus tard, le Mur de Berlin sera tombé, et, comme dans un jeu de massacre, les démocraties populaires auront été l'une après l'autre balayées. Tout au long de cette Dernière Conférence de la guerre froide, Tromelin, le chef de la délégation française, tient son journal. Sous son regard d'ethnologue, s'agite la faune souvent dérisoire, parfois inquiétante, de ses collègues des deux blocs. Englués au départ dans leurs certitudes, ceux-ci vont vite se trouver démunis face à la tempête qui se lève et peu à peu leur arrache tous leurs repères. Tel un sismographe planté au cœur de ces semaines décisives, le témoignage de Tromelin restitue le tracé du tremblement de terre qui ébranla alors l'Europe et le monde, et en modifia radicalement la trajectoire. Avec une verve impitoyable, le texte cerne, dans ce ghetto qu'est une conférence diplomatique, le destin d'un groupe d'hommes et de femmes confrontés à ce à quoi leur métier les avait le moins préparés: un interstice de liberté dans la trame de l'Histoire.


On sait que le Nobel est allé à Le Clézio.
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A suivre ce week-end, les deux prix les plus attendus : le Goncourt et le Renaudot. Sont en lice pour le Goncourt :

Jean-Baptiste Del Amo
Une éducation libertine

(Livre écrit par un jeune homme, que j'avais entendu dans une émission litétraire, et qui m'avait donné très envie. Livre très remarqué à la rentrée littéraire :
«C'est un homme sans vertu, sans conscience. Un libertin, un impie. Il se moque de tout, n'a que faire des conventions, rit de la morale. Ses mœurs sont, dit-on, tout à fait inconvenantes, ses habitudes frivoles, ses inclinations pour les plaisirs n'ont pas de limites. Il convoite les deux sexes. On ne compte plus les mariages détruits par sa faute, pour le simple jeu de la séduction, l'excitation de la victoire. Il est impudique et grivois, vagabond et paillard. Sa réputation le précède. Les mères mettent en garde leurs filles, de peur qu'il ne les dévoie. Il est arrivé, on le soupçonne, que des dames se tuent pour lui. Après les avoir menées aux extases de l'amour, il les méprise soudain car seule la volupté l'attise. On chuchote qu'il aurait perverti des religieuses et précipité bien d'autres dames dans les ordres. Il détournerait les hommes de leurs épouses, même ceux qui jurent de n'être pas sensibles à ces plaisirs-là. Oh, je vous le dis, il faut s'en méfier comme du vice.» Paris, 1760. Le jeune Gaspard laisse derrière lui Quimper pour la capitale. De l'agitation portuaire du fleuve aux raffinements des salons parisiens, il erre dans les bas-fonds et les bordels de Paris. Roman d'apprentissage, Une éducation libertine retrace l'ascension et la chute d'un homme asservi par la chair.

Jean-Marie Blas de Roblès
Là ou les tigres sont chez eux
(Cité plus haut et couronné par le Médicis)


Michel Le Bris
La beauté du monde
(Celui qui m'a donné envie de parler de l'anthropophagie : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]


Atiq Rahimi
Syngué Sabour : La pierre de patience
Syngué sabour [sége sabur] n.f. (du perse syngue " pierre ", et sabour " patiente "). Pierre de patience. Dans la mythologie perse, il s'agit d'une pierre magique que l'on pose devant soi pour déverser sur elle ses malheurs, ses souffrances, ses douleurs, ses misères... On lui confie tout ce que l'on n'ose pas révéler aux autres... Et la pierre écoute, absorbe comme une éponge tous les mots, tous les secrets jusqu'à ce qu'un beau jour elle éclate... Et ce jour-là on est délivré.



Pour le Renaudot, les concurrents sont :

Salim Bachi
Le silence de Mahomet

Tierno Monénembo
Le roi de Kahel
Au début des années 1880, Aimé Victor Olivier, que les Peuls appelleront Yémé et qui deviendra le vicomte de Sanderval, fonde le projet de conquérir à titre personnel le Fouta-Djalon et d'y faire passer une ligne de chemin de fer. On a presque tout oublié de lui aujourd'hui: il fut pourtant un précurseur de la colonisation de l'Afrique de l'Ouest et ses aventures faisaient le régal des gazettes de l'époque. Au cours de ses cinq voyages successifs, Sanderval parvient à gagner la confiance de l'almâmi, le chef suprême de ce royaume théocratique qu'était le pays peul, qui lui donne le plateau de Kahel et l'autorise à battre monnaie à son effigie. De ce personnage haut en couleur, Tierno Monénembo nous offre une foisonnante biographie romancée. L'épopée solitaire d'un homme, Olivier de Sanderval, qui voulut se tailler un royaume au nez et à la barbe de l'administration française... et des Anglais.

Olivier Poivre d'Arvor
Le voyage du fils

Olivier Rolin
Un chasseur de lions

Elie Wiesel
Le cas Sonderberg


Pronostics!
Pour le Goncourt, je dis : Une éducation libertine.
Pour le Renaudot, Le Roi de Kahel (pronostic ou espérance car je l'avais retenu dans les livres à lire à la rentrée littéraire).


Kashima
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Re: Les prix littéraires

Message  chercheusedor le Jeu 6 Nov 2008 - 11:16

"Une éducation libertine" ferait un beau Goncourt mais l'auteur est très jeune et je crois que c'est son premier livre publié.
Je crois que son style et son univers sont très inspirés par des auteurs comme Laclos et je trouve étonnant et passionnant qu'un homme de cet âge écrive comme cela et s'intéresse à cet univers.

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Re: Les prix littéraires

Message  Kashima le Jeu 6 Nov 2008 - 11:17

J'ai le pressentiment que c'est bien écrit!

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Goncourt et Renaudot

Message  Kashima le Lun 10 Nov 2008 - 8:28

Le Goncourt et le Renaudot pour aujourd'hui.
J'ai eu le plaisir de parler un peu avec Jean-Baptiste del Amo et Jean-Marie Blas de Roblès ce week-end. J'ai acheté, comme prévu, leurs livres, non pas parce qu'ils étaient en lice pour le prix Goncourt, mais parce que j'en avais entendu parler depuis la rentrée et que l'intervention télévisée de Del Amo m'avait plu, surtout que la seule chose qu'avait su lui reprocher le présentateur était l'abondance des adjectifs !
C'est comme quand on reprochait à Murat, sur l'album Tristan, de mettre des "mots trop compliqués"...!

Le travail effectué par Blas de Roblès est impressionnant. J'ai suivi hier une conférence où il expliquait comment il avait procédé pour écrire ce livre. Il y a un jeu de mirois entre le XVIIème siècle et le XXIème siècle. J'en reparlerai dans [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].

Un petit penchant, encore, pour Del Amo, vu son âge et le sujet qu'il aborde... Michel Le Bris a de grandes chances lui aussi, étant quelqu'un de très connu dans le milieu littéraire et qui a fait un livre qui a l'air aussi très intéressant. Je verrais moins le dernier "nominé", Atiq Rahimi...
Faites vos jeux...

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Le Parisien

Message  Kashima le Lun 10 Nov 2008 - 8:49

Le Parisien fait des pronostics tout autres...

"Le prix Goncourt 2008, le plus prestigieux de la saison des prix littéraires, est attribué à 13 heures au restaurant Drouant à Paris, quelques minutes avant le Renaudot.

Le Goncourt pourrait revenir cette année à un Afghan. Le romancier Atiq Rahimi, né à Kaboul en 1962 et réfugié en France dans les années 1980 pour fuir la guerre dans son pays, figure dans le dernier carré des prétendants avec «Syngué sabour» (P.O.L), son premier roman écrit directement en français. «Syngué sabour» est le récit de la confession d'une femme afghane qui se libère de l'oppression sociale et religieuse.

Autre auteur en lice, Jean-Marie Blas de Roblès, 54 ans, a déjà obtenu le Médicis mercredi avec «Là où les tigres sont chez eux» (Zulma), mais son éditeur n'exclut pas un doublé historique Médicis-Goncourt avec ce roman de 800 pages dont l'action navigue entre le XVIIe siècle et le Brésil contemporain.

Jean-Baptiste Del Amo, 26 ans, représente la jeune génération avec son premier roman, «Une éducation libertine» (Gallimard). Mais les Goncourt couronnent rarement un auteur aussi jeune.

Enfin, Michel Le Bris, 64 ans, grand défenseur de la littérature de voyage, complète le dernier carré avec «La beauté du monde» (Grasset), roman des années folles et des grands espaces africains.

Le Renaudot sera, comme chaque année, attribué quelques minutes après le Goncourt, parmi cinq titres : «Un chasseur de lions» (Le Seuil) d'Olivier Rolin, «Le voyage du fils» (Grasset) d'Olivier Poivre d'Arvor, «Le cas Sonderberg» (Grasset) d'Elie Wiesel, «Le roi de Kahel» (Le Seuil) du Guinéen Tierno Monénembo et «Le silence de Mahomet» (Gallimard) de Salim Bachi."



Jonathan Littel n'est pas si vieux que ça et a été couronné par le Goncourt pour Les Bienveillantes! Tout est possible...

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Rahimi et Monénembo

Message  Kashima le Lun 10 Nov 2008 - 13:51

Je me suis complètement plantée pour le Goncourt, mais j'ai trouvé le Renaudot :

Goncourt à Pierre de Patience.


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Renaudot au Roi de Kahel

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Dernière édition par Kashima le Dim 7 Juil 2013 - 12:43, édité 1 fois

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Re: Les prix littéraires

Message  chercheusedor le Lun 10 Nov 2008 - 18:20

A propos de "Syngué sabour" ou pierre de patience.

L'expression "pierre de patience" est d'une poésie renversante.

A garder précieusement dans le coffre aux raretés ?

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2009

Message  Kashima le Lun 2 Nov 2009 - 20:18

Cette année, Prix Goncourt à Marie N'Diaye (Trois femmes puissantes), et Renaudot à Beigbeder (Un Roman français).
D'avance, sans l'avoir lu mais en connaissant le genre de choses qu'il écrit, je suis sûre que c'est un abus d'avoir donné ce prix à Beigbeder... Pff.
N'Diaye, j'en entends beaucoup de bien depuis longtemps... A lire...

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Re: Les prix littéraires

Message  Invité le Lun 2 Nov 2009 - 20:44

Kashima a écrit:D'avance, sans l'avoir lu mais en connaissant le genre de choses qu'il écrit, je suis sûre que c'est un abus d'avoir donné ce prix à Beigbeder... Pff.

Moi non plus ce type ne me revient pas... Je n'ai jamais lu ces livres mais de toute manière, il ne m'inspire pas du tout...

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Re: Les prix littéraires

Message  Invité le Mar 3 Nov 2009 - 12:00

Ce matin, en écoutant la radio, j'ai entendu dire que tout le monde savait que ça allait être Beigbeder qui obtiendrait le prix Renaudot, bien avant la délibération du jury et malgré la faiblesse de son ouvrage.... Apparrement tout le monde était au courant... sauf lui !!!! Comme de par hasard !! lol

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Re: Les prix littéraires

Message  Kashima le Mar 3 Nov 2009 - 20:18

C'est du n'importe quoi... Ca va comme lecture de vacances, Beigbeder, mais au-delà... non...

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Trois femmes puissantes

Message  Kashima le Dim 27 Déc 2009 - 10:10

Kashima a écrit:[justify]Cette année, Prix Goncourt à Marie N'Diaye (Trois femmes puissantes), et Renaudot à Beigbeder (Un Roman français).

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Marie Ndiaye nous raconte une parcelle du destin de trois Sénégalaises : Norah, qui vit en France, devenue une brillante avocate et qui se voit obligée de revenir rendre visite à son père au pays ; Fanta, mariée à Rudy Descas, qui est partie de Dakar où elle enseignait pour suivre en France son mari ; Khady, fière d'être Khady, mais misérable.

D'abord Norah : elle exècre son père, mais il l'oblige à venir le voir pour une affaire importante : son fils chéri, Sony, qu'il a enlevé à sa mère et ramené de force avec lui au Sénégal quand il était petit, est incarcéré pour le meurtre de sa belle-mère. Il compte sur Norah pour le défendre... Celle-ci, rebutée par tout ce qui concerne son père, repense au passé, à sa mère, à sa soeur, au présent qu'elle partage avec un homme qui dérange l'ordre qu'elle s'est imposée avec sa fille et qui l'oppresse par sa douceur et sa nonchalance... C'est la première partie du livre, celle qui m'a accrochée et m'a donné envie de poursuivre.

Dans le deuxième partie, le lecteur est dans la tête de Rudy Descas : professeur agrégé de lettres classiques au Sénégal, il a dû rentrer en France suite à un geste de folie envers un élève. Sa femme, confiante, l'a suivi, croyant qu'ils auraient une belle vie là-bas. Et nous sommes témoins de sa misère sociale et intellectuelle, de sa déchéance psychologique, de la vie ratée de cet homme qui aime sa femme mais montre le contraire.

Enfin, une lointaine cousine de Fanta Descas, Khady, a été mariée pendant trois ans à un gentil mari dont elle n'a pas pu, malgré son acharnement, avoir un enfant. A la mort de celui-ci, elle se retrouve dans sa belle-famille qui s'en débarrasse. Elle suit où on l'emporte, vers un destin misérable qui la poussera, sans volonté de sa part, à vouloir gagner l'Europe.

L'origine de ces trois femmes les lie, c'est l'Afrique. Norah, puissante par sa réussite ; Fanta, par l'amour qu'elle inspire à son mari et l'indifférence qu'elle lui donne ; Khady, par sa propre estime d'elle-même qu'elle gardera même sur un "matelas de mousse", "la vulve gonflée et douloureuse", "le vagin brûlant, irrité" (296), au cœur même de la prostitution à laquelle elle est réduite.

On accède aux pensées de Norah et de Khady indirectement, un narrateur se dresse entre elle et nous ; de Fanta, on n'a que l'ombre, car c'est ce que veut bien nous en dire Rudy, par le biais du même narrateur, ombre qu'elle est devenue en abandonnant pour rien son pays, son métier d'enseignante, vouée à une vie misérable dans un pavillon banal acheté à crédit et dont Rudy a du mal (devenu vendeur de cuisines) à payer les échéances.

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Le flamboyant, la buse, la plaie et les corbeaux, ces symboles accompagnent les personnages (parfois un peu trop visibles pour devenir poétiques).
Je ne suis pas sous le charme immense de la lecture, mais elle me laisse un bon goût (pas aussi fort que celui que promettait le destin de Norah). J'ai davantage l'impression d'avoir lu trois nouvelles : l'agencement des trois vies manque et, par son brio, il aurait fait mériter à ce livre le Prix Goncourt... Il manque, à ce roman, cette puissance-là.

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Goncourt 2008 - Pierre de Patience

Message  Kashima le Sam 10 Juil 2010 - 19:53

Un homme, combattant du Djihad, est paralysé depuis trois semaines : c'est un légume qui a reçu une balle dans la nuque et sur lequel veille son épouse. Elle se confie à lui, parle, comme elle n'a jamais pu parler, brimée par sa condition de femme afghane. Elle en fait sa pierre de patience, cette pierre à qui on livre toutes ses souffrances et qui éclate à la fin.

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Justement, un final fort...
L'écriture est lapidaire. On sent toute cette violence, toute cette frustration de la femme.

Le livre est dédié à la mémoire de N. A. - poétesse afghane sauvagement assassinée par son mari...

Cette femme est Nadia Anjuman :

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Nadia Anjuman est une poétesse et journaliste afghane, née en 1980 et morte le 4 novembre 2005 à Herat.

Elle a publié en 2005 un recueil de poèmes, Gul-e-dodi (Fleurs rouges sombres).

Nadia Anjuman est vraisemblablement morte sous les coups de son mari, Farid Anjuman, dans leur appartement de Herat. L'affaire a néanmmoins été classée avec la mention "suicide", et son mari - qui a reconnu l'avoir battu sa femme mais non l'avoir tuée - élève librement leur petite fille.
(Wikipedia)

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La carte et le territoire, Houellebecq

Message  Kashima le Mer 3 Juil 2013 - 7:33

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Jed Martin a fait les Beaux Arts. Après s'être intéressé aux cartes Michelin dont il a fait des photographies et qui lui offrent un certain succès, il réalise une série de portraits des métiers désuets amenés à disparaître : il devient millionnaire. Sur sa route, il croire Houellebecq, personnage du roman, qui doit rédiger le catalogue de son exposition dont il ignore encore le futur succès.
Ecrit en trois parties, ce roman nous raconte le destin de cet artiste dont la mère s'est suicidée, le père malade et tenté par l'euthanasie ; on croise des personnages tels que Beigbeder ou Teresa Cremisi, l'éditrice de Houellebecq, l'auteur.
C'est plaisant même si certains passages sont un peu longuets, une lecture divertissante de vacances, mais rien dans l'écriture n'a une consistance qui puisse classer ce livre dans le domaine de la littérature, bien qu'il ait eu le Prix Goncourt, chose inexplicable. Je soupçonne le milieu littéraire d'avoir succombé aux caresses faites autour de son nombril par la mise en scène de personnages tels que Beigbeder, ou d'avoir trouvé géniale l'idée que Houellebecq devienne lui même un personnage de l'un de ses romans.
Divertissement, amusement, mais je n'ai rien trouvé qui aille au-delà de ces deux mots malgré, en fond, un pessimisme qui pourrait donner une amorce de profondeur.

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Re: Les prix littéraires

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