Le cinquième exil (Italie)

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Le cinquième exil (Italie)

Message  Kashima le Sam 20 Déc 2014 - 9:37

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"Ils voulaient transmettre à leur descendance l’idée que les Grabhau étaient temporairement en exil, que leur destin n’était lié ni à Marienschloss ni à Lettin - la seconde demeure de la famille, avec sa belle vue sur le lac et ses toits d’ardoise gris à la française - mais qu’il appartenait à une patrie lointaine, inatteignable pour le moment, mais qu’ilsrejoindraient infailliblement dans le futur."


Boris Biancheri est mort en 2011. C'est un auteur italien réputé, malheureusement pas traduit en français, sauf depuis août 2013 où les éditions Pierre-Guillaume de Roux ont publié Le Cinquième exil.
Dès les premières pages, on sent le souffle du grand roman : l'écriture de qualité, les personnages, l'atmosphère...

“L’exil, pensa-t-elle, est un état de l’esprit, non du corps.”

Une grande famille balte est racontée à travers les générations. Anoblie, elle vit dans son domaine de Marienschloss et va connaître l'exil. D'abord, ce sont les Russes qui les chassent : la jeune Marie-Dagmar, une belle héroïne, étrange, ambiguë et forte, se retrouve déchue et doit vivre, avec père et mère, dans une petite bourgade russe, dans des conditions rudimentaires. Elle qui rêvait de s'enfuir avec son percepteur, un affreux Français qui lui a fait faux bond au dernier moment, se retrouve au royaume de l'Ennui.

“Ce n’est pas ce scandale, pas ce scandale-là que tu voulais, toi, Marie- Dagmar! Toi aussi tu devais monter dans la calèche rouge et noire - la grande voiture réservée aux barons - et, blottie sous une couverture, tu aurais parcouru la longue avenue de Marienschloss en regardant les collines fuir très rapidement et en pensant aux splendeurs qui t’attendaient. A Paris! A Paris!”

Deux siècles plus tard, c'est le baron Edouard qu'on retrouve dans les rangs de l'Armée blanche, qui lutte contre l'Armée rouge et les Bolcheviks.
Tout au long du roman, on se demande si les Von Grabhau vont retrouver leur noble vie dans la superbe demeure de Marienschloss... On rêve pour eux du retour.
Ce roman vaut vraiment le détour!

“Qu’un projet fût irréalisable n’était pas, selon elle, une raison suffisante pour renoncer à le concrétiser.”

Kashima
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