La Chasse à l'amour, documentaire Violette Leduc

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La Chasse à l'amour, documentaire Violette Leduc

Message  Kashima le Ven 23 Mai 2014 - 17:11

Documentaire sur Violette Leduc ce soir sur Arte, annoncé par Le Monde :

Il aura fallu attendre dix-huit ans pour qu’enfin, en 1964, Violette Leduc (1907-1972) connaisse, avec La Bâtarde, premier volet d’une trilogie autobiographique préfacée par Simone de Beauvoir, un immense succès public. Dix-huit ans, pour que l’époque accepte d’entendre une voix unique, poétique, intransigeante, tendue par le désir rageur de comprendre et de se comprendre sans faux-fuyant.

Une voix qui par-delà le temps continue d’exercer sa fascination auprès d’un cercle de lecteurs fidèles, mais aussi d’écrivains tels Nina Bouraoui, Annie Ernaux, Virginie Despentes ou René de Ceccatty, qui lui a consacré un merveilleux essai (Eloge de la Bâtarde, Stock, 2013), et également d’un cinéaste, Martin Provost, auteur à l’automne de Violette, qui relatait, de la rédaction de L’Asphyxie, en 1946, au triomphe de La Bâtarde, l’éclosion non sans douleur d’un écrivain.

FRILOSITÉ D’UNE ÉPOQUE

Après ce film remarquablement interprété par Emmanuelle Devos, on ne pouvait que se réjouir qu’un documentaire vienne à son tour compléter ce travail de mise en lumière d’un auteur qui a bousculé, sinon bouleversé, la littérature féminine et les écrits autobiographiques. Car sa revanche, c’est bien par l’écriture que Violette Leduc l’aura prise audacieusement, courageusement, somptueusement.

Certes, s’il n’est pas aisé de tracer le portrait d’un écrivain qui a fait de sa vie son matériau premier ; s’il faut de ce fait user sans doute d’un angle singulier pour éviter le récit platement linéaire, la singularité recherchée n’impose pas de gommer totalement les repères biographiques, comme le fait Esther Hoffenberg dans son film. Sauf à vouloir le destiner au seul cercle des lecteurs avertis. Sinon comment comprendre une démarche radicale qui confond jeu de piste et linéarité et n’offre pas le début d’un petit éclairage didactique qui aurait permis au spectateur de s’y retrouver ?

Sans doute est-ce pour ne par alourdir le caractère poétique et esthétique de son propos qu’Esther Hoffenberg ne l’encombre ni d’indications chronologiques, pourtant utiles pour comprendre la frilosité d’une époque par rapport à un auteur qui a subi la censure ; ni d’un commentaire à travers lequel elle aurait pu préciser, par exemple, qui était Maurice Sachs, grâce auquel Violette Leduc s’engagea dans l’écriture de son premier livre, Asphyxie. Ou encore indiquer d’où sont tirés les extraits lus par Dominique Reymond qui ponctuent les témoignages de proches – plutôt anecdotiques – ou les analyses des universitaires et des écrivains. Si tant est que l’objet de son film ait été de faire découvrir et donc lire l’auteur de La Chasse à l’amour.

Mais voilà, pour cela, il aurait fallu un peu plus d’ouverture, de didactisme et de vrai partage. En un mot, de générosité. Parier sur l’intelligence du spectateur est une chose, rester dans l’entre-soi en est une autre.

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Kashima
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