Ravages (1955)

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Ravages (1955)

Message  Kashima le Ven 23 Mai 2014 - 17:04

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Dans la première partie, Thérèse rencontre un homme au cinéma et lui fait des avances. Ils passent la soirée ensemble, mais elle refuse de se donner complètement, ne prenant l'homme qu'avec sa bouche dans un taxi.

“Je ne peux pas. Je me veux jeune fille jusqu’à la fin, je me veux séparée d’eux, je me veux hors d’atteinte. Je ne veux pas qu’ils entrent dans mon trésor. Quand Cécile sera partie, je serai seule, j’irai avec ma pieuvre assoupie dans mes entrailles, j’entrerai dans l’eau, je marcherai au devant des vagues qui me creuseront et me prendront. Je ne veux pas me joindre au troupeau, je ne veux pas me perdre, je ne veux pas m’oublier, je ne veux pas être leur carpette. Je m’aime jeune fille. Je veux être une tombe surplombant la mer. Une vierge d’ébène en moi vieille. Je veux être honnête avec elle.”


Dans la chambre, elle lui raconte qu'elle a aimé Isabelle (cf. Thérèse et Isabelle) mais qu'elles ont été séparées de force.
Depuis, elle aime Cécile, institutrice avec qui elle compte vivre.

“Quand je suis heureuse, je m’élève au-dessus de moi-même, je me durcis.”

“Que je serais désespérée si j’aimais cet arbrisseau.”


Elle ne veut pas se donner à lui.

“Je ne peux pas. Je me veux jeune fille jusqu’à la fin, je me veux séparée d’eux, je me veux hors d’atteinte. Je ne veux pas qu’ils entrent dans mon trésor. Quand Cécile sera partie, je serai seule, j’irai avec ma pieuvre assoupie dans mes entrailles, j’entrerai dans l’eau, je marcherai au devant des vagues qui me creuseront et me prendront. Je ne veux pas me joindre au troupeau, je ne veux pas me perdre, je ne veux pas m’oublier, je ne veux pas être leur carpette. Je m’aime jeune fille. Je veux être une tombe surplombant la mer. Une vierge d’ébène en moi vieille. Je veux être honnête avec elle.”



Dans la deuxième partie, Thérèse a emménagé avec Cécile, mais elle ne se plaît pas dans la maison. Elle se sent dévorée par les puces, elle est insupportable avec Cécile, l'empêche de dormir. Un jour, Marc retrouve Thérèse. Il vient frapper à la porte de leur maison. Thérèse est troublée et heureuse de le revoir, elle n'avait cessé de penser à lui.
Alors qu'il tombe gravement malade, elle s'occupe de lui tout le temps. Elle devient infecte avec Cécile, allant jusqu'à lui dire qu'elle ne l'aime pas. Elle est lointaine, désagréable, ne répond pas à son désir. Elle se force, joue la comédie. Sa tête est avec Marc.

“Je veux être une tombe surplombant la mer.”

“Elles me rendent folle. J’ai peur d’une puce, j’ai peur de tout. Quelque chose va arriver.”

“Elle fendait la glace à coups de marteau. La glace s’émiettait, mes efforts pour l’aimer retombaient en miettes.”

“Elle vient, elle tombe aussi, elle m’écrase. Je l’aime honnêtement jusqu’à une heure du matin. Mes mains sont scrupuleuses. Je donne, je donne pour l’oublier. Cécile gémit, Cécile est crédule. Je m’interromps - la lune est au milieu de la fenêtre - je me dresse : c’est la face ronde de ma lucidité, c’est la pâleur des morts qui se sont aimés.”

“Je donne, je donne encore. Je donne avec l’espoir que je deviendrai folle. C’est le plaisir avec personne. Je donne et je récolte la rosée que je n’avais pas souhaitée. Cécile me croit généreuse. Je suis affligée. Il est probable que je l’aime mais je l’aime ailleurs.”

“Il y a deux privilégiés et un malheureux quand on est trois.”

“À quelle hauteur finirai-je? Quand cesserai-je de lui mettre de la glace sur le coeur?”


Et puis, quand elles se séparent, Cécile commence à vraiment lui manquer.Thérèse a quitté la maison, elle lui écrit, elle attend ses lettres qui ne viennent pas ou très peu :

“Il me semblait que je parviendrais à me jeter dans l’amour comme on se jette dans la Seine.”

“Elle jettera une épingle dans l’herbe, je me mettrai à quatre pattes dans le sentier pour une épingle que Cécile aura jetée.”

“Je l’embrasserais jusqu’à ce qu’elle en meure. Mais c’était comme si je m’embrassais moi-même sur les lèvres.”

“Cécile respire la rose de l’absence. Je l’ai quittée. Elle s’en fiche. “Je fais ma classe en pensant à toi.” Si tu pensais à moi, tu m’écrirais tous les jours. Je l’aime et je ne crois plus en elle.”

“Pourquoi perdu? Si vous ne recevez rien, c’est qu’on ne vous envoie rien.”


Thérèse décide d'aller la retrouver à l'école. Elle prend une chambre d'hôtel et espère tout de leur entrevue. Elle l'aime, elle veut qu'elle revienne avec elle. Mais Cécile lui avoue être amoureuse de quelqu'un d'autre. Le monde de Thérèse s'écroule...

“J’irai chercher Cécile à son école, je la ramènerai ici. Je ne veux plus de la maison dans laquelle je ne l’aimais pas. Je veux un changement. Je veux qu’elle me reconnaisse et que je lui apparaisse dans le cadre neuf. La chambre d’hôtel m’aidera, la chambre d’hôtel y mettra du sien.”

“Groom, méprisez-moi autant que vous voudrez. Moi, je prépare mes fiançailles.”

“Un être que l’on finit d’aimer ne s’évanouit pas comme une bulle. Elle accouchait de son nouvel amour pour l’autre, elle m’aimait encore en aimant ailleurs.”

“J’attendais, j’espérais. J’espérais si fort que c’était comme si tu m’avais aimée. Sinon comment l’aurais-je supporté? Il n’y a que les fous qui se contentent d’attendre.”

“Je me demandais si je l’égorgerais pour l’avoir.”

“- Il y a un cheveu sur ton épaule.
- Laisse ce cheveu, supplia Cécile.
- C’est un cheveu de toi, dis-je.
J’avais menti. Cécile me remercia avec un bon regard.
J’emportai le cheveu roux. Je le noyai dans la cuvette comme j’aurais noyé une punaise.”

“Je voudrais être assise dans un cimetière, je voudrais que le froid me prenne.”

“La cage glissait, la cage emportait la femme qui ne voulait pas se laisser aimer.”



Dans la dernière partie, trois ans ont passé. Thérèse vit avec Marc qu'elle a retrouvé. Elle veut se marier avec lui, elle est folle de lui au point qu'elle est insupportable encore. Elle le harcèle, ne veut jamais le quitter, l'envahit, l'étouffe. Elle a une peur atroce d'être quittée.

“J’eus un souvenir d’hallali dans mon ventre.”

“J’écrivais partout je ne veux pas qu’on me quitte. Dans le bas des contrats à signer, dans la marge des résumés, sur les buvards, partout où je pouvais l’écrire.”

“Viens mon miserere, viens que je te chante dans la chambre. Il vient et je retombe sur mon amour. Je suis vierge, je suis une larme qui tremble.”

“Une heure d’absence, une heure. C’est comme s’il y avait dix ans que je t’attendais, mon amour.”


“Je songeai aux rats, j’enviais les damnés à l’abri avec les ordures.”

Un jour, pourtant, à l'issue d'une nuit d'amour, il lui dit qu'il n'en peut plus : ils doivent se séparer.
Thérèse doit accepter cette absence :

“J’étais la promise de mademoiselle la solitude aux yeux de verglas. “Si je guéris, mademoiselle, nous aurons froid ensemble sur une table d’altitude. C’est là que nous nous allongerons et que nous nous serrerons.””

“Mon amour finit dans une forêt, novembre s’épanche sur les trépassés. Mon tas d’amour, mon tertre de feuilles mortes.”

“J’ai de l’indifférence dans le sang. Au rendez-vous des pigeons : c’est mon nom. Les colombes s’ aiment sur mon coeur. Moi je n’aime plus.”



J'ai espéré le retour, la réapparition de Cécile, mais elle était bel et bien perdue.

Kashima
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