Violette de Martin Provost

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Violette de Martin Provost

Message  Kashima le Ven 23 Mai 2014 - 17:00

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Le film de Martin Provost raconte la vie de Violette Leduc entre 1942 et 1964. A travers huit chapitres, on la suit à partir du moment où elle se met à écrire son premier livre, L'Asphyxie, jusqu'à sa mort (mort non évoquée à l'écran, si ce n'est dans les passés qu'emploie Simone de Beauvoir à la radio).
Le personnage à l'écran est très attachant. Elle m'a beaucoup touchée, par sa solitude, son désir d'amour, de reconnaissance littéraire. Violette n'a pas ce qu'elle voudrait, ne l'aura jamais. Elle est obsédée par Simone de Beauvoir, amour impossible auquel se mêle l'admiration littéraire. Elle est une femme de lettres reconnue, ce que Violette n'est pas et voudrait être.
L’auteur du Deuxième Sexe la protège cependant, malgré sa froideur apparente et le recul qu'elle semble prendre parfois avec Violette. Mais on sent que, si elle la laisse faire, Violette ne saura pas se donner des limites. Au-dessus de son bureau sont épinglées des photos de celle qu'elle aime, Simone de Beauvoir.
Cette dernière tâche de lui faire comprendre que tout ce qui se détruit dans sa vie, ses obsessions à vide, ses frustrations doivent être maîtrisés par l'écriture qui construit, au contraire.
L'Affamée, Violette l'écrit pour dire son amour pour Simone de Beauvoir, et celle-ci lui répond plus tard, après l'avoir lu: "Je ne pensais pas que j'étais pour vous l'objet d'un tel amour." Elle est touchée par cet amour, mais il est lourd pour elle. On la sent attachée à Violette, mais elle ne saurait être une amante.

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Violette veut être aimée, elle aime mais ne reçoit pas en retour ce qu'elle voudrait donner et ne donne pas. Elle est prise parfois de l'envie d'abandonner d'écrire, car "à quoi bon".
Les rapports avec sa mère aussi sont intéressants. La femme qu'elle décrit dans ses livres ne ressemble pas à la mère présente et aimante que l'on voit dans sa vie. Le manque est en Violette, elle attend trop des autres et de la vie pour ne pas être déçue.
On croise Jean Genet, ami de Violette Leduc ; Sartre est souvent évoqué.

Les deux actrices jouent vraiment très bien et nous offrent une belle histoire de vie d'écrivaine.
On ressort avec l'envie de la lire ou de la lire encore, tout comme Simone de Beauvoir.


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Je vais lire L'Affamée, pas encore lu à ce jour. :
"Elle est belle. Elle est en Italie. Elle ne pense pas à toi. Le jour de son arrivée, elle ne te verra pas. Tu le sais. Je lui donnerai ma vie. Elle s'en fout. Elle sera dans la ville mais tu ne le sauras pas. C'est abominable. Je la tuerai. J'embrasserai ses deux mains que je rapprocherai. Elles ne sont pas plus intelligentes que moi, ses mains. Je reviendrai devant son immeuble. Le garçon de café lui parle. Le coiffeur touche ses cheveux. Ecrasez-moi, madame..."

A lire très prochainement aussi : Ravages et La Folie en tête.

Kashima
Alchimiste

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