HEINER MÜLLER, Auteur dramatique et poète anticonformiste

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HEINER MÜLLER, Auteur dramatique et poète anticonformiste

Message  Invité le Jeu 17 Oct 2013 - 22:38

C'est Electre qui parle. Au coeur des ténèbres. Sous le soleil de la torture. Aux métropoles du monde. Au nom des victimes. Je rejette toute la semence que reçue. je change le lait de mes seins en poison mortel. Je reprends le monde auquel j'ai donné naissance. J'étouffe entre mes cuisse le monde auquel j'ai donné naissance. Je l'ensevelis dans mon sexe. A bas le boheur de la soumission. Vive la haine, le mépris, le soulèvement, la mort. Quand elle traversera vos chambres avec des couteaux de boucher, vous connaîtrez la vérité., Hamlet-machine, Heiner Müller

Hamlet-machine de Müller s'ouvre sur la fameuse fin de la culture européenne : « J'étais Hamlet. Je me tenais sur le rivage et je parlais avec le ressac BLABLA, dans le dos les ruines de l'Europe».
Le théâtre de Müller est majoritairement constitué de réécritures d'anciens mythes. Le dramaturge établit ce qu'il appelle un "dialogue avec les morts". Sophocle, Euripide, Shakespeare (Hamlet machine) ou encore Laclos (Quartett) sont successivement invoqués.




Auteur dramatique et poète anticonformiste né à Eppendorf en Allemagne le 9 janvier 1929, Heiner Müller fait partie des hommes de théâtre les plus importants de la République Fédérale. Il est connu pour son anarchisme traduit dans des œuvres théâtrales à l’arrière goût de pessimisme. Sa détermination à demeurer en Allemagne de l’Est, contrairement aux autres intellectuels fuyant le régime communiste des années 1950, lui a attiré les foudres de certains compatriotes. C’est un auteur déterminé qui a su vivre dans le respect de ses convictions.



« Pour mon œuvre littéraire, la vie en RDA était quelque chose comme l’expérience que Goya a faite du tiraillement entre sa sympathie pour les idées de la Révolution française et la terreur de l’armée d’occupation napoléonienne [...] ; la surdité était son arme pour se défendre de la terrible prise de conscience, puisque l’œil du peintre lui interdisait la cécité. »
Heiner Müller, extraits de Guerres sans bataille, Vie sous deux dictatures, une autobiographie, 1992

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