Rentrée littéraire

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Rentrée littéraire

Message  Kashima le Ven 6 Sep 2013 - 18:21

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Laura Kasischke (née en 1961) est une écrivaine et poétesse américaine, ayant reçu des prix de poésie et de bons échos pour ses romans.

Esprit d'hiver vient de sortir aux éditions Christian Bourgois. Le raconter de façon linéaire rendrait le livre moins bien qu'il n'est car ce qui est intéressant dans ce roman, c'est qu'on apprend, petit à petit, par touches, les clés d'un mystère, par des retours incessants entre le présent et le passé qui sont très bien agencés.
Dans ce huis-clos, c'est le matin de Noël. Holly a une phrase qui lui trotte dans la tête et a envie, besoin de l'écrire, mais il lui faudrait être seule. "Quelque chose l'a suivie de Sibérie". Cela fait treize ans que cette chose détraque son quotidien. Pourtant, elle a tout pour être heureuse, désormais : mariée, elle a adopté il y a longtemps une petite fille en Russie. Tatianna a désormais quinze ans. Ce matin de Noël, Holly ne se réveille pas. Dans la précipitation, son mari se dépêche de prendre la route pour aller chercher ses parents. Les cadeaux ne sont pas ouverts comme autrefois, mais Tatianna n'est plus une enfant.
Des amis et collègues de la famille doivent aussi venir au repas de Noël, c'est la tradition, mais ce jour-là, le blizzard sévit et la neige tombe tellement qu'Holly va se retrouver seule avec sa fille. Tatianna a un comportement étrange, elle a aussi des attitudes agaçantes d'adolescente et Holly, de son côté, n'a pas l'air très bien psychologiquement. En plus, un inconnu ne cesse d'appeler sur le téléphone d'Holly. Tout au long du livre, on attend de savoir ce qui se passe dans cette maison, et l'on n'est pas déçu.

Le bémol, ce sont tous ces "n'est-ce pas" qui jonchent la traduction, très gênants et qui gâchent l'écriture, sûrement ce tic des tags anglais : fallait-il les traduire?
Sinon, l'ensemble est plutôt bien écrit, habilement structuré surtout. Je me suis posée la question de la facilité des dernières pages, mais c'est peut-être une façon aussi de rendre la surprise plus brutale au lecteur.
Pour moi, c'est une bonne première lecture de cette auteur.


Kashima
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Re: Rentrée littéraire

Message  Kashima le Sam 1 Nov 2014 - 9:24

Cette année 2014, quelques livres au programme pour se tenir au courant :
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] de Carrère
La peau de l'ours de Joyce Sorman
Une éducation catholique de Catherine Cusset
L'amour et les forêts de Reinhardt

(Je ne compte pas Sibelius de Millet, hors rentrée littéraire pour moi, mais hors rentrée littéraire aussi dans les faits puisque les médias et critiques ont décidé de l'ignorer totalement malgré ses différentes publications. Engouement phénoménal pour le livre de Foenkinos parlant de Charlotte Salomon, livre que je ne lirai sans doute pas quand celui de Millet est paru il y a un an, sur le même sujet et dans l'indifférence générale.)


Dernière édition par Kashima le Sam 1 Nov 2014 - 20:50, édité 1 fois

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La peau de l'ours, Joy Sorman

Message  Kashima le Sam 1 Nov 2014 - 9:46

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Prologue, récit, épilogue : les hommes ont intimidé l'ours aux temps primitifs, pour pouvoir vivre en sécurité, sans être sous sa menace. Une jeune et jolie jeune file fait paître ses agneaux et elle ne revient pas. On apprend plus tard qu'elle a été retenue par un ours qui l'a violée régulièrement et lui a fait un enfant. Quand, trois ans plus tard, elle est retrouvée dans sa caverne, elle a mis au monde un petit mi-homme mi-ours. De retour au village, on la rejette (elle ira au couvent) et le petit est éloigné du village, vendu.

Sa vie d'errance et d'exploitation par les hommes commence, racontée à la première personne. D'abord vendu à un montreur d'ours, il traversera les mers, sera vendu à un cirque pour finir tristement dans un zoo.
Cette bête, dont personne ne soupçonne l'appartenance à la race humaine (il n'a gardé que les traits de l'ours en devenant adulte, perdant son visage), se plie docilement aux exigences des hommes. Elle a l'intelligence de se soumettre pour ne pas être tuée. Le récit n'est pas truffé d'horreurs ou de maltraitances, mais il est inutile d'avoir recours à ces méthodes pour faire comprendre au lecteur combien la condition de l'animal est triste.
L'ours aime la compagnie des femmes, il n'y a qu'auprès d'elles qu'il se sent bien.

L'ambiance du livre m'a fait penser au film [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. On sait que l'animal ne s'en sortira pas.
Dans l'ensemble, la lecture était agréable mais, malgré le sujet, malgré l'envie de le lire, le roman ne m'a pas transportée. Je ne sais pas ce qu'il manquait, je ne dirais pas d'action car ce n'est pas cela qui fait l'intérêt ou non d'un livre ; peut-être une plus grande présence des personnages, qu'un lien se tisse à un moment ou un autre, de manière plus profonde, entre l'ours et ces femmes, par exemple. Quand l'ours se sent si bien parmi les freaks, la femme Hercule, la jongleuse, que la géante aime à venir se blottir dans son ventre, il est vendu au zoo. Là, j'attendais que la relation s'établisse et s'approfondisse. J'attendais plus sur la nature humaine et la condition animale, sur cette double nature du personnage pas assez exploitée dans le récit.

Solitude de l'ours qui ne trouve de distraction qu'avec les visites d'un rat (ce qui est l'occasion pour l'auteur de dire combien le rat a tout subi de l'homme, au point qu'il n'en craint plus rien) :

“Au fond de cette fosse le rat est mon unique compagnon, mon avenir et mon maître.”

J'ai trouvé inutile le symbole du tatouage utilisé à la fin du récit, cliché si l'on veut, en tout cas cliché de la littérature contemporaine qui adore faire usage de cette métaphore du "je t'ai dans la peau".
Le monde autour est beaucoup décrit et perçu, j'avais l'impression qu'on effleurait quelque chose sans le toucher vraiment, et je suis restée juste au seuil de ce livre, sans jamais vraiment y pénétrer.
Voir aussi : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

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L'amour et les forêts, Eric Reinhardt

Message  Kashima le Mer 12 Nov 2014 - 14:30

Pas lisible, pour moi, au-delà d'une trentaine de pages. Peut-être qu'un admirateur d'Eric Reinhardt y trouve son compte, mais les premières pages se résument ainsi : "Moi l'écrivain qui ai écrit tel livre et qui parle de ce livre et qui reviens toujours à moi...".
Bien sûr, il y a Bénédicte Ombredanne, la lectrice qui l'admire et veut le rencontrer. L'impression de ces premières pages est très parisienne, l'écrivain se regarde beaucoup, la lectrice porte bien son nom (sortie d'un jury provincial France Inter et qui ne m'a pas non plus intéressée.) Je n'ai pas attendu que commence "l'action" (car c'est l'histoire, paraît-il, d'une femme victime d'un pervers narcissique).
Ce n'était pas mal écrit, à côté des écritures contemporaines qu'on peut lire, mais rien n'est parvenu à m'accrocher...

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Les mots qu'on ne me dit pas, Véronique Poulain

Message  Kashima le Mer 12 Nov 2014 - 14:41

Celui-ci, il n'était pas prévu que je le lise... Mais lors d'une rencontre littéraire où étaient présentes autour d'une même table Mazarine Pingeot, Emilie de Turkheim et Véronique Poulain, je me suis dit que j'allais lire ces Mots qu'on ne me dit pas, car l'auteur a su donner envie de découvrir ce qui est écrit dans son premier roman...
Si on se contente d'un témoignage, cela peut passer... Il est question du récit autobiographique de Véronique Poulain, élevée par des parents sourds-muets. Le problème, c'est que ce n'est ni écrit, ni construit. Elle nous livre ses anecdotes au fil de l'âge, c'est superficiel, ça ne m'a pas du tout touchée. Je dirais presque que c'est inutile si l'on excepte la valeur documentaire (et encore...). Heureusement, c'est très court. C'est en lisant des livres comme celui-ci, publié chez Stock, qu'on se dit que l'édition n'a peut-être plus rien à voir avec la littérature, qu'il suffit d'avoir un sujet, d'avoir quelques connaissances qui vous aident à publier votre livre...
Véronique Poulain est au demeurant très sympathique et je ne doute pas de la sincérité de sa démarche. Mais mieux vaut l'écouter car ce qu'elle raconte est dans le livre, en mieux dit...

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Re: Rentrée littéraire

Message  Kashima le Mer 12 Nov 2014 - 14:43

J'ajoute aux futures lectures de la rentrée littéraire 2014 :
Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier de Modiano
Le collier rouge de Ruffin

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Le collier rouge, Rufin

Message  Kashima le Mer 12 Nov 2014 - 14:52

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Mon premier Rufin... Impression d'un texte solide, travaillé, avec une écriture classique digne d'auteurs réalistes du 19e siècle (en un peu plus simple quand même).
Nous sommes en plein été. Morlac, un paysan de la région de Bourges, s'est battu au front et il est l'auteur d'un acte répréhensible à son retour, le 14 juillet 1919. Le commandant Lantier doit enquêter, l'interroger et essayer de le sortir de cette prison car s'il est reconnu coupable, ce sera le bagne.
Devant la prison, nuit et jour, un chien aboie. Il appelle son maître emprisonné, lui dit qu'il est là. Très vite, on apprend que ce chien, nommé Guillaume, a fait la guerre avec lui. Dès son enrôlement, il n'a pas voulu le quitter : il a sauté dans le train et a réussi à survivre à toutes les situations, même dans les tranchées. Pourtant, le paysan n'en parle pas avec un grand attachement, on sent même qu'il a quelque chose contre ce chien si fidèle et si dévoué...
C'est une histoire courte, qui se lit avec plaisir, et dont les dernières pages m'ont émue.
Ca se tient, psychologiquement, et les personnages, pas trop nombreux, sont tous bien dépeints. J'ai eu l'impression parfois, avec le personnage de Valentine, d'être dans un épisode d'Un Village français (ce qui est un compliment, j'aime beaucoup cette série qui se déroule durant une autre guerre...)
Bonne expérience, donc, pour un premier Rufin, à qui j'aurais prédit le prix 30 millions d'amis, qui a été décerné cette année au Japonais Akira Mizubayashi pour Chronique d'une passion.
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Modiano, Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier

Message  Kashima le Sam 15 Nov 2014 - 6:20

Lecture assez pénible. J'ai abandonné à la moitié,  pas intéressée plus que cela par cette plongée dans le passé,  cette pseudo-enquête lourde et assez ennuyeuse. Je ne suis même pas déçue de ne pas savoir qui sont ces personnages prétendument mystérieux.
Je confirme, par cette troisième lecture de Modiano, que je ne suis décidément pas faite pour ses romans. Je persisterai quand même peut-être un jour avec Un pedigree et La Place de l'étoile.

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Rentrée 2015

Message  Kashima le Dim 20 Déc 2015 - 15:19

Lus ou abandonnés en cours de route :

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien](impossible à lire et pourtant Prix Décembre) de Christine Angot

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] de Mabanckou : 30 pages lues.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] de Finkielkraut : un plaisir.

Délivrances de Toni Morrison : très bien si on enlève le dernier tiers du livre. Les personnages, la narration sont intéressants jusqu'à que le livre bascule, pour son final, dans un gloubi boulga de bons sentiments qui gâche absolument tout. A-t-on obligé l'auteur à cet happy end indigeste?

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] d'Amélie Nothomb : un cru sympathique.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] : témoignage qui reste à l'état de... témoignage.

Résultat des courses : pas terrible!

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Rentrée 2016

Message  Kashima le Jeu 8 Sep 2016 - 17:32

Lu(s) :
Riquet à la Houppe (Amélie Nothomb) : ....................

California girls (Simon Liberati)

À lire :
Judas (Amos Oz)
Babylone (Yasmina Reza)
Le grand jeu (Céline Minard)
Petit pays (Gaël Faye)
Chanson douce (Leïla Slimani)

Peut-être :

L'archipel d'une autre vie (Andreï Makine)
L'autre qu'on adorait (Catherine Cusset) : avec gros apriori négatif


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California girls, Simon Liberati

Message  Kashima le Lun 26 Sep 2016 - 18:55


California girls (Simon Liberati)

Simon Liberati a voulu, comme il l'a dit, exorciser une peur d'enfant en écrivant ce livre qui raconte l'assassinat de Sharon Tate et les méfaits de la famille Manson.
Très documenté, il parvient à écrire un roman qui nous tient en haleine jusqu'au bout grâce à la création d'une atmosphère très réaliste de ce milieu hippie et crasseux. Ses personnages sont très bien décrits, il les anime sans les dédouaner une seule minute. On n'est pas dans le propos "ce sont de pauvres paumés, il faut les comprendre", ni dans l'inverse. Le lecteur découvre ce groupe et la folie de Satie, Katie, Tex, et des autres.
De ce que j'ai entendu dans les médias (en particulier Le Masque et la Plume), on peut dire que c'est mensonger : on nous "vend" le livre comme le récit des crimes détaillés et abominables, mais le roman ne raconte pas que ce moment affreux (quelques chapitres du livre) et, pour tout dire, je suis contente que Liberati ait enfin levé le mystère sur ces meurtres et tortures, car mon imagination était allée plus loin que son récit. Il était donc utile de poser des mots sur l'horreur qu'il n'édulcore pas, mais je ne suis pas d'accord avec ceux qui disent que c'est insoutenable, etc. Le fait est insoutenable, oui. Mais Simon Liberati a décidé de le narrer et je comprends parfaitement cette idée d'"exorciser la peur" en l'écrivant.
Ce roman n'est pas voyeur. Il reconstitue une époque, dépeint une famille de fous, criminels, sous la dépendance d'un gourou, Charles Manson, qui avait décidé qu'aurait lieu le Helter Skelter, la lutte entre les Noirs et les Blancs : les Noirs l'emporteraient mais, incapables de prendre les choses en main, ils se seraient tournés vers un Messie, Charles Manson. Ce dernier était persuadé que pour survivre à l'Apocalypse, sa famille irait vivre dans la Vallée de la Mort, sous terre, avec un peuple ignoré.
C'est un bon roman de journaliste, et dans une rentrée littéraire qui nous habitue à lire du moi moi moi ("et mon meilleur ami s'est suicidé", "et je suis malheureux dans mon couple", etc) en phrases nominales, ça fait du bien de trouver ce genre de livres. Ce n'est pas de la littérature au sens strict, mais c'est un livre très bien fait, pas mal écrit et intéressant.

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Le grand jeu, Céline Minard

Message  Kashima le Lun 26 Sep 2016 - 19:13

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Judas, Amos Oz

Message  Kashima le Lun 26 Sep 2016 - 19:25

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Le dernier livre d'Amos Oz, Judas, raconte l'histoire d'un jeune homme, Shmuel, qui décide, suite à la faillite de son père, d'arrêter ses études alors qu'il travaillait sur une thèse dont le sujet était Jésus.
Sa fiancée vient de le quitter pour se marier avec un autre. Il voit un jour une annonce : on recherche un "homme de compagnie", de 17h à 22h. Pour cette place, l'employé vivra à domicile et sera nourri. Shmuel postule. Il se retrouve chez un vieil homme impotent, qui fait beaucoup penser au Prétextat Tach d'Hygiène de l'Assassin au premier abord, par son côté rustre. Dans cette maison vit Atalia, une belle femme mystérieuse dont Shmuel va très vite s'éprendre. Que font ces trois personnes sous le même toit? Nous sommes en 1959 en Israël : la Guerre de Suez a eu lieu, celle des Six jours, pas encore.
Judas Iscariote incarne la figure du traître. Dans la maison du vieux Wald plane une drôle d'atmosphère : le mari d'Atalia est mort à la guerre ; son père, comme Judas, est passé autrefois pour un traître lors de la fondation de l’État d'Israël. En installant ce parallèle, en se servant de l'histoire de Judas, Amos Oz donne une profondeur à son récit. Comment les Juifs sortiront-ils du conflit qui les oppose aux Arabes? Déjà, cette question, Wald et Shmuel se la posent. Sans caricature ou prosélytisme qui seraient vite devenu détestables, Amos Oz parvient à défendre plusieurs partis. C'est un bon roman, bien construit, qui permet de voir autrement celui qu'on catalogue comme le Traître : le traître n'est-il pas celui qui a aimé plus que tout, qui s'est passionné pour une personne ou pour une cause? Judas, sous la plume d'Oz, devient le plus fidèle des apôtres et son pendant, Abravanel, qui s'opposa à Ben Gourion, persuadé que les Juifs couraient à leur perte, son double.
Ce qui m'a gêné, en revanche, c'est le côté anti-héros de Shmuel : mou, asthmatique, faible, presque mauviette, il m'a beaucoup dérangée, et je ne voyais pas comment la belle femme classe qu'est Atalia aurait pu s'intéresser à ce personnage falot et irritant.

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Petit pays, Gaël Faye

Message  Kashima le Dim 2 Oct 2016 - 18:35

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Gabriel vit au Burundi avec son père français et sa mère d'origine rwandaise. Il nous raconte sa vie là-bas, avec ses copains, l'insouciance de son enfance jusqu'à ce que la guerre éclate entre Hutus et Tutsis et que le Rwanda et le Burundi se trouvent bouleversés par ce conflit génocidaire.
Dans une écriture tout à fait correcte, bien plus honorable que celle de prétendus écrivains, il nous dit comment sa famille va peu à peu se disloquer, sans entrer dans le détail des horreurs que l'on connaît. Mais, plus le récit avance, plus l'on comprend que c'est le sang, la vengeance, les larmes, le feu, les armes qui gouvernent et font sortir de l'enfance les garçons de la bande.
C'est un premier roman agréable à lire, que j'ai trouvé quand même un peu long par moments, mais qui peut laisser une trace, surtout par son dernier chapitre sur lequel Gaël Faye s'est exprimé dans les médias, disant que ce n'était pas de son pays que le narrateur était exilé, mais de son enfance. On peut parler de roman autobiographique, même si l'auteur nous dit bien que ce n'est pas sa propre vie qu'il raconte :

"Non, ce n’est absolument pas mon histoire. Je n’ai pas vécu ce que le personnage traverse. Par contre, je l’ai mis à l’intersection de mes propres origines. Je lui ai donné les interrogations qui moi-même m’ont traversé également et moi c’était surtout un exercice qui m’a permis de me replonger avec délectation dans cette époque bénie du temps béni [rires]. Et c’est le paradis perdu qui m’intéressait avant tout, cette impasse, ce petit cocon dans lequel je me suis senti bien en tant qu’enfant et dans lequel tout adulte peut se remémorer son enfance aussi de cette manière-là. C’est surtout un roman qui aborde la question du paradis perdu."


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Re: Rentrée littéraire

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